IL. — Cours intermédiaire et académique Conversions
À la manière nouvelle dont les choses se passaient, les hommes pécheurs comprirent que les menaces d'Hénoch et de Noé se réalisaient : aussi, ceux qui n'étaient pas complètement endurcis ouvrirent enfin les yeux et se convertirent au Seigneur. Saint Pierre qui nous le dit dans sa lère épitre : ‘Après que le Christ eut souffert la mort pour nous, il alla annoncer la bonne nouvelle de la Rédemption aux esprits en prison, à ces esprits incrédules que la patience de Dieu attendait aux jours de Noé, alors qu'il construisait l'arche”. Ces paroles de S. Pierre nous font voir aussi que les incrédules, les libres penseurs datent de loin, et que l'humanité en était remplie au temps du déluge.
Population
Il n'y a rien de surprenant dans le fait d’une population nombreuse sur la terre au temps du déluge. Si comme on le croit, après un calcul sérieux, il y avait 1,200,000 hommes sur la terre, cinq siècles après la création, les dix-huit siècles et plus qui suivirent durent voir une progression énorme. Plusieurs auteurs affirment que les Caïnites s’établirent sur les côtes orientales de l'Indoustan, puisque dès avant le déluge, ils devinrent la race noire d'Afrique, la race jaune du centre de l'Asie, la race rouge de l’Amérique septentrionale.
Quant à l’âge de l'humanité au temps du déluge, il est impossible de le déterminer... La vulgate (version latine de la Bible, faite par saint Jérôme, et en usage dans l'Eglise), donne 1,656 ans. Les traducteurs juifs (Les Septante) qui donnèrent une traduction grecque de la Bible, au Ille siècle avant Jésus-Christ, assignent 2,242 ans d'âge à l’humanité au Com, .ement du déluge.
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Universalité ?
Le déluge fut-il universel ?
Trois opinions ont cours, dans l'Eglise, à ce sujet. lère opinion Plusieurs sont d'avis que le déluge fut absolument universel ; qu’il couvrit toute la terre ; qu'il fit mourir tous les animaux (moins ceux des eaux) et qu'il fit périr tous les hommes. I] faut avouer que c’est le sens qui se présente tout d'abord à l'esprit en lisant la Bible dont les expressions prises à la lettre affirment un déluge absolument universel. Il semble, du reste, à ces auteurs qu'un déluge qui s'élève à 25 pieds au-dessus du mont Ararat ne peut être un déluge partiel.
2e opinion Plusieurs écrivains remarquables, entre autres M. Vi. Souroux, ptre, de Saint-Sulpice, le P. Piancini, le P. Schouppe, le P. Nicholai, etc., pensent que le déluge ne se répandit point sur toute la terre, qu'il ne fit pas mourir : (par conséquent), tous les animaux ; ils affirment cependant avec les auteurs de la première opinion que le déluge fit périr tous les hommes. Le déluge pour eux ne s’étendit qu'à la terre habitée ; il fut donc universel pour l'humanité et partiel pour la terre. I] n'y a pas de témérité, disent-ils, à supposer que Moïse, ignvrant l'existence de l’Amérique et de l’Australie, ne parle que du monde qu'il connaît. Ils ajoutent que les expressions de la Bible qui affirment l’universalité absolue du déluge ne doivent pas être prises à la lettre, que des expressions de ce genre se trouvent dans d'autres parties de la Bible tout en ayant un sens particulier. La reine de Saba n'était Pas venue des extrémités de la terre; saint Mathieu dit cependant, (ch. XII, v. 42) : ‘‘La reine du midi se lèvera au jugement avec cette géné-
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ration et la condamnera Parce qu'elle vint des extrémités de la terre, écouter la Sagesse de Salomon’’. La terre entière désirait-elle voir la sagesse de Salomon? On lit cependant, Ille livre des Rois, X, 24 : ‘‘La terre entière désirait voir le visage de Salomon’. La famine qui sévit au temps de Jacob ne s'étendit évidemment qu'aux peuples connus des Hébreux : La Genèse dit cependant au chapitre 4le, v. 54... ‘La famine augmentait sur toute la terre”, etc. 8e opinion
Plusieurs auteurs tiennent avec les précédents que le déluge ne s’est pas étendu à toute la terre et qu’il n’a pas fait mourir tous les animaux : il vont.plus loin en disant que le déluge n'a pas fait périr tous les hommes, qu'il a été partiel quant à l'humanité.
