LÀ BATAILLE D'HASTINGS
ternit l'éclat. par une action qui mérite d'être flétrie. La mère du roi Harold lai ayant fait demander te corps de sou malheureux fils, en offrant de le payer aa poids de l'or, Guillaume eut d'abord la barbarie de le refuser à ses larmes , mais il faut bien croire que bientôt il rougit lui-même de sa dureté, car il permit enfin à deux religieux d'un monastère que Harold avait fondé , de le chercher parmi les monceaux de morts sous lesquels il était tombé. Pendant plusieurs jours toutes les recherches de ces bons moines ayaient été sans résultat, lorsqu'enfin ils parvinrent à le reconnaître avec l'aide d'une dame qui avait été l'amie de l'infortuné monarque , et que l'on nommait Edithe Aè cou DE cYGiïE ,.à causc de la blancheur de ses épaules. Les glorieux restes du généreux Harold recurent alors les derniers devoirs dans le monastère dont il avait été le fondateur , et la puissance des Saxons en Bretagne descendit avec lui dans la tombe.
LA. BATAILLE D'HASTINGS. SSg
Pour perpétuer le souvenir de cette mémorable victoire , Guillaume ordonna qu'au lieu même où le corps du dernier successeur d'Alfred -le -Grand avait été trouvé sanglant et mutilé , serait élevé un *autel , et bientôt après un monastère, qu'il nomma T Abbaye de là Ba.ta.ille. Des moines français du couvent de Màrmoutiers, situé sur les bords de la Loire, à peu de distance de la ville de Tours, furent les premiers habitans de cet édifice, que le Conquérant combla de biens de toute espèce. Les architectes qui jetaient les fon-^ dations de la nouvelle abbaye étant venus l'avertir qu'il paraissait impossible d'y amener de Teau, à quelque profondeur que l'on creusât la terre pour construire un puits : a Travaillez , travaillez , leur (( répondit le prince avec gaité , et si l'eau c( vient à manquer à mes moines de la Ba- <c taille 9 je ne les laisserai pas manquer de « vin. »
34o LES FUNÉRAILLES
Depais l'an 1066 jusqu'à l'an 1087.
Quoique la défaite d'Hastings et surtout la mort du vaillant Harold eussent entièrement dispersé les forces des Saxons, il ne faut pas croire pour cela, mes jeunes amis, que les Normands n'éprouvèrent plus aucune résistance pour se rendre maîtres de l'Angleterre : une seule journée ne suffit point ainsi pour abattre un grand peuple ^ bien des années s'écoulèrent encore avant que cette ile entière se fût soumise à leur domination , et ce ne fut qu'après une multitude de combats acharnés et sans cesse tewow'v^Vés ^ que
Guillaume-le-Conquérant pat se dire avec -vérilé roi d'Angleterre. Aussi, comme il l'avait promis à ses compagnons avant de quitter la Normandie, il se hâta de leur distribuer les maisons, les terres et les biens de toute espèce des Saxons qu'ils avaient tués ou mis en fuite ; donna Tévéché de Cantorbéry et les plus riches abbayes du royaume' à des Normands , et la plupart des barons et même des soldats de cette nation changèrent leur propre nom pour adopter celui du domaine qu'ils reçurent en partage. Il n'y eut qu'uti seul baron de Normandie, nommé Guil- BERX, qui, disant que le bien volé ne le tentait pas , s'en retourna dans son pays , où il vécut honoré à cause de son désintéressement , mais ne possédant qu'un tout petit héritage, tandis que les moindres soldats normands , moins scrupuleux , devenaient riches et puissans en Angleterre.
Cette libéralité de Guillaume envers ceux quî l'avaient servi, et les rapines auxquelles il abandonnai e.^ \ft»&NSs»^e^^
342 LES FUNÉRAIHES
pays , attirèrent bientôt sur les traces des vainqueurs d'Hastings une multitude de Normands de' toute condition , barons , clercs et aventuriers , qui venaient à leur tour réclamer une portion de ce vaste butin. On en vit quelques uns débarquer dans le plus modeste équipage , suivis de leurs femmes , de leurs servantes et même de leurs cbiens , pour s'approprier un riche domaine, dont ils faisaient insolemment cultiver la terre à leur profit par le Saxon qu'ils dépossédaient , sans qu'il osât même élever la voix pour se plaindre.
