UN CRI DANS UN BUISSON
Oh ! ma jambe est trop lourde ! il faut qu'on me
V arrache !
LE DUC
Et je sais ce que c'est que le sang que je crache !
TOUTE LA PLAINE, hurlant de douleur.
4/ï/... ah!...
(Dans les ombres blêmissantes qui précèdent l'aube, au grondement d'un orage lointain, sous des nuages bas et noirs qui courent, tout prend une forme effrayante ; des panaches ondulent dans les blés, les talus se hérissent de colbacks fantastiques, un grand coup de vent fait faire aux buissons des gestes inquiétants.)
Et tous ces bras 1 tous ces bras que je vois ! Fous ces poignets sans mains, toutes ces mains sans
[doigts I VIonstrueuse moisson qu'un large vent qui passe Semble coucher vers moi pour me maudire!...
(Et défaillant, jetant en avant des mains suppliantes.)
Grâce !
jrrâce, vieux cuirassier qui tends en gémissant 3 'atroces gants crispins aux manchettes de sang ! jrâce, pauvre petit voltigeur de la Garde, ^ui lèves lentement cette face hagarde?
— Ne me regardée pas avec ces yeux I — Pourquoi Rampez-vous, tout d'un coup, en silence, vers moi? Dieu ! vous voulez crier quelque chose, il me semble l... Pourquoi reprenez- vous haleine tous ensemble!... Pourquoi vous ouvrez-vous, bouches pleines d'horreur? (Et courbé par l'épouvante, voulant fuir, ne pas entendre...)
Quoi? Qu'allez- vous crier? Quoi?