Saint-Martin-Sepert, Corrèze, canton Lubersac
10. 26 aprilis 1477- Coiistitutis nobilibus Joannt La Gâta, domicello, et Agnete de Coux, domiceUa , uxore dicti nobilis Joannis La Gâta, parochie de Pulchrâ-Cassaniâ, lemovicemis diocesis, ex unâ parte ; et nobili viro Guidone de Coux, etiam domicello, domino reparii de Castaneto, parochie de Lubersaco, ex altéra. Cùm in proloqutione matrimonii mine contrahendi et jam contracti inter dictum nobilem Joannem La Gâta et Agnetem de Coux, promisisset dictus Guido quinquagenta et ducentas libras turonenses pro dote, hodiernâ die soïvit. Presentibus nobilibus viris Joanne de Corberio, domicello, domino de las Noaillas, parochie de Cro5ello? et Joanne de Lubersaco, etiam domicello, domino del Verdier, dicte parochie de Lubersaco. (Registres du chevalier de Monceaux. BiBL. Nat., fonds français 22421, pages loi et 102.)
I I . La seigneurie de Bré, un des grands fiefs de la vicomié de Limoges, avait le titre de baronnie. Nous voyons même par la copie du Cartulaire de Vigeois, faite par dom Col, et qui se trouve à la Bibliothèque Nationale, que Bernard de Bré prit la qualité de prince et fit le voyage de la Terre Sainte, où quelque membre de la famille de Corbier l'accompagna sans doute, avec les du Authier de la Bastide et les Lubersac, et où il mourut, sous l'épiscopat de Pierre II Viroald, 49** évèque de Limoges, c'est-à-dire de 11 00 à 1104. Après avoir longtemps appartenu aux premiers vicomtes de Limoges, qui en avaient bâti le château, la seigneurie de Bré changea souvent de maîtres, par suite d'aliénation de droits féodaux ou de cession territoriale. En i2 5o, Othon, vicomte de Limoges, en vendit quelques dépendances à Géraud Roger, prêtre. En i3i7, elle appartenait à Philippe le Long, roi de France, qui en fit don à Henri de Sully, son grand bouteiller, dont le fils François, fait prisonnier à la bataille de Poitiers, la vendit, en i3 58, à Guillaume d'Albert, seigneur de Monteilh; elle passa ensuite à la famille de Chazeron, puis à celle de Pompadour, qui en fit l'acquisition, en 1490, au prix de 90,000 livres. C'est au château de Bré que les familles du voisinage : de Livron, seigneurs de la Rivière, de Pérusse des Cars, seigneurs de Saint-Bonnet, et autres, rendaient hommage aux vicomtes de Limoges. Ils refusèrent l'hommage, après que Philippe le Long se fut dessaisi de la seigneurie de Bré. Les Pompadour, l'ayant acquise, en appelèrent au Parlement de Bordeaux, qui décida, le 19 mars i5o4, que Bré devait retenir les hommages susdits, ses seigneurs représentant les anciens vicomtes de Limoges. Le roi de Navarre, en sa qualité de vicomte de Limoges, protesta, disant que les hommages devaient appartenir à lui seul. (Voir VHistoire des vicomtes de Limoges par Marvaud , t. F"", p. 3oi, et Nadaud, vol. III, pp. 63 o et 63 i.)
12. La seigneurie de Saint-Martin-Sepert fut vendue, en 1628, à la famille Joussineau de Tourdonnet, qui l'a possédée jusqu'à ces derniers temps. : Nadaud, t. II, p. 465.)
i3. De ce mariage vint un fils : Jacques de Petiot, qualifié seigneur de Corbier, et qui mourut à Corbier, le 11 septembre 1707. [Nadaud, t. III,
pp. 319 et 3 2 0.)
14. La baronnie de Pontarion * faisait partie, avant 1789, de l'élection de Bourganeuf, qui était enclavée dans la Marche, mais dépendait du Poitou.
* Pontarion, ch.-lieu de canton de l'arr. de Bourganeuf 1 Creuse).