Pendant ce temps, les malbeureux Ân« glais , se voyant ainsi dépouillés de tous leurs biens , quittaient leur pays natal et se réfugiaient , avec leur famille et le peu qu'ils pouvaient emporter, dans les rochers de TEcosse ou les marais du pays de Galles. Quelques uns, se jetant sur des navires , préféraient aller mourir loin de leur patrie, au maVViexxT A^Iôl voir livrée ^ux dévastations àe ces feVc^\iç^«ï^ Waîo^-- A/es. La France , \a G^tm^xv\^ .V'^^^'»^
DE GUILIAtJHE-LC^ONQUÉIUNT. 3^3 gne, étaient remplies de fagitifs saxons, et l'on en vit même un grand nombre former à Conslantinople , pour la garde des empereurs grecs , une troupe formidable, sous le nom deWARisGS ouVakut-
GIEDS.
D'autres enfin , ne pouvant croire que la Providence abandonnât sans retour l'Angleterre à l'avidité des Normands, se réunissaient en petites troupes dans les montagnes et dans les forets de leur patrie, d'où ils Faisaient des incursions sur les terres de leurs ennemis, qui les flétrissaient du nom de Odt-Làw, ce qui voulait dire hors la loi, parce qu'il était permis à tout le monde de les tuer. Quoique cegenre de vie «ût bientôt rendu les Out-Law farouches et grossiers , tout ce qui restait encore de véritables Anglais se Hattait que ces géué* reux proscrits Eniraient par chasser les étrangers de leur pays, comme AlTred-le- Grand avait autrefois expulsé les Danois; mais il en fut tout autrement , et , vers la
la vieille Bretagne entière était au pouvoir des JNormands, la langue rontiane remplaçait le langage saxon , et les derniers défenseurs de la liberté anglaise avaient trouvé la mort dans les combats ou dans les supplices.
Or, tandis que les Normands appesantissaient ainsi sur les vaincus le joug de la conquête, le pape Alexandre II, qui, comme je vous l'ai dit , avait excommunié Harold , et envoyé à Guillaume un étendard bénit pour l'encourager à envahir TAngleterre , était mort à Rome , et son successeur était un moine italien nommé
,HiLDEBKÀND, qui, cn recevant la tiare, avait pris le nom de Grégoire VII , sous lequel il est devenu fameUx dans l'histoire de ce temps.
Le nouveau pontife était un homme altier et ambitieux qui , oubliant que c'était aux empereurs romains et à Charlemagne que les évéquës de Rome avaient dû leur élévation et leur puissance , aurait voulu
a u cou £rai re que tous \e^ xcÀs» <ex\a% ^xvw^^-^
DE GUILLÂUME-LE-COHQUÉRAHT. 345 de l'Europe se reconnussent les vassaux de saint Pierre , c'est-à-dire qu'ils demandassent aux papes l'investiture de leurs royaumes, comme les conquërans normands do la Fouille l'avaient reçue de Kicolas n. C'était , ainsi que vous le comprendrez aisément, une prétention eiorbïtante pour un simple prêtre que le choix du peuple de Rome avait élevé à la papauté -y mais Grégoire était secondé dans les divers royaumes de l'Europe par les évéques, et en Italie par la comtesse Ma- TBiLOE de ToscABE , qui , possédant la plus grande partie de l'ancienne Lombardie, avait résolu d'employer toutes les forces de ses états, à placer le pouvoir des papes au-dessus de toutes les atitres puissances du monde.
 la vérité plusieurs monarques de l'Europe résistèrent à la volonté de Grégoire; et un empereur d'Allemagne de l'illustre maison deSaxe,nomméHzKEi IV, refusa formellement de lui faire hommage de sa couronne; maUVe9Kç«^m^^!^^•^-^
frappa d'excommunication ; et ce prince , abandonné de tous les seigneurs de sonem»
pire , se vit réduit à implorer la pitié du ponlife, qui le menaçait de placer un autre empereur sur le trône , s'il refusait plus long-temps de se soumettre à ses ordres. L'inflexible Grégoire répondit qu'avant tout Henri devait venir déposer à ses pieds sa couronne et les autres marques de l'empire^ et le supplier huon' blement de la lui rendre.
