‹ L'holocausteChapitre 16 sur 69 · ACTE I, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE V

l'ASTOREL .

Averti par un coup de téléphone, je suis arrivé immédiatement sur les lieux du crime, accompagné de ces messieurs. Je n'ai pas eu à faire de longues investigations, car j'ai trouvé auprès de la victime l'arme dont elle avait été frappée. (Au garde champêtre :) Montrez.

[Le (jarde fait deux pas en avant et montre un couteau à raisin.)

YvoN, blême.

Un couteau à raisin.

ÉLOl.

Le mien !

l'ÀSTOREL, durement.

Sans doute, le vôtre, puisque vous n*avez pas hésité à le reconnaître.

KLOI.

Gomment hésiter? Mon nom est gravé dessus.

KDOUARD, avec hésitatiou.

Il faudrait...

YvoiN