IL EST SECOURU PAR LE MARÉCHAL
noi fut très bon, avant même que le roi ni le comte y prissent part^ [48^9].
La terre trembla lorsque le jeune roi donna l'ordre de charger. Le comte se tint à part, attendant un moment favorable. Les hommes du jeune roi chargèrent avec tant dMmpétuosité que celui-ci se trouva seul en arrière tandis que le parti opposé fuyait en désordre à travers les vignes ^. Voyant sur la droite une bataille de quarante chevaliers environ, il leur courut sus et brisa sa lance dans le choc. Il fut aussitôt entouré, lorsque le Maréchal, qui le suivait toujours de près, vint à la rescousse avec Guillaume de Préaux. Celui-ci avait été fait prisonnier^ le jour même et s'était séparé de sa troupe; il avait toutefois revêtu un haubert sous sa cotte et portait un chapeau de fer, sans autres armes. Tous deux saisirent le cheval du roi et réussirent à le tirer de la mêlée. Tandis que le roi couvrait de son bouclier Guillaume de Préaux, le Maréchal frappait de grands coups. Toutefois le roi perdit son heaume, qui lui fut arraché de force [4906].
Le comte de Flandres se réjouit lorsqu'il entendit crier dans la mêlée la bannière du jeune roi. Il courut sur sa troupe déjà fatiguée. Au premier choc, il la mit en déroute et lui donna la chasse. Le comte Geoffroi couvrit la retraite, faisant volte-face à diverses reprises et désarçonnant plusieurs de ceux qui le poursuivaient, mais personne ne le secondait, de sorte qu'il ne pouvait se maintenir en place [4926].
Mais avant la déconfiture se produisit un incident que je vais rapporter comme je le trouve écrit. Gomme le roi se retirait,
1. Les seuls comtes qui aient été nommés jusqu'ici comme ayant pris part au tournoi sont les comtes de Flandres (v. 4465), de Dreux (4489) et de Soissons (4535). Il est évident toutefois que l'auteur a en vue le plus jeune fils de Henri II, Geoffroi, duc de Bretagne, qui n'a pas encore été annoncé, mais qui sera nommé plus loin (vv. 4841, 4919).
2. Le récit est confus et en une certaine mesure contradictoire. Pour que le roi, qui avait donné l'ordre de charger, se soit trouvé seul en arrière, il faut qu'il ait été bien mauvais cavalier. Puis le comte de Bretagne, qui, d'après le v. 4823, se réserve, au moment de la cliarge, est représenté plus loin (v. 4841) comme se trouvant bien en avant du jeune roi.