Telle était à cette époque, mes enfans, la terreur qu'inspirait l'exçommunicatioD, que pas un roi , pas un seigneur , pas un baron , n'osa prendre les armes pour arracher l'empereur à une pareille humiliation *, il fallut donc que le successeur de Charlemagne, le petit*£ils d'Othon-le- Grand, traversant presque seul les Alpes, ^lors couvertes de neige , pendant un hiver rigoureux, vint nu-pieds, dépouillé de ses habits royaux , et ne prenant aocuaB nourriture du. maXÀu \\3k&Q^'^w ^Ir^
DE GDILLiUME-LE-COKQÏIÉRATÎT. 347 attendre pendant plusieurs jours à U porte du palais pontifical qu'il plût à Grégoire de lui accorder son pardon. Alors seulement le pape consentit à lever l'excommonication dont il l'avait frappé , mais il lui ordonna de se tenir prêt à paraître devant une assemblée des princes d'Allemagne que l'on nommait une dietz, où il aurait à répondre de sa résistance aux ordres du Saïnl-Siége.
Une pareille dégradation infligée à la face du monde au seul prince de l'Europe qui portât alors le titre d'empereur, parut avec raison àHenri IV un châtiment trop injuste pour qu'il dût s'y soumettre; et cédant aux instances de ses vassaux allemands, qui, indignés de l'outrage lait à leur souverain, lui offraient leur secours et lui amenaient des soldats, l'empereur marcha sur Rome avec une armée.
A son approche , Grégoire n'eut que le temps de se réfugier dans le tombeau d'Adrien, dont on avait fait alors une forteresse imprenable sovik \e tiom. ^"^
Château Saint-Ânge ; mais du fond de cette retraite il appela à son secours le terrible Robert Guiscard , qui , en effet , ayant attaqué les Allemands, les chassa de Rome^ après en avoir brûlé la plus grande partie. Quant à Grégoire Vil, né se croyant plus en sûreté au milieu du peuple de cette ville sur laquelle il venait d'attirer de pareils malheurs , il accepta l'asile que son libérateur lui offrait à Salerne, où il movirut quelques années plus tard , après avoir excommunié de nouveau Henri IV et tous ceux qui le serviraient.
Guillaume-le-Conquérant n'avait pas échappé plus que les autres rois de l'Europe aux ambitieuses prétentions du pontife qui , sous prétexte qu'Alexandre II lui avait permis d'envahir l'Angleterre, exigeait que le prince normand rendît hommage au pape de son nouveau royaume; mais , pour cette fois , le fier Guillaume refusa dédaigneusement de soumettre sa couronne à la tiare rom^vwe , il consentit
à la vérité, à continuer d'acquitter le denier de Saint-Pierre , mais ne voulut point absolument recevoir des mains du pape l'investiture d'un royaume qu'il ne tenait que de son épée. Grégoire VU, pour ne point se brouiller aussi avec ce rude batailleur , ne se montra pas plus exigeant, et la bonne harmonie ne fut point troublée entre ces deux puissances.
Cependant , à travers les soucis d'une existence si laborieuse et remplie de tant de gloire , Guillaume était parvenu à la vieillesse; et quoiqu'une apparence robuste lui promit encore de longs jours, un embonpoint prodigieux était devenu pour cet homme , à qui le repos était impossible , une véritable maladie. Ses médecins, qu'il consulta pour combattre celte infirmité qui menaçait de le priver bientât delà faculté de se mouvoir, lui conseillèrent de s'abstenir le plus possible de nourriture pour essayer de maigrir ; mais comme ses forces diminuaient en même temps, il se vil bientôt forcé de reslet %V>\& ^^tàswjî^
35o LES FUNÉRAILLES
plusieurs mois. La nouvelle de la maladie du redoutable Guillaume se répandit promptement dans les pays voisins; et le roi Philippe P', qui régnait alors en France, ne put s'empêcher de s'en réjouir, en disant que cela ferait de halles fêtes lorsque le monarque anglais sortirait enfin de son lit.
Ce propos, qui fut rapporté à Guillaume , excita vivement sa colère ; et comme il avait un ancien sujet de plainte contre le roi de France, qui lui avait enlevé autrefois une petite province de son duché de Normandie, il envoya dire à ce prince qu'aussitôt qu'il serait relevé de maladie, il jurait d'aller dans l'église Notre-Dame de Paris entendre une messe d'actions de grâces avec dix mille lances eti guise de cierges ; ce qui signifiait qu'il ibarcherait sans retard sur cette capitale avec un hon nomhre de gens de guerre , dont la lance était alors l'arme pritacipale.