J. G. Van Zeebroek, prêtre du diocèse de Malines, disciple du chanoine Motais (auteur du Déluge biblique), résume les raisons principales de cette opinion dans un sérieux ouvrage publié à Bruxelles, en 1902, intitulé: Les sciences modernes en regard de la Genèse de Moïse, (p. 121.)
“La grande et insolubre objection que la science peut faire à nos Livres Saints, en ce qui concerne le déluge, si on le suppose universel quant à l'humanité, c’est que :
1. Partout où se portèrent les enfants de Noé et leurs descendants après la sortie de l'arche, ils trouvèrent des populations occupant les Pays où ils se répandirent : c’est que :
2. Ces populations généralement d’une haute antiquité appartenaient à des types anthropologiques profondément différents, ce qui suppose une très longue suite de siècles Pour remonter à un point de départ commun ; c’est que :
3. Ces types de races inférieures Parlaient tous des langues monosyllabiques ou agglutinantes, alors que les Noachides envahisseurs se servaient de langues à flexion, cor-
roboration éclatante de la considération précédente ; c'est enfin que:
4. Si haut que l'on remonte dans les races sémitiques, chamitiques et indo-européennes, l'art métallurgique apparaît toujours chez elles comme un art d'emprunt, un art communiqué : au contraire, on le trouve comme un art fondamental, comme art indigène, base de toutes les traditions mythologiques, Cosmogoniques et autres, et aussi vieux qu'elles-mêmes, chez les populations habitant les montagnes métallifères de l’Altaï et du Thibet, c'est-à-dire chez des peuples Saces et Touraniens, étrangers aux races dont l'origine noachique nous est connue.
En outre :
5. Les diverses masses éthniques qui ont précédé ces dernières dans l'occupation des contrées où elles se sont répandues n’habitaient pas seulement, tout semble l'indiquer, une région circonscrite dans un périmètre relativement restreint autour du centre de l'Asie ; dans les couches les plus profondes des formations quaternaires de l’Europe occidentale, on trouve des traces non équivoques de l’existence de l’homme à l'époque correspondante, et cela dans des conditions qui ne permettent pas, fort souvent, d’admettre qu'elles aient subi aucun remaniement depuis leur dépôt aux lieux de formation très ancienne où on les rencontre. C'étaient des hommes de l'âge paléolithique ou de la pierre éclatée ou taillée,
Mais :
6. Dit encore M. l'abbé Hamard, voilà qu'un nouveau peuple, aryen d’origine arrive de l'Orient, amenant avec lui les animaux domestiques. Sans abandonner totalement l’outillage antérieur, il y ajoute l'usage habituel de la poterie
et de la hache en pierre polie. Il défriche le sol, cultive les céréales, etc...
Ce peuple aryen d'origine, venu de l'Orient, c'est l'émigration noachide que s'étend jusqu'en nos pays et y apporte des éléments de civilisation. Mais les L euples descendus à l'état sauvage qu'il y trouve installés, d'où venaient-ils ?
À cet ensemble d'objections, une réponse peut couper court, une seule à savoir : que le déluge de Noé a détruit, seulement la famille de ce patriarche exceptée, le noyau supérieur de l'humanité, la race privilégiée ct bénie, n'ayant pas atteint les races inférieures auxquelles n'étaient pas réservées les hautes destinées de leur aînée, renaissant d'elle-même par la descendance des Noachides... Rien d'étonnant dès lors, à ce que cette dernière, partout où elle étend ses rameaux, rencontre sur ses pas des peuples de races différentes, de types anthropologiques, et de modes de langage inférieurs. et s'écartant' d «ile dans une mesure exigeant une longue série de siècles pour se rattacher au type Commun originaire... Rien d'étonnant non plus à ce qu’elle emprunte à certains des peuples l'usage des objets en cuivre, en bronze et en fer...
Nous retrouvons ici, sans que rien les atténue tous les avantages, toutes les facilités et simplifications de l’universalité restreinte.”
AU MAITRE ET A LA MAITRESSE
Langues monosyllabiques
Les langues monosyllabiques dont il est question plus haut, sont des langues imparfaites, des langues rudimentaires, Monosyllabique veut dire, à proprement parler, ‘‘mot d’une syllabe’”’. Dans les langues monosyllabiques, les racines restent invariables et le rôle des mots dépend de leur position, comme dans la langue chinoise.
