‹ L'histoire et l'infaillibilité des papesChapitre 1 sur 70 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

— « Après avoir raconté la conduite que tint à Rome saint Zozime envers Célestius, saint Augustin dit que le Pape déclara catholique un libelle qui contenait des hérésies palpables ^ »

— «Le 21 septembre 417, Zozime informa par trois lettres les évêques d'Afrique qu'il s'était scrupuleusement occupé de cette affaire , qu'il avait entendu Célestius lui-même dans une réunion de prêtres tenue dans l'église de Saint-Clément; que Pelage lui avait écrit, pour se justifier, qu'il était satisfait de leurs explications , et les avait réintégrés dans la communion de l'Eglise. »

A peine ces lettres étaient arrivées en Afrique qu'un nouveau concile se réunit à Carthage (en mai 418); deux cent trois évêques y étaient présents : il condamna, en huit canons explicites , les doctrines de Pelage, et s'adressa à l'empereur Honorius pour en obtenir , contre les hérétiques , des mesures qui missent l'Eglise à l'abri du péril.

De 418 à 421 paraissent, en effet, plusieurs édits et lettres des empereurs Honorius , Théodose et Constance, qui bannissent de Rome et de toutes les villes où ils tenteront de propager leurs fatales er- •^eurs Pelage, Célestiu& et leurs partisans.

Le pape Zozime ne résista pas longtemps à l'autorité des conciles et des empereurs ; il convoqua

1 Pseudo-Bossuet, Defcnsio Déclarât, xnw.

une nouvelle assemblée pour y entendre de nouveau Gélestius; mais Célestius avait quitté Rome, et Zozime écrivit aux évêques d'Afrique qu'il avait condamné les Pélagiens ^

C'est encore M. Guizot qui redresse les erreurs historiques des Protestants ses coreligionnaires , et des Jansénistes qui ont altéré les manuscrits de Bossuet^; mais ses préjugés calvinistes lui permettent rarement de découvrir toute la vérité. Exposons les faits.

Par unrescrit du 27 janvier 4 17, le pape Innocent P"^ condamna Pelage et Célestius, et mourut bientôt après. Les deux hérésiarques entreprirent de se justifier : le premier, dans une longue lettre adressée au Pape , protesta de sa soumission à l'Eglise et se plaignit amèrement d'être calomnié par ses ennemis, en particulier par les deux évèques Eros et Lazare; le second fit le voyage de Rome, pour présenter lui-même sa défense.

Ce fut Zozime, successeur d'Innocent I, qui reçut et la lettre de Pelage et la visite de Céles-

-I Guizot, nistoirede la civilis. «t? France, i, 206.

2 On sait que les jansénistes Lequeux, Leroi, Déforis, etc., ont fait divers changements aux ouvrages posthumes de BossueL (V. Soardi, De supnmà Roii%. Ponlif. , — Feller, Dict. biogr.. art. Bossuet, Lequeuï^ Soaidi.

tius. Le Pape, pour ramener au bercail ces brebis égarées , voulut d'abord employer les moyens de douceur. Il accueillit favorablement le disciple de Pelage, eut de longues conférences avec lui, et finit par en arracher la promesse formelle d'accepter la lettre de son prédécesseur et de condamner toutes les erreurs que condamnait le Saint- Siège. Cependant, doutant encore de la sincérité des dispositions de Célestins, Zozime ne voulut pas l'absoudre de l'excommunication qu'il avait encourue, avant d'avoir pris auprès des évêques d'Afrique des informations précises sur ses erreurs et sur sa personne. Elles ne tardèrent pas d'arriver. Deux cent quatorze évêques, assemblés à Carthage , adressèrent au Pape une épître synodale dans laquelle ils dénonçaient Célestius comme un hérétique opiniâtre et artificieux, habile à contrefaire l'orthodoxie tout en restant attaché à des erreurs récemment condamnées par le pape Innocent I et par le concile de Carthage. .

Le pape Zozime dut alors faire subir un interrogatoire plus sévère encore à Célestius; et, après s'être convaincu lui-même que cet hérétique avait été bien jugé par les évêques d'Afrique, il le somma d'abjurer ses erreurs, et, sur son refus, le condamna solennellement avec tous les adhérents de Pelage.

