TOUTE LA PLAINE
Je meurs... Je meurs... Je meurs...
LE DUC
Ah I nous nous figurions Que la vague immobile et lourde des sillons Ne laissait rien flotter ! Mais les plaines racontent, Et la terre, ce soir, a des morts qui remontent !
LÀ TERRE, sourdement.
Ah.../
(Un murmure de voix indistinctes grossit, se rapproche dans les herbes mystérieusement agitées.)
LE DUC, grelottant la fièvre.
Et que disent-ils, dans cette ombre en rampant ?
UNE VOIX, dans les hautes herbes.
Mon fronl saigne !
UNE AUTRE
Ma jambe est morte!
UNE AUTRE
Mon bras pend !
UNE AUTRE, plus oppressée.
J'étouffe sous le tas!
LE DUC, avec horreur.
G^est le champ de bataille !
Je l'ai voulu, — c'est lui !
(Les voix montent et se précisent. On entend un grouillement sinistre; des plaintes, des râles, des imprécations.)
UNE VOIX
De Veau sur mon entaille !
UNE AUTRE
Regarde, et dis-moi ce que j'ai de cassé !
l'apogée 187
» une autre Ne me laissez donc pas crever dans le fossé,
LE DUC
\h ! des buissons de bras se crispent sur la plaine !
(11 veut marcher,)
[el je foule un gazon d'épaulettes de laine 1
UN CRI, à droite.
1 moi!
LE DUC, chancelant.
J'ai glissé sur un baudrier de cuir !...
(Il va vers la gauche, faisant à chaque instant le mouvement d'enjamber.)
UNE VOIX, à gauche.
Dragon ! tends-moi les mains!
UNE AUTRE, répondant froidement.
Je nen ai plus.
LE DUC, éperdu.
Où fuir ?
UNE VOIX MOURANTE, tout près.
4 boire .'....