CHAPITRE III
LA SITUATION DANS LES DIVERSES PROVINCES ANe GLAISES, AVANT LA GUERRE DE 1812.
1110 Leçon. — An Haut-Canada.
Le premier flot d’ Haut-Canada eut lieu
Lord Dorchester, 8ouverneur général, Préférait Kingston. Les deux gouverneurs tombèrent d’accord quand ils ge rencontrèrent à mi-chemin, et ils adoptèrent Pour capitale le port de York (Toronto). La première Chambre s’y réunit en 1797
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RO ES DES ONE mette inmrndonbraie ss mévtine. cou die rs a nés voie
Quand Simcoe prorogea la première session du parlement à Niagara, il termina son discours par ces paroles: “ Notre province est bénie d’une manière par- “ticulière. Nous n’avons pas une Constitution mu- “‘tilée, mais une constitution qui a fait ses preuves, “qui est la véritable image de celle qui régit la “ Grande-Bretagne, et cette constitution a donné aux “sujets anglais autant de liberté et de bonheur que “le comporte le degré de subordination nécessaire à “la bonne administration d’une natior civilisée. ”
Les pionniers loyalistes, heureux de n’êire plus exposés aux persécutions qu’ils avaient endurées aux Etats-Unis, se mirent à l’œuvre pour défricher leurs terres, sans s’occuper des détails de l’administration du pays. Les taxes étaient légères; de plus, par nature et par éducation de famille, ces colons étaient pleins de respect pour l'autorité. Malheureusement, les administrateurs en abusèrent pour former, comme dans les autres provinces, leur célèbre Family Compact”. Le conseil exécutif et les fonctionnaires du gouvernement formèrent un cercle social où étaient admis, exclusivement, les parents et amis intimes des administrateurs de la chose publique. Aucun autre sujet de la province ne pouvait aspirer à prendre place dans ce cercle des dieux. Nous verrons plus tard quels furent les tristes résultats de ce mode d’administration injuste et contraire aux lois de la Constitution anglaise.
1120 Leçon. — Question de frontières.
Sur ces entrefaites, les limites du Maine, mal déf. nies par le trai
l'attention des
comme ligne u’on appelait
vieux noms sauvages par lest désignées de temps immé-
RE SE VE tr CURE
morial. Les Etats-Unis disaient que c’était la Magaguadavik qui faisait 1: limite. Au Nouveau- Brunswick, on assurait que c’était la Schoodique. En 1798, une décision fut donnée en faveur de la Schoodique. Il fut prouvé que cetie rivière était celle que Champlain appela autrefois Sainte-Croix, et ce fut ce cours d’eau qui devint la frontière orientale entre le Nouveau-Brunswick et les Etats-Unis. Les limites du côté du nord et la question des îles, dans la baie de Passamaquoddy, ne devaient être réglées que plus tard.
Ù 1130 Leçon. — A: Nord-Ouest. Une nouvelle compagnie.
La compagnie de la baie d'Hudson, après avoir reçu sa charte en 1670, n’avait eu qu’à intéresser les Indiens au commerce des fourrures et à percevoir les gros bénéfices qui lui revenaient de cette traite. Elle ne s’était pas encore occupée d’explorations dans ces vastes régions. Tout au plus s’était-elle efforcée, pour garder son monopole, d'explorer quelque peu l’intérieur de la baie d'Hudson, quand La Vérendrye et ses successeurs vinrent faire le commerce à côté de la compagnie.
La France avait été obligée de se retirer, en 1763, lorsqu’elle perdit le Canada, mais la compagnie de la baie d'Hudson allait encore avoir des sociétés rivales. Cette fois, ce fut une association de marchands écossais qui prit le nom de “ Compagnie du Nord-Ouest”. Cette dernière opérait au nord et à l’ouest du lac Supérieur. Il faut savoir que la charte
LA SITUATION AvanT LA GUERRE 1812 908
ire de longues boutirent à des découvertes | des négociants
En 1778, le Capitaine Couver ainsi que la baie diens Mongoloides de ces régi
côtes, et fit diverses
désormais Vancouver, Grande-Bretagne en 1 plorateurs de la comp Alexander MacKenzie, remonta, en 1789, la rivière rendit jusqu’à l’océan Arctique.
ns
1140 Leçon. — L'ile de Terre-Neuve.
Par le traité de Paris, signé en 1763, la France renonça à toutes ses possessions en Canada, dans les îles du golfe et à Terre-Neuve. Toutefois, ce traité confirma et étendit même les privilèges de pêche donnés déjà aux Français par le traité d’Utrecht. Les îles Saint-Pierre et Miquelon furent concédées à la France, à titre de place de refuge pour les pêcheurs français.