Les Mortemart furent les premiers seigneurs connus de Pontarion. En i3 35, Geoffroi de Mortemart prend le titre de seigneur de Peyrat et de Pontarion. En I 364, Geoffroi de Mortemart et Jean, son fils, vendirent les terres de Peyrat et de Pontarion à Guy Auberi, seigneur des Monts et de la famille du pape Innocent VI, moyennant 26,000 livres. {Père Anselme, vol. II, p. 400.) Mais la terre de Pontarion ne demeura pas longtemps dans cette dernière famille, car, dès i368, Pierre de Bellefaye est qualifié de seigneur de Pontarion, et, en iSyS, Guillaume de Bellefaye prend la même qualité. La seigneurie de Pontarion passa ensuite dans la famille de Pierrebuffierre, selon toute probabilité par le mariage de Hyacinthe de Besse, dame de Bellefaye, qui épousa, vers 1390, Jean de Pierrebuffierre; leur fils, Louis de Pierrebuffierre, était seigneur de Peyrat et de Pontarion en 1413 et 1418. {Nadaiid, vol. III, p. 3 3o.) La famille de Pierrebuffierre posséda la terre de Pontarion pendant les XV° et XV!*^ siècles. Par acte du 2 mars 1608, une dame de Pierrebuffierre (sans doute Anne de Pons, veuve, en premières noces, de Philippe et, en second mariage, d'Abel de Pierrebuffierre) vendit la seigneurie de Pontarion à messire Jeaa du Chemin, évêque de Coudoni. Celui-ci la laissa à son neveu Théophile du Chemin, qui, en faveur du mariage de son frère, Antoine, baron de Lauraët et de Puygardin, avec Françoise de Gelas, en 16 18, céda une partie de la succession de son oncle, l'évèque de Condom. Des mains de la famille du Chemin la seigneurie de Pontarion passa, soit par vente, soit plutôt par succession ou mariage, dans celles des Biran d'Armagnac, comtes de Goas ou de Gouhas, car, en i655, il fut consenti, au profit de messire Louis de Biran d'Armagnac, comte de Goas, seigneur de la Motte-Maubert et baron de Pontarion, différentes reconnaissances de dîmes et rentes par plusieurs tenanciers de la terre de Pontarion. Des extraits de ces reconnaissances, tirés du terrier de Pontarion, se trouvent aux archives départementales de la Creuse sous la cote E. i 56. Jean de Biran d'Armagnac, comte de Goas, vendit, par acte passé, le 14 octobre 1719, devant Etienne, notaire à Limoges, la terre et baronnie de Pontarion à Jean de Chastagnac de Neuvy et à Joseph de Chastagnac de Masléon , son père. Cette acquisition fut faite moyennant 100,000 livres, dont 60,000 livres payées comptant, et en remploi du prix de la vente des terres de Neuvy et de Masléon, consentie à Marcel Limousin par lesdits Jean et Joseph de Chastagnac, par acte du 26 novembre 1717. Cette acquisition est rappelée dans une transaction sur procès pour règlement de 40,000 livres restant dues, par acte du 29 mai 1773, passé devant Baron, notaire au Chàtelet de Paris, entre Jean-Baptiste de Corbier, capitaine de cavalerie, mandataire de Michel de Corbier, baron de Pontarion, son père, et de Marie de Chastagnac, sa mère, d'une part, et Marie-Jacquette de Biran d'Armagnac, comtesse de Goas, vicomtesse de Gimois, baronne de Goalard et de la Motte, dame de Puygardin, Barens et autres lieux, dame du palais de la reine, épouse de Louis de la Roque, comte de Beaumont, ancien colonel de grenadiers de France et commandant pour le roi en Périgord, tant en son nom que comme héritière du comte de Goas, son grand-père, décédé, et de son père, tué au combat de Lassietle, d'autre part.
Michel de Corbier, ayant épousé, le 10 mars 1743, Marie de Chastagnac, la terre et baronnie de Pontarion passa, par succession, dans la famille de Corbier, qui, sauf quelques démembrements, la conserva jusqu'en i836.
i5. Elle fut la grand'mère de Charles de Coux, un des fondateurs et rédacteurs, avec l'abbé Lacordaire, Lamennais et de Montalembert, du journal
L'Avenir, et qui tint une place importante parmi les littérateurs de la Restauration et de la Monarchie de Juillet. (Voir Histoire de la Littérature française sous le gouvernement de Juillet par Alfred Nettement. j
i6. La terre de Rabaud ou Rabeau avait appartenu aux familles de Saint- Aulaire et Courteix ; elle fut achetée, par acte du 4 mai 171 5, de Joseph Couneix de Sainte-Marie, par Jean Maleix, père de Jean-Kaptiste Maleix, premier mari de Marie Dunac; celle-ci l'apporta en dot à Jean de Corbier.
