LA CEINTURE
La ceinture eut au moyen âge une importance considérable, nécessitée deux fois par l'ampleur de la robe et par le manque de poches : pour les hommes, elle n'avait été d'abord qu'un baudrier ; pour les femmes, elle n'était encore, au xne siècle, qu'une étoffe nouée au giron, et dont les extrémités pendaient entre les jambes; dès le xuie, elle s'ornait d'une boucle à laquelle on accrochait divers objets d'usage fréquent, indispensables à l'un ou l'autre sexe : les dames suspendaient là les clefs et l'escarcelle (voir ce mot), le miroir et les patenôtres ; les ouvriers y appendaient leurs outils, les gens d'armes leur braguemard (poignard sur la braguette), etc. Bientôt, à cette première boucle, d'autres décorations se joignirent, et les ornements métalliques eurent promptement couvert toute la ceinture, qui devint, au xive siècle, d'une richesse excessive ; elle était souvent faite de matières précieuses, ciselée, chargée de pierreries. Les bourgeoises l'enviaient aux nobles dames, et les courtisanes se la permirent ; d'où le proverbe consolant : « Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée. »
En s'amincissant au xve, la ceinture s'appela le demi-ceint, que les femmes portèrent sous ce nom, pendant un siècle et demi ; au commencement du xvne, le demi-ceint tomba en défaveur, et se simpli a au point de n'être plus porté que par les femmes de condition médiocre ; tant qu'à la fin il devint 3e propre des servantes.
Au milieu de la salle, en une vitrine cubique :
Couronnes de rois goths, VIIe siècle. L'une d'elles au nom du roi Reccesvinthus (f 672). Trouvées en 1859 à la Fuente de Guarrazar, près de Tolède.
Au milieu du mur :
Parement d'autel en or. Art allemand, commencement du XIe siècle. Donné à la cathédrale de Bâle par l'empereur d'Allemagne Henri II (saint Henri f 1024). Conservé au trésor de ladite cathédrale, jusqu'en 1836; à cette époque surwnt, entre la ville et le canton de Bâle, une contestation
de partage; ce monument historique fut alors vendu aux enchères et acheté par un particulier qui le céda au Musée de Cluny.
Au-dessous du parement d'autel :
Tapis de laine avec applications de velours et broderies de soies. Fin du xvie ou xvne siècle. Provient du même trésor.