Un recensement, fait en 1763, nous apprend qu’il y avait alors une population de 13,112 âmes sur l’île de Terre-Neuve. Sur ce nombre, 7,500 résidaient en permanence; 4,795 étaient catholiques et 2,705, protestants. Les catholiques étaient pour la plupart des Irlandais émigrés de Cork, Waterford et Belfast. Durant cette époque, il y eut une foule d’injustices exercées par les marchands envers les pêcheurs de ces régions. Les catholiques ne souffrirent pas moins de l'intolérance religieuse des gouverneurs. Les prêtres ne pouvaient entrer dans l’île qu’à la faveur d’un déguisement. S'ils étaient surpris à administrer les sacrements de la sainte Eglise, ils étaient arrêtés et chassés du pays. Un meilleur esprit finit enfin par prévaloir chez les gouverneurs et leur entourage, et, en 1784, une proclamation royale mit fin pour toujours à cette persécution religieuse. La même année, le P. James O’Donnell, O. S. F., missionnaire irlandais de l’île, fut consacré évêque et nommé vicaire apostolique de l’île de Terre-Neuve.
Ce fut en 1783 que le traité de Versailles donna le droit exclusif de pêche sur Je littoà partir du Cap Jean, à au cap Ray, à l’ouest, en contourcôte du nord. ” L’Angieterre n’a te interprétation de la clause du trai. et le différend n’est Pas encore réglé, nous parlons, tout Je Labrador ap- Partenait au Canada. une étroite li.
sière, à l’est de la gran i ” diction de Terre-Neuve :
sance du Canada.
nord au sud, du cap Isle.
uns retirèrent des profits nets de 860,000 à 8100,000 par année, Il y eut telle année où l'exportation du poisson fut de 1,200,000 quintaux, ce qui donnait une valeur de $12,000,000. En revanche, les provisions étaient très élevées. La fleur se vendait trente-deux dollars le baril, et le porc, trente-six.
Le premier journal de l'ile de Terre-Neuve a été le Royal Gazette, qui parut en 1806, publié et rédigé par John Ryan. Cette publication se continue encore de nos jours,
1180 Leçon. — Les Acadiens dans les provinces maritimes.
Lorsque le Canada passa sous le régime anglais, et qu’il devint facile de prévoir une paix prochaine “entre la France et l’Angleterre, les Acadiens prirent les moyens à leur disposition pour sortir de l’intolérable condition dans laquelle ils avaient été forcément plongés. Le dernier guerroyeur français, M. de Boishébert, se retira définitivement de la lutte, en 1759. Les missionnaires engagèrent alors leurs paroissiens à s’aboucher avec qui de droit, pour obtenir des accomuodements, un modus vivendi. Le 30 janvier 1760, un arrangement fut conclu entre le colonel Frye, commandant du fort Cumberland, et les délégués des Acadiens conduits par leur dévoué missionnaire, M. Manach. En vertu de ce traité, les Acadiens pouvaient désormais séjourner en paix dans leurs cantons respectifs. Leur occupation du sol, sans être
officiellement aPProuvée, serait au moins ouvertement tolérée,
L'espoir revint au Cœur de ces Pauvres Proscrits. Les familles de Memramcook et de Petitcodiac reprirent la culture des anciens territoires, 1] y eut des SToupes qui se fixèrent 4 ici et là, près des côtes, !
de Memramcook à Miramichi, et tout le long de la baie des Chaleurs,
Dans la N ouvelle.
Ecosse, des éta
Charles px BOISHÉBERT,
s se trouvaient dispersés et i n'étaient
comme suit :
s'étendant de
celui de la bai Acadiens des co celui de la baie
“ Prince-Edou ‘rd; 5° celui du Madawaska ; 6° les “ Acadiens du détroit de Canseau ct du sud du Cap- “Breton; 7° les paroisses acadiennes de Chéticamp “et les divers établissements acadiens répandus dans “les comtés d’Inverness et de Victoria; 8° le petit “ groupe de Chezetcook, près d’Halifax : et ceux qui “sont domiciliés dans la capitale de la Nouvellece Ecosse. LL
Après la dispersion de 1755, un grand nombre d’Acadiens se refugièrent au Canada où l’on compte aujourd’hui, dans la province de Québec, près de cent vingt mille Acadiens d'origine. Les priucipaux groupes d’Acadiens, en cette dernière province, se trouvent dans le district de Joliette, dans l’Acadie et autres paroisses des comtés avoisinants, dans Napierville, Iberville, Saint-Jean, Bécancour, Saint-Grégoire, Nicolet, aux Trois-Rivières, dans les comtés de Mégantic, Drummond et Arthabaska, dans la ville de Montréal, dans la Gaspésie, dans les comtés de Témiscouata, du Saguenay, etc. Ils se dirigèrent au Bas-Canada par deux courants d'immigration: l’un venant de l’Acadie, l’autre, des Etats-Unis.
