‹ L'histoire de Napoléon racontée par les grands écrivainsChapitre 38 sur 101 · TOUTE LA PLAINE · texte numérisé non relu

TOUTE LA PLAINE

Je meurs... Je meurs... Je meurs..,

LE DUC

Ah ! nous nous figurions Que la vague immobile et lourde des sillons Ne laissait rien flotter ! Mais les plaines racontent, Et la terre, ce soir, a des morts qui remontent !

LA TERRE, sourdement.

Ah.../

(Un murmure de voix indistinctes grossit, se rapprocl dans les herbes mystérieusement agitées.)

LE DUC, grelottant la fièvre.

Et que disent-ils, dans cette ombre en rampant ?

UNE VOIX, dans les hautes herbes.

Mon front saigne !

UNE AUTRE

Ma jambe est morte!

UNE AUTRE

Alon bras pena

UNE AUTRE, plus oppressée.

J'étouffe sous le tas/

LE DUC, avec horreur.

C'est le champ de bataille 1

Je l'ai voulu, — c'est lui !

(Les voix montent et se précisent. On entend un grou loment sinistre; des plaintes, dos rftles, des impr6( tions.)

UNE VOIX

De Veau sur mon entaille l

UNE AUTRE

ftetfarde^ et dis -moi ce que J'ai de cassé !

l'apogée 187

UNE AUTRE

Ne me laissez donc pas crever dans le fossé.

LE DUC

Ah ! des buissons de bras se crispent sur la plaine !

(Il veut marcher.)

Tel je foule un gazon d'épaulettes de laine 1

UN CRI, à droite.

A moi!

LE DUC, chancelant.

J'ai glissé sur un baudrier de cuir !...

(II va vers la gauche, faisant à chaque instant le mouvement d'enjamber.)

UNE VOIX, à gauche.

Dragon ! tends-moi les mains/

UNE AUTRE, répondant froidement.

Je nen ai plus.

LE DUC, éperdu.

Où fuir ?

UNE VOIX MOURANTE, tout près.

A boire !...

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