Saint Augustin, au lieu de trouver répréhcnsible la conduite du Pape en cette circonstance, n'a que des éloges à lui donner :

<i Le Pontife compatissant du siège apostolique, dit-il, voyant Célestius emporté par sa présomption comme un furieux, aima mieux, en attendant qu'il vînt à résipiscence, l'interroger et le lier peu à peu par ses réponses, que de le frapper par une sentence définitive, et de le pousser ainsi dans le précipice vers lequel il paraissait déjà pencher : je ne dis pas dans lequel il était tombé, mais vers lequel il paraissait pencher; parce qu'il avait commencé par dire, en parlant de ces sortes de questions : « Que si par hasard il m'est échappé par ignorance quelque erreur , attendu que je suis homme, qu'elle soit redressée par votre sentence. » Le vénérable papeZozime, profitant de cette parole, tâcha d'amener cet homme, qu'enflait le vent d'une fausse doctrine, à condamner les articles que lui avait reprochés le diacre Paulin, et à donner son adhésion aux lettres du Siège apostolique émanées de son prédécesseur de sainte mémoire. A la vérité, quant aux articles que lui avait reprochés le diacre, il ne voulut pas les condamner, mais il n'osa résister aux lettres du bienheureux pape Innocent; au contraire, il promit de condamner tout ce que ce

Siège condamnerait. Ainsi, pour le calmer, on le traita doucement comme un frénétique : cependant on ne jugea pas à propos de le délier des liens de l'excommunication ; mais, en attendant les réponses d'Afrique, on lui donna deux mois pour venir à résipiscence ^ . »

Marins Mercator, autre personnage du ten)ps, raconte ainsi la même affaire : « Interrogé juridiquement par l'évêque Zozime de sainte mémoire, Célestius, effrayé quelque peu par ce juge, fit concevoir de bonnes espérances, dans le grand nombre de ses réponses et de ses explications, en promettant de condamner les articles dont il avait été accusé à Carthage. Car voilà ce qu'on lui ordonnait avec le plus d'instance, et ce qu'on attendait avec le plus d'impatience qu'il fît; voilà pourquoi encore le saint Pontife le crut digne d^une certaine bienveillance, et écrivit à son sujet une lettre pleine de bonté aux évêques d'Afrique ^. »

i At ille noluit quidem diaconl objecta damnarc, sed beati papaa Innocenlii lilteris non est ausus obsiitere. Imb se omnia quœ Sedes illa damnaret damoalurum «sse promisil; alquo ilk velut phrenelicus, ut requiesceret, tanquam leoiler fotus, \inculis lamen excomraunicaliouis nondum est credilus esse solvendus. Sed interposUo duorum mensium tcmpore donec rescriberetur ei Africà, rcsipiscendi ei locus sub quâdam inedicinali sententiae Icnilate concessus est. (S, Aug., de Peccat. orig., cap. 6.)

2 Labbe, tom. », col. loi 2.

Après de nombreux interrogatoires, dit un Iroisième auteur contemporain, Zozime reprit : « Point de détours : condamnez-vous toutes les erreurs dont vient de parler le diacre Paulin, toutes les erreurs qu'on vous attribue ^ ? » Et Célestius répondit : « Je les condamne, suivant la sentence de votre prédécesseur Innocent d'heureuse mémoire. »

Facunde, évèque d'Hermiane, qui écrivait peu après, dit que l'Eglise, édifiée sur les vrais sentiments du pape Zozime, n'avait garde de suspecter la pureté de sa foi non plus que celle desévêques de Palestine, qui, satisfaits des déclarations et des réponses de Pelage, l'avaient admis à leur communion. Sans doute la suite prouva que Pelage et Célestius n'étaient pas sincères dans les rétractations qu'ils firent de leurs erreurs; mais la duplicité des méchants ne doit pas être imputée à crime aux âmes simples et droites ^

Nous remarquerons que le pape Zozime s'était montré plus prudent que les Pères du concile de

\ Noio nos circultu ducas : damnas ea omnia qusB tibi objecta à Paulino, sive per famam jaclala sunl? (Paul, diac, LibeUus il.— Episi- Paul. Consi., 363.)

2 Nequc Palaestinos episcopos neque Zozimum bserelicos ab EcclesU crcdi quia de bœreticis benè senserant, sed poliù? pro merito su» fulii calbolicos judicari et bonorari, quoniam non débet crimini depulari simpliciuiu non iulellecla yersulia malignorum. (Fac. Hei-m., I. vu, c. ô.)