En effet quelques mois s'étaient à peine ^gjçoillés depuis celle xaetâi^e^ lorsque
Guillaume ayant rassemblé une armée ^ passa la petite rivière d'Epte, qui séparait alors la Normandie du royaume de France, et marcha sur Paris, en remontant le cours de la Seine. On élait alors en plein été , cette belle saison où les moissons sont jaunies par le soleil , et les arbres chargea de fruits mûrs ^ mais Guillaume , au lieu d« respecter la riche culture du pays qu'il tra'«> versait , ordonna à ses cavaliers de fouler les récoltes aux pieds de leurs chevaux, de couper les arbres à hauteur d'homme , et d'arracher toutes les vignes qu'ils apercevraient. Ce fut ainsi que le Conquérant prétendit signaler son passage , et l'appa* rition des Normands sur les terres de France fut encore une fois marquée par d'effroyables dévastations.
La première ville française qui s'offrit à l'armée de Normandie, fut celle deMAiiTEs, située sur les bords de la Seine, où elle s'élève sur un riant coteau tapissé de verdure.
Guillaume , chez qui son ressentiment contre Philippe faisait taire la yi^lk^^^v
35a LES FUNÉRAILLES
rhumanité, ordonna qu'on mit le feu aux quatre coins de cette malheureuse ville , et que les églises même fussent abattues.
Ses ordres cruels ne furent que trop bien exécutés, et bientôt ce lieu, naguère »
paisible , né présenta plus qu'un aspect de désolation ;- mais voiis allez voir comment le Normand trouva son châtiment au milieu de ce triomphe barbare.
Tandis que , poussé par une sorte de rage, le roi d'Angleterre galopait parmi ces décombres enflammés , qu'il contemplait avec délices, son cheval s'abattit sous lui; et dans cette chute , dont le poids énorme de son corps augmenta la gravité, le Conquérant se fit au ventre une blessure si profonde , que ses médecins reconnurent aussitôt que sa vie était en danger , tout ce qu'on put faire fut de le transporter à quelques lieues de là dans un monastère qu'il avait fondé auprès de Rouen, où il sentit bientôt lui-même que sa fin approchait.
iiiors , touché de Te^e\i\\t 4r& maux
DE GUILLAUME-LE-COHQUÉRAWT. 565 qu'il avait fait tomber sur une ville inno ccnle, dans un moment de colère, et peutêtre épouvanté de la promptitude du châtiment dçnt le ciel le frappait, il envoya sans délai une grosse somme d'argent aux habitans de Mantes , pour les aider à rebâtir leurs maisons et leurs églises , et en même temps il Bt distribuer un grand nombre d'aumônes aux pauvres de l'Angleterre , en expiation sans doute de ses injustices envers ce malheureux
pays- Ce fut dans cette disposition d'esprit que, pendant plusieurs semaines que dora sa maladie, le vainqueur d'Hastings, entouré de prêtres et de médecins , vît avec fermeté approcher le terme de son existence ; il partagea entre ses trois fils tout ce qu'il possédait, et leur ordonna de ne pas attendre qu'il eût expiré pour s'emparer de leur portion d'héritage. Mais ce qu'il y eut de plus frappant dans les det^ niers jours de la vie de cet homme extraordinaire, ce fut de le \oW ^w\ c,ow%%t'«'«.^
son courage et son sang-froid , tandis que tous ceux qui l'entouraient, et même la Normandie tout entière , paraissaient frap»
pés d'une terreur que personne ne pouvait vaincre. La crainte de ce qui allait arriver après sa mort avait saisi non seulement les barons , mais encore les moindres vassaux normands, qui presque tous, désertant le lit du roi mourant , avaient couru s'enfermer dans leurs châteaux , emportant ce qu'ils avaient de plus précieux ; il semblait à chacun que la puissance qu'il avait élevée si haut allait périr avec lui, et jamais mort d'homme ne répandit sur tout un pays un si grand effroi.
