‹ L'histoire par le théâtre, 1789-1851 (volume 3)Chapitre 18 sur 44 · CHŒUR · texte numérisé non relu

CHŒUR

Nous aimons tous la danse.

Et nous accourons tous Boire du vin de France, Et danser avec vous.

Comme poésie, ces couplets ne sont pas brillants, surtout celui des cent francs de rente, avec son positivisme tout cru. On trouvera sans doute que, parmi les hymnes consacrés par Glténier à la Révolution , le Chant du Départ leur est très-supérieur, et que la corde grave était mieux son fait que la corde légère.

Si l'Opéra s'était laissé devancer par les autres spectacles, dans la carrière des pièces de circonstance, il se dédommagea amplement, cardepuis^e Camp de Grandpré, pendant deux ans, on n'y voit presque pas d'autres nouveautés. Les moins colorées sont celles qui procèdent par des emprunts à l'histoire ancienne, telles que Fabius, Miltiade à Marathon, Horatius Codes. Adieu Vénus, Diane et leur cour galante 1 adieu Cupidon, son arc et ses flèches, armes trop anodines! La Patrie reconnaissante, ou V Apothéose de Beaurepaire, par Lehœuf, musique de Candeille, hommage à ce commandant de Verdun, qui se tua pour ne pas signer la capitulation de la place ; — le Siège de Thionville, par Saulnier etDutilh, musique de Jadin, autre épisode de 1792; — la Montagne, ou la Fondation du Temple de la Liberté, par Dcsriaux, musique de Fontenelle ; — la Fêtede la Raison, ou la Rosière républicaine , par Sylvain Maréchal, mu-

sique de Grétry; Toulon soumis, par Fabre d'Olivet, musique de Rocheforl; la Réunion du Dix Août, ou l'Inauguration de la République française, par Moline et Bou- «luier, musique de Porta ; la Journée du \0 Août 1792, ou la Chute du dernier Tyran, par Saulriier et Darrieux, musique de Kreutzer, voilà ce qui remplaçait les merveilles fleuries et les pompes magiques où l'Opéra s'était plu depuis sa création.

Cet élan qui faisait naître des armées, cette formidable lutte soutenue aux frontières par des soldats sans pain et sans souliers, les traits de valeur et de civisme qu'elle produisait, c'était là, semble-t-ii, de quoi enflammer le génie. Eh bien, l'on cherche vainement des pièces où de tels sujets aient trouvé des accents dignes d'eux. Les poètes de valeur se taisaient, comme Ducis, ou bien ils puisaient leurs œuvres républicaines dans l'histoire de l'antiquité. Le côté horrible de l'époque semble avoir porté malheur à ce qu'elle eut d'héroïiiue. On a pu juger combien Ghénier resta au-dessous de luimême, quand il conduisit sa muse au camp de Dumouriez, dans les plaines de la Champagne. Pour offrir un autre spécimen du répertoire patriotique de l'Opéra, j'emprunterai une scène au Siège de Thionville; c'est celle où un Irompolt'î apporte au commandant Wiinpfen, de lapartduprincede Waldeck, en piésence des habitants rassemblés près de l'autel de la Liberté, la sommation de rendre la place.

l'officier.

Nous venons en volic présence

Conduire un envoyé du camp des ennemis. LE TROMPEiTE, upres (yu'on lui rt débandé tes yeux, remet un paquet a Wiinpfen père.

Voici mes ordres.

wiMPFEX, prenant le paquet.

Donne. ^

(Après l'avoir ouvert.)

0 ciel ! quelle insolence !

Waldeck parler ainsi! J'en demeure surpris.

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