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CHAPITRE V Coup d'œil synthétique sur les évolutions modernes el contemporaines
des idées médicales en matière d’angines
Dans les chapitres précédents, nous avons passé
en revue les diverses conquêtes de la médecine, en
matière d'angines, dans le cours du XIX: siècle, Essayons de dégager en quelques lignes les diver-
ses étapes parcourues, essayons de faire compren-
dre l’évolution des idées au cours de ce siècle,
qu’on a voulu appeler le siècle de lumière.
Nous sommes en 1800. Que sait-on sur les angines ? Pas grand’chose. il y a des médecins qui ont à leur sujet des idées arrêtées et croient avec PINEL, par exemple, que toutes les angines ont la même
- origine, C'est-à-dire sont des inflammations, des congestions locales qui se produisent toutes dans
les mêmes conditions, selon le tempérament, selon
“Ja conslilution médieale de l'individu. On parle d’angines inflammatoires et de gangrène du pharynx et c’est à peu près tout.
Puis du temps passe ; on observe mieux lé malade ; la clinique fail des progrès quotidiens sous l'impulsion des BouiLiaup, des LAENNEC, des Broussais même; des cliniciens apparaissent qui veulent se rendre compte des choses, qui examinent de près les malades, quicherchent à comprendre, et c’est l'Ecole de Tours, avec BKETONNEAU, qui étudie Ja diphtérite, qui crée la diphtérie, entité morbide, — c'est TROUSSEAU, son élève, qui apporte à Paris les idées de son maitre, qui les fait siennes, qui les propage — qui non seulement étudie Ja diphlérie, mais toutes les angines, qui apprend à les connaitre, à les individualiser, qui rejette dans l'ombre la gangrène toute puissante et qui admet la notion de contagiosité:; c’est\CHOMEL, esprit observateur, c'est GUBLER, qui étudie à fond l’'herpès, l'érysipèle, la gangrène du pharynx, c’est LASÈGUE, et son si important Traité des Angines, qui est une se au point admirable à laquelle il ne manque que “la bactériologie..
C’est enfin PASTEUR et la rétotttian qu'il détèrmine, en faisant triompher la notion de contagiosité -— puis C'est toute l’école médicale contemporaine, avec ses éléments uniques au monde, les CoRNIt, HérarD, RouX, Jaccoup, Empis, Bucquoy, Lane
DOUZY, DEBOVE, DIEULAFOY, Robin, CHAUFFARD,
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CHANTEMESSE, WibaL, VINGENT, etc., et parmi les Spécialistes, les LUBET-BARBON, RUAULT, LER- MOYEZ, MOURE, ESCAT, GAREL, LANNOIS, CHAUVEAU, CarRTAZ et tant d’autres qui, tous, ont apporté leur contribution à l'étude des angines et qui-ont fait la pathologiè pharyngce telle qu’elle existe aujourd'hui.
Comme nous l'avons vu, nous sommes loin des angines inflammatoires et de la gangrène du pharvox; la pathologie pharynede a une vie propre ; nous dirions bien volontiers que l’on oublie trop facilement que les lésions pharynoées sont exceptionnellement des lésions locales; elles sont pour ainsi dire toujours des manifestations locales d’une affection générale et il serait à souhaiter que l’on n’oubliât jamais cette notion aussi essentielle que celle de la contagiosité, aujourd'hui bien établie.