116e Leçon. — Missionnaires chez les Acadiens et les sauvages.
De 1759 à 1765, les Acadiens demeurés dans le pays et ceux des Etats-Unis ne reçurent d’autres secours spirituels que ceux qui leur furent donnés dans les visites peu fréquentes du P. Bonaventure. Leur
cement du bbé Le Jamtel à l’Iledesserte de postes enviro sud du Ca
privés pendan ; Mais la rév tres.
“Ce crucifix, ce ‘8 que les Anglais ont
“ dix ans. C’est le seul souvenir qui soit resté de lui “dans notre tribu. De père en fils, nous l’avons con- “servé jusqu’à ce jour. Mon père, ce gage touchant “ de l’amour du Père Rasles pour nous, je te le donne; “mais c’est pour qu’il soit, entre tes mains, le gage “et la promesse que tu nous enverras un prêtre. ”
Le P. Carroll, profondément ému, baisa le crucifix teint du sang d’un martyr, et, après des demandes réitérées, il réussit à obtenir des missionnaires pour ces enfants des bois,
117e Leçon. — Les abbés Bourg et Sigogne.
Deux missionnaires de cette époque méritent une mention spéciale, ce furent les abbés Bourg et Sigogne. L'abbé Jean-Mathurin Bourg était acadien d’origine. L’évêque de Québec l’envoya faire ses études théologiques en France. En 1777, l'abbé Bourg fut nommé missionnaire spécial des Acadiens. Durant seize ans, ce saint prêtre exerça un apostolat bien extraordinaire. Il n’avait point, pour ainsi dire, de ré. sidence fixe, quoique le centre de son action semblât être placé à Tracadie, dans le Nouveau-Brunswick. Au commencement de sa visite annuelle, il parcourait les paroisses établies le long du golfe, s’arrêtant plusieurs jours dans chacune d'elles. De Richibouctou à Menoudy, il avait le groupe le plus compact qui se trouvât sur tout le parcours. Il traversait alors à la baie Sainte-Marie pour y desservir les trois paroisses de Sainte-Marie, de Tousquet et de Pobomcoup (Pub-
LA SITUATION AvAanT LA GUERRE 1812 9211
rico). De là il visitait les petits groupes acadiens énars aux aler::ours d’'Halifax. Se rendant ensuite dns le détro't de Canseau, il évangélisait les Acadiens et jes sauvages de ces régions. Enfin, après avoir donné les soins de son ministère aux fidèles du Cap-Breton, il Passait par l’île Saint-J. can, où se trouvaient un bon nombre de fidèles. Après cette deri Ï retournait dans Pour reprendre son laborieux
not et en barque déserts. Sa san retraite la paroisse
de Montréal. C’est là que ce
publicain, trouvèrent moyen de soustraire le jeune abbé à la mort et de le faire passer en Angleterre. C’est de là que l’abbé Sigogne fit voile pour l’Acadie, le 16 avril 1799. Il arriva à la Pointede-l’Eglise, le 20 juillet de la même année. Il était
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envoyé par Mgr de la Marche, évêque de Saint Pol de Léon, à la demande du gouverneur de 4 Nouvelle- Ecosse, sir John Wentworth auquel avait été adressée une requête des habitants du district de Clare, dans le but d’avoir un missionnaire. Pendant vingt et un ans, l’abbé Sigogne fut le seul missionnaire des Ca-
tholiques établis entre Pubnico et Annapolis, une dis-
tance de 130 milles. Durant toute sa carrière apos-
tolique, il édifia par ses grandes vertus et se dévoua
tout entier aux intérêts de ses paroissiens. Il est mort
à la Pointe-de-l’Eglise, le 9 novembre 1844. Ses cen-
dres reposent en face qu collège Sainte-Anne.