Diospolis. Ceux-ci, après avoir interrogé Pelage, Tavaient reconnu membre de l'Eglise catholique; le Pape , malgré les protestations de soumission de Célestius, refusa de l'absoudre de l'excommunication, avant d'avoir reçu la réponse des évéques d'Afrique qu'il avait consultés à ce sujet. Sur quels fondements s'appuient donc ces critiques modernes, qui, croyant mieux apprécier le fait que les auteurs contemporains , viennent nous dire que Zozime, avant de condamner les erreurs de Pelage, en avait été partisan ? « Célestius, disent-ils, reçut un accueil favorable à Rome.y> C'est vrai, mais saint Augustin nous en a donné le motif. On se conduisit envers cet esprit irascible comme le fait un médecin habile, charitable, à l'égard d'un malade atteint de frénésie : il cherche, avant tout, à le calmer *.

« Les hésitations du Pape étaient une condamnation du rescrit de son prédécesseur, » Ces sages lenteurs en étaient, au contraire, l'exact accomplissement. La question de doctrine était finie, celle des personnes ne ^ 'était pas. Le rescrit d'Innocent I, qui condamnait les Pélagiens, se termi-

4 Alque ilà velut phrenoticus, ut retiuiescerct, lamiuam lonilcr folus. (s. Aug., de Péccat. orig.^ c. G.)

nait par ces mots : « Mais comme Notre-Sei gneur Jésus-Christ a dit lui-même : « Je ne veux pas la mort du pécheur, mais plutôt qu'il se convertisse et qu'il vive , » nous ordonnons que, si, revenant jamais à de meilleurs sentiments, ils renoncent à leurs erreurs, ils soient reçus à la communion de l'Eglise ^ »

Ne fallait-il pas s'assurer si le moment était venu d'exécuter ces ordres de miséricorde, et dans quelle mesure il fallait le faire?

« Saint Augustin raconte que Zozime approuva V écrit de Célestius. » Saint Augustin dit, au contraire, que le Pape refusa d'absoudre Célestius, malgré ses explications et ses promesses, avant d'avoir reçu les renseignements qu'il avait demandés aux évèques d'Afrique. « Quelle est donc répitre, dit-il ailleurs, où saint Zozime, ce pape de vénérable mémoire, déclare que Thomme en naissant est exempt du péché originel ? Jamais ce pontife n'a dit cela, nulle part il ne l'a écrit ^. »

« Mais Zozime assure, daîis sa lettre aux évê-

i Jubemus laraen quoniam Chiistus Domiuus proprià voluntale sifjuiÊcayit nolle mortem raorienlis, lanliim ut revertatur et vWat, si unfjuain sani, deposito pravi dogmatis errore , resipuerint, receplaculum «uum ab Ecclesià non negaii. (Inn.I, Rescripl. ad Sijlv.)

2 Nusfjuam prorsus hoc disit, nusquam consciipsit, (L. ii, ad J\onif., 3.)

ques d^ Afrique, que les écrits de Pelage et de Célestius sont orthodoxes, » Nous lisons, en effet, dans ce document les paroles suivantes : « Plût à Dieu que quelqu'un d'entre vous eut pu assister à cette lecture î Quelle ne fut pas la joie des saints personnages qui étaient présents î quel ne fut pas Fétonnement de chacun î Quelques-uns pouvaient à peine retenir leursMarmes, en voyant calomnier des hommes d'une foi si pure. Y a-t-il un seul endroit où il ne soit parlé de la grâce et du secours de Dieu ^ ? » Ce passage n'est qu'une preuve de plus delà sagesse avec laquelle procédait le saint Pontife dans l'examen de la cause déférée à son tribunal. Nous y voyons, en effet, qu'aux interrogations juridiques il joignit l'examen de l'écrit remis par Célestius, qu'il se fit aider dans cet examen par des membres éminents du clergé de Rome ; que cet écrit était loin de nier la nécessité de la grâce , puisqu'il la reconnaissait à chaque page. La joie qu'éprouvèrent le Pape et ses accusateurs dut éclater surtout à la lecture de ce passage : « S'il s'est ému quelques questions

4 Utinam uUiis vestrùm recilalioni litlerarum interesse potuisset! Qnod sanclorum virorum qui aderaiil gaudium fuit 1 quœ admiratio singulorum! Vix fletu quidam et lacrymis temperabant, taies eliam absolutœ fidei infamari poluisse. Kst-ne locus in quo Dei gratia yt\ adjulorium prîctemiissum sit? (Zoz., l'.pisl. ad episc, A fric)

sur des objets indécis, je n'ai pas prétendu prononcer ni me faire l'auteur d'un dogme nouveau ; ce que je vous présente, je l'ai puisé à la source des Prophètes et des Apôtres. Cependant je suis homme, j'ai pu me tromper ; je soumets tout à votre jugement apostolique : s'il m'est échappé quelque erreur par ignorance, que votre sentence la corrige \ »