Dans les langues agglutinante » plus développées que les monosyllabiques, les racines s'unissent, Il en est ainsi chez les Mongols.
Les langues à flexion, sont des langues qui ont des déclinaisons, des conjugaisons, comme le grec et le latin.
Conclusion sur l'universalité du déluge
L'hypothèse d'un déluge absolument universel présente des difficultés insolubles, à moins que l'on ait recours au miracle.
Dieu, cependant, règle générale, ne multiplie pas les miracles, lorsque les causes secondes suffiseat.
On oppose l: tradition :
Au temps des Pères on ne se trouvait pas en présence des difficultés que la science a fait naître.
Ainsi, dans les premiers siècles du christianisme, à peine connaissait-on 800 espèces de bêtes, sans parler des insectes (dont on ne tenait pas compte, parce qu'on les faisait naître de la corruption, par voie de génération spontanée), on en connait aujourd'hui des milliers.
Si toutes les eaux se sont mélées, comment les poissons d'eau douce ont-ils pu vivre dans l’eau salée ?
Dès le XVIe siècle, le cardinal Cajetan limitait le déluge à la terre habitée. Les contemporains voulurent le condamner; le savant bénédictin dom Mabillon les en détourna.
Les savants catholiques contemporains en grand nombre sont en faveur d’un déluge partiel quant à la terre.
Les savants contemporains se divisent, nous l'avons vu, sur l'universalité du déluge par rapport aux hommes.
Il nous parait plus probable que tous les hommes ont péri.
Quant à l'opinion qui veut qu'une partie de l'humanité (celle qui n’était pas héritière des promesses divines au même titre que l’autre partie), n'ait pas péri au temps du déluge, nous concluons avec l’abbé Thomas (p. 264) : ‘‘Les preuves mises en avant par les non universalistes n'ont rien de décisif, mais s’il leur manque ce caractère d'évidence qui ne laisse aucune place au doute, elles sont loin d’être sans valeur ; ce sont des probabilités dont il faut tenir compte. Qui sait d’ailleurs si de nouvelles découvertes ne leur apporteront pas le degré de certitude qui leur fait défaut jusqu’à présent? Ne nous hâtons pas de condamner d’avance une opinion qui, d’un jour à l’autre, peut recevoir de la science une confirmation inattendue, et sur laquelle d’ailleurs, l'Eglise ne s’est pas prononcée”. (Les Temps primitifs.)
Un moyen .de résoudre beaucoup d'objections, serait de reculer plus ou moins la date du déluge.
QUESTIONS 19e Leçon : le déluge COURS INTERMEDIAIRE
Comment savons-nous que beaucoup d'hommes se converti. rent au moment du déluge ?
Population de la terre, au temps du déluge ?
Age de l'humanité, au temps du déluge ?
Quelies sont les trois opinions sur l’universalité du déluge ?
Comment vivaient les hommes avant le déluge ?
20e LEÇON L’ARCHE
Lecture : Description de l’arthe et de son contenu, Genèse, ch. VI, 18: ‘Dieu dit à Noé... ‘Fais-toi une arche de bois résineux ; tu la feras composée de cellules et tu l’enduiras de bitume en dedans et en dehors. Voici comment tu la feras: la longueur de l'arche sera de trois cents coudées, sa largeur de cinquante coudées et sa hauteur de trente. Tu feras à l’ar. ” che une ouverture, à laquelle tu donneras une coudée depuis le toit ; tu établiras une porte sur le côté de l'arche, et tu feras un premier, un second et un troisième étage de cellules. Et moi, je vais faire venir le déluge, une inondation de la terre, pour détruire de dessous le ciel toute chair ayant en soi souffle de vie; tout ce qui est sur la terre périra.
“Mais j'établirai mon alliance avec toi; et tu entreras dans l'arche, toi et tes fils, ta femme et les femmes de tes fils avec toi. De tout ce qui vit, de toute chair, tu feras entrer dans l'arche deux à deux de chaque espèce, pour les conserver ‘en vie ainsi que toi; ce sera un mâle et une femelle. Des oiseaux des diverses espèces, des animaux domestiques, des diverses espèces, et de toutes les espèces d'animaux qui rampent sur le sol, viendront vers toi deux à deux de chacune, pour que tu leur conserves la vie, Et toi, prends de tous les aliments que l'on mange et fais-en provision, afin qu'ils te servent de nourriture, ainsi qu'à eux. Noé se mit à l'œuvre, il fit tout ce que Dieu lui avait:ordonné.
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