17. La seigneurie de Roffignac ou Rouffignac a primitivement appartenu à une famille du même nom, mais il ne semble pas que ce soit celle dont les premiers auteurs furent évangélisés, dit-on, par saint Martial, premier apôtre du Limousin, auquel ils auraient donné l'hospitalité dans leur manoir, s'il faut en croire une tradition. En 1490, Pierre de Roffignac fit une reconnaissance au profit de Jean de Lubersac pour la maison de Roffignac. En 1621, Jean de Roffignac épousa Catherine de la Faucherie Le 17 février 1654, Jacques de Rofîignac. écuyer, seigneur de Roffignac, leur fils, épousa Valérie de Chabrignac. A la fin du XVII** siècle, la seigneurie de Roffignac passa dans la famille du Authier de la Bastide, par le mariage de Jeanne de Roffignac avec François du Authier, seigneur de la Bastide ; elle entra ensuite dans la famille de Brachet par le mariage de Louise du Authier, fille des précédents, avec Etienne de Brachet, seigneur de la Gorce et de la Jalézie; elle appartient encore à la famille de Corbier.
18. On lit dans le journal Limousin et Quercy du 2 avril 1882 :
(( Une des plus anciennes et des plus nobles familles du Limousin vient d'être cruellement frappée : M. le vicomte Pol de Corbier a été enlevé à l'affection des siens et de ses amis, le 14 mars dernier, après une courte et douloureuse maladie, que ni la force de l'âge (il n'avait que quarante et un ans ni les soins les plus dévoués ne purent arrêter dans ses effrayants progrès.
« Tout jeune encore, M. le vicomte de Corbier devint le chef, vénéré autant qu'aimé, d'une honorable famille ; aidé des conseils de sa digne mère, bientôt enlevée à son affection, il a rempli cette lourde tâche avec une sagesse et une expérience au-dessus de son âge; il continua les nobles traditions d'honneur, de probité et de fidélité, qu'il considérait comme son meilleur héritage, et mérita l'estime et le respect de tous.
« On retrouvait cliez lui cette dignité sans affectation du véritable gentilhomme, cette douceur et cette bienveillance qui captivent; mais ceux qui s'honorent d'être ses amis purent seuls comprendre parfaitement les excellentes qualités de ce cœur dévoué et généreux et le charme de relations dans lesquelles il apportait cette exquise politesse, cette urbanité si rare à notre époque.
n Dans ce temps troublé de défections, de faiblesse et d'ambition malsaine, M. le vicomte de Corbier sut rester fidèle à tous ses principes et porter haut et vaillamment le signe de sa foi chrétienne et le drapeau de ses convictions politiques; aussi modeste que digne, par sa situation, de remplir des fonctions publiques, il vivait retiré, mais toujours prêt à combattre au premier rang pour la défense de son Dieu et de son roi.
" Sa mort est une perte pour le pays où il faisait le bien, pour le parti roya-
liste qu'il servait fidèlement, et un deuil cruel pour les siens; mais ils ne pleurent point comme ceux qui n'ont pas d'espérance; les consolations delà religion, les seules qu'on puisse avoir, sont venues adoucir les dernières souffrances de celui qui n'est plus; c'est plein de résignation et dans le calme de sa conscience qu'il vit arriver l'heure de Dieu, qu'il ne croyait pas si proche; la foi qui l'avait soutenu durant son existence lui donna la force d'accepter le dernier sacrifice.
« Les funérailles de M. le vicomte de Corbier ont eu lieu le i6 mars, au milieu d'une affluence considérable de personnes accourues de toutes parts; cette foule émue a voulu rendre un suprême hommage à celui qui fut, pour les uns un ami, pour les autres un bienfaiteur, et pour tous un homme de bien, en allant prendre sa dépouille mortelle au château de Rcffignac et lui former une escorte d'honneur jusqu'à l'église de Lubersac, bientôt remplie d'une assistance nombreuse et recueillie, qui ne s'est séparée qu'au champ du dernier repos.
n Puissent ces témoignages de vive et profonde sympathie, ces regrets unanimes donnés à la mémoire de M . de Corbier, adoucir l'immense douleur de cette noble femme si cruellement frappée dans sa plus chère affection ! Que son excellent et digne frère, que ses sœurs tendres et dévouées, tous si éprouvés dans ce moment par la perte de leur meilleur ami, trouvent un peu de consolation dans l'expression de nos sympathiques regrets; nous les offrons aussi à l'honorable famille de Labarrière. En donnant à M. le vicomte de Corbier l'aimable compagne de sa vie, elle s'était attachée à lui bien plus encore pour les nobles qualités de son cœur et de son esprit que par celte alliance de deux familles si dignes de s'unir par leurs sentiments élevés et par leurs bons principes.
'Voir aussi l'article qui parut dans Le Conciliateur de la Corrèze du i" avril 1882.)