Mais ce fut bien pis encore lorsque le bruit se répandit que Guillaume venait de rendre le dernier soupir : ses médecins et ses serviteurs, qui seuls ne l'avaient pas encore quitté , abandonnant aussitôt leur maître mort, montèrent achevai, et se rendirent précipitamment dans leurs maisons pour y enfouir tout ce qu'ils possédaient , comme s'ils eussent été metv^LcteâîwwY^^^^
prochain. Le désordre fut si grand en ce
moment , que tout ce qui se trouvait dans
l'appartement du roi , tel que ses armes ,
ses vétemens , son linge , les vases d'or et
d'argent qui lui avaient servi pendant sa
maladie, devint la proie des valets, qUi se
sauvèrent en les emportant. Au milieu de
ce trouble, le corps du roi, jeté en bas de
son lit, où il venait d'expirer, resta en-^
tièrement nu sur le plancher , d'où il ne
fut relevé que plusieurs heures après, par
des moines de Rouen , qui vinrent en
cérémonie rendre les derniers devoirs à
celui qui avait été le bienfaiteur de leur
monastère ^ ces religieux le transportèrent
sur un bateau , dans la ville de Caen ,
l'une des principales de Normandie, pour
y recevoir la sépulture dans une église
qu'il avait fondée en l'honneur de Saint*
Etienne , l'un des premiers martyrs chré*
tiens.
La cérémonie des funérailles était près* que achevée , et le roi , le visage découvert, et revêtu de seshabiXs to^^wY^^vôi^w
la coutume de ce temps, allait être descendu dans un caveau creusé au centre de 1 l'église , lorsqu'un Normand nommé Asss- '^ LIN s'écria du milieu de la foule : « Clercs \ « et évéques , ce terrain est à moi ; c'était | « remplacement de la maison de mon i a père ^ celui que vous allez y déposer (( m'en a dépouillé sans me le payer , et je (( vous défends de le couvrir de la terre « qui. m'appartient, ^i) Cette clameur, comme vous pouvez croire, excita un grand trouble dans toute l'assemblée ; la pompe funèbre fut interrompue, et les évéques^ pour satisfaire cet homme qui réclamait justice avec instance, lui payèrent sur-le-champ soixante sous d'argent, somme considérable pour cette époque, afin qu'il voulût bien vendre un tombeau au vainqueur de l'Angleterre. Encore ce tombeau était-il si étroit que, pour que le corps du prince pût y être placé, il fallut l'y faire entrer de force, et les assistans péné* 1res d'horreur s'étant éloignés de ce triste lieu , il ne resla t\\xe c\\xvXi\q^^'& \^\^^\w.
D£ GXJ1LLA.UU&-LB-C0NQUÉR&NT. 35?
auprès de la dernière demenre de celui qui avait été Guillanme-le-ConquéraDt.
Dans le partage que Guillaume avait &it de son héritage entre ses trois fils, ainsi que je vous l'ai dit tout à l'heure , la part de chacun d'cuit fut loin d'être égale : RoBEKT , l'aîné de ces princes , surnommé CoDKTz-HEnsE , c'est-à-dire aux jambes courtes , eut en partage le duché de Normandie ; GtiiLiJ.uiis-i.E-RoTix , le second, à qui ce surnom fut donné à cause de la couleur de ses cheveux, reçut la couronne d'Angleterre j mais ni l'un ni l'autre ne jouit long-lemps de cette élévation. Quant àHBiiRt, le plus jeune des trois frères, à qui son père n'avait laissé qu'un coffre de fer garni de fortes serrures, et contenant une uKMlique somme d'argent , ce fut lui qui recueiliit toute la grandeur de sa famille ; il régna glorieusement sur l'Angleterre sous le nom de Henri I" , et devint la tige d'uue longue suite de rois de ce pays.
358 LES FUNÉRAILLES, «te.
mes j eunes amis, avec quelle rapidité s'ëtait élevée en Europe la puissance de ces farouches Normands, dont les premières barques avaient alarmé la vieillesse de Charlemagne. Ainsi, moins de deux siècles après que leur duc RoUon s'était approprié cette belle province de France à laquelle ils avaient donné leur nom , on vit des aventuriers de Normandie fonder les royaumes de Naples et de Sicile , et près* que dans le même temps la victoire d'Has»
tings arracher pour jamais aux Anglo»
Saxons cette redoutable monarchie, qu'ils possédaient depuis quatre cents ans dans nie de Bretagne. / \-:?: '
Fm DE LA PREMIÈRE PARTIE.