‹ L'histoire moderne, racontée à la jeunesseChapitre 75 sur 117 · DE WALLENSTEIN · texte numérisé non relu

DE WALLENSTEIN

et de plus périlleux que de saisir ainsi Wallenstein au milieu de cette armée accoutumée depuis longtemps à lui obéir , et qu'un seul mot de sa bouche pouvait soulever contre l'Empereur qui n'avait point un seul soldat à lui opposer. Cependant Gallas et Piccolomini ne refusèrent point cette mission dangereuse dont ils s'acquittèrent avec tant de prudence, que personne dans le camp de Wallenstein n'en conçut le moindre soupçon.

Pendant ce temps , mes bons amis ^ le duc de Friedland , comme il arrive toujours à ceux dont la conscience est trou* blée par quelque mauvaise pensée , se montrait agité des plus sinistres pressentiments; ses plus fidèles serviteurs lui étaient devenus suspects, et il lui semblait que chacun de ceux qui l'approchaient devinait ce qui se passait au fond de son âme. G?pendant, ne jugeant point encore le moment favorable pour se déclarer, il se flatta d'échapper à cette anxiété involontaire en se retirant, suivi d'un petit nombre de ceux qu'il croyait ses plus

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sincères amis , dans une ville de Bohême appelée Égra , où il possédait aussi un palais magnifique. Là, environné d'une troupe de gardes fidèles, il espérait encore que de loin comme de près son armée demeurerait un instrument docile à ses volontés, lorsqu'une terrible catastrophe vint le détromper et précipiter sa ruine. A peine le duc de Friedland eut-il quitté cette armée sur laquelle il fondait toutes ses espérances, queGallas et Piccolomini , assemblant les chefs et les soldats , leur firent connaître en peu de mots le complot formé par leur général, et en même temps l'ordre donné par l'Empereur de le saisir vivant pour le conduire à Vienne. La plupart de ces hommes farouches , qui jusqu'alors avaient obéi aveuglément à Wallensteio, refusèrent d'abord de le croire coupable d'une pareille trahison ; mais bientôt ne le voyant plus au milieu d'eux, l'incertitude et la défiance se mirent dans leurs rangs , et eh peu d'instants cette armée si formidable par sa valeur et sa disci*

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plioe 9 ne présenta plus qu'un ramassis tumultueux de soldats mutinés , prêts à suivre le premier clief qui leur ofirirait l'appât de nouvelles récompenses ou d'un nouveau butin.

Il y a quelque chose de si amer, de si insultant pour les autres hommes dans le mépris que la plupart des favoris de la fortune affectent envers ceux, que le hasard a placés au-dessous d'eux , qu'il ne faut point nous étonner, mes jeunes amis y que parmi les chefs et les soldats qui avaient suivi le duc de Friedland à Égra y il se soit trouvé trois officiers que de froids dédains ou d'injustes préfèrentces eussent secrètement irrités contre ce capitaine. Ces trois hommes , étrangers de naissance , mais que leur mérite et leur valeur avaient élevés aux premier^ rangs de la milice impériale, résolurent^ en immolant Waiienstein, de servir à la fois la cause de l'Empereur et la haine qu'ils portaient à leur général. Leslie, Butler et Gordon , c'étaient leurs noms, sans communiquer à qui que ce fût le des*

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