La profession de foi qu'avait envoyée Pelage se terminait par une déclaration analogue : « Si j'ai avancé quelque chose de faux ou d'inexact, je désire que vous le corrigiez, vous qui tenez la foi de Pierre et occupez sa place. Que si votre autorité apostolique approuve ce que je soumets à son examen, ce n'est plus Pelage alors qui devra être appelé ignorant, malveillant, hérétique , mais bien celui qui oserait blâmer encore ce que vous aurez trouvé irrépréhensible ^. »

C'est surtout en faisant allusion à ces dispositions d'esprit dans lesquelles Pelage et Célestius

i Non ego quasi auctor alicujusdograatisdefînilâbaecauctoritate slatui| sedea quse de Prophetarum et Apostolorum fonte suscepi vestri aposlolalûâ ofTerimus probauda judlcio : at si fore ut hominibus quispiam \^norantias error obrepserit; vestrà seutentii corrigatur, (^Libell. Caelest., ad fin.)

2 In quà si minus perilè aut parùm cautè aîiquid forte positam est, emendare cupimus î» le qui Pétri Gdera cl scdeni tcnes , etc. {Lil/clL fidti Pelag, , in (iae)

déclaraient avoir toujours été, que Zozime les qualifiait « d'hommes à foi pure , d'hommes toujours attachés à la vérité catholique. » Il voulait encore , en employant ces expressions, engager les évêques d'Afrique à examiner cette affaire avec soin et impartialité. Disons enfin qu^'elles ne doivent pas être prises dans un sens littéral et absolu, puisque le Pape demande et attend de nouveaux éclaircissements avant de prononcer une sentence définitive.

Il est étonnant que ce dernier fait, qui suffit à lui seul pour justifier complètement le pape Zozime de tous les reproches qu'on lui adresse , ait échappé aux recherches de M. Guizot. Non , « Zozime n'a pas écrit aux évêques d'Afrique que, satisfait des explications de Pelage et de Célestius, il les avait réintégrés dans la communion de l'Eglise. » Ses lettres avaient pour objet de les informer de ce qui se passait à Rome, de leur apprendre que Pelage et Célestius étaient revenus à de meilleurs sentiments, et avaient pro-

mis de se soumettre à tout ce qu'on exigeait d'eux. Le Pape leur faisait encore observer qu'ils ne sauraient examiner de si graves questions avec trop de sagesse et d'impartialité; mais il ajoutait que les prévenus restaient toujours sous le poids de Texcommunication prononcée contre eux par Innocent son prédécesseur \ et que pendant deux mois il recevrait toutes les observations tendant à constater que Pelage et Célestius pensaient autrement qu'ils n'avaient écrit et parlé ^. Dans une autre lettre, adressée peu de temps après aux mêmes évêques , Zozime leur rappelle encore qu'il a ajourné toute solution définitive : « Votre Fraternité saura que depuis nos lettres et les vôtres nous n'avons rien changé, mais laissé les choses dans le même état où elles étaient quand nous en écrivîmes à votre Sainteté, en sorte que la demande que vous nous avez faite se trouve accomplie ^. »

'i Vinculis tamen excomniunicalionis nondum est crediius ess« solvendus. (S. August., lib. de Pecc. orig., 6.)

2 Quare inlra secundura mensem veniant qui praesentem redarguant aViler senlire quam libellis et confessione contexuit, (Zoi., Episl. ad Âfr. episc.-^Patrologiœ t. xlv, c. ^20.)

3 Noverit vestra Fraternilas nihil nos post illas quas supcrlor vel lllleras vcslras accepimus immutasse, sedin codem cuncla reliquisse statu in quo dudum fuerant. [Patrologice t. xiv, c. n2C.)

Ce n'est pas la seule inexactitude que renferme le passage que nous avons extrait de V Histoire de la civilisation en France,

« Le concile de Carthage s'adressa à l'empe^ rcur Honorius^ etc. » Cela peut être, mais il est certain qu'il n'oublia pas de porter ses décrets à la connaissance de l'Evêque de Rome. « Le pape Zozime d'heureuse mémoire, dit saint Prosper, ajouta le poids de san autorité aux décrets des conciles d'Afrique ; et chaque évèque , armé du glaive de Pierre, put désormais combattre et vaincre les ennemis de la foi ^ »

« De 418 à 421 paraissent, en effets plusieurs édits et lettres des eniperews Honorius^ etc. » C'est vrai, mais publiés à la prière du pape Zozime, de Sixte prêtre de Rome , et des nonces apostoliques près la cour de Ravenne. « Julien et ses complices, dit Marins Mercator, ayant refusé de se conformer à la lettre de Zozime , ont été déposés conformément aux décrets de l'empereur et aux lois ecclésiastiques ^. » — « Sixte, dit

^ Âfi'icanorum conciliorum decrelis beatse recordationis papa Zozimiis lententlsB suse robur annexuit, et ad impiorum detruucationcm gladio Pelri délieras omnium armavitanlistitum. (Prosp., in /t6. contra Collât., 87.)

2 Common. Patrologiœ lom. Xi.v. c, 1689.)

saint Augustin, fut un de ceux qui invoquèrent la puissance impériale contre les sectaires *. » — « Vous ignorez peut-être , lisons nous dans une Epître du pape Gélase , que Thérésie dont nous parlons a été condamnée par Innocent, Zozime , Boniface, Célestin, Sixte, Léon , pontifes d'heureuse mémoire qui ont occupé successivement la chaire apostolique , et qui n'ont pas cessé de publier des décrets pour défendre la foi ; que cette hérésie a été non-seulement proscrite par les lois de l'Eglise catholique, mais encore par les arrêts des princes romains qui ont condamné à l'exil tous ceux qui la soutiendraient ^. »

« Le cùncile s'adressa à ienn^ptreur Honorais jrour en obtenir^ contre les hérétiques, des mesures qui missent VEgUse à Vabri du j)ériL »

Pour se convaincre que d'autres, avant cette époque, avaient demandé le secours du bras séculier afin d'empêcher la diffusion des fatales erreurs du pélagianisme , il n'y a qu'à comparer les dates. Le premier décret d'Honorius et de Thèodose, qui bannit de Rome et des villes de l'Empire Pelage , Célestius et leurs sectateurs ,

1 s. Aug,, tom, X, App.jc. lOb.—Epist, ^91, adSixt.

2 Gelas. K. EfUi. ad Ilonor.

fut donné à Ravenne le 50 avril 418; le concile plénier de Carthage , dont parle M. Guizot, loin de lui être antérieur se tint le 1'^ mai de la même année, un jour après ^

et Le pape Zozime ne résista pas longtemps à Vautorité des conciles et des empereurs, » Le pape Zozime, dans sa prudence, prit tout le temps qui lui était nécessaire pour examiner les sentiments de Pelage et de Célestius ; et, quand il fut suffisamment édifié à ce sujet, il les condamna solennellement, ce qui eut lieu avant la publication des huit canons du grand concile d'Afrique. Quant aux empereurs Honorius , Théodose et Constance, ils n'ont pas prévenu les décisions des pasteurs , mais se sont contentés d'en assurer lexécution.

« Zozime écrivit aux évêques d'Afrique qu'il avait condamné les Pélagiens, » Il fit plus , il composa une lettre três-ample dans laquelle il établit la transmission du péché originel , l'efficacité du baptême des enfants, la nécessité de la grâce , et condamne les erreurs débitées par les

i DalumpridiekaI, malas, Ravennae. DD. NN. Honor.^2'' eri'heod. 8°. Cil. imper. Honor. ^2° et Theod. 8*^, kalend. maiis, Caribagine.

iVaHrologiœ lom. xf.Yn. col. 1727, 1728.)

Pélagiens contre ces divers points de la foi chrétienne. Il adressa cette lettre non-seulement aux évèques d'Afrique, mais à tous les évêques du monde catholique ^ , prononça la sentence de déposition contre Julien évêque d'Eclane et ses complices pour avoir refusé de l'accepter, et saint Augustin put s'écrier : « Rome a parlé, la cause est finie : » Causa finita est ^.

-1 Illud in litlcrisquas in universas provincias curasti essemillendai, posuisli. (Conc. Afr. Patrologiœ lom. cxxviii, col. -JSô.)

2 Serm. 'ISI, de verb. Âpostol. m, in Jul., c. 2.

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