XXIV INTRODUCTION. — III
savons du caractère d'Etienne. « Chil rois Estievenes », nous dit un ancien chroniqueur, « fu moût dous et moût deboinaires et moût piteus*. » Seulement, notre auteur, renseigné de première main sur tout ce qui touche Guillaume le Maréchal, savait mal l'histoire du temps. Il ne nous dit pas comment finit le siège de Newbury *. Il paraît supposer que la ville fut délivrée à la suite du traité entre Mathilde et Etienne qui mit fin à la guerre, et il croit que ce traité fut conclu après la prise de Lincoln où le roi fut fait prisonnier. Or, l'afiaire de Lincoln est de onze ans antérieure au siège de Newbury, et, par conséquent, n'a rien à faire avec la conclusion du traité qui eut lieu en 1153, un an après la prise de Newbury 3. Pour être mal encadrés, les curieux souvenirs conservés par le poète n'en sont pas moins intéressants, non seulement en eux-mêmes, mais aussi parce qu'ils nous aident à déterminer approximativement la date de la naissance de Guillaume, sur laquelle nous n'avons pas de données bien concordantes. En 1216, à la mort du roi Jean, Guillaume le Maréchal, pressé de prendre la garde du jeune Henri III, encore en bas âge, se défend d'accepter cette charge, qu'il juge au-dessus de ses forces : Si ai quatre vinz ans passez, dit-il (v. 15510). Il serait donc né en 1136 au plus tard, et il aurait eu quinze ou seize ans lors du siège de Newbury, en 1152. Mais il est clair que les « belles enfances » qui lui valurent la pitié du roi Etienne conviennent bien plutôt à un enfant de six à huit ans. Et d'autre part, le mariage de Jean le Maréchal avec la sœur de Patrice est de 1141 au plus tôt, peut-être de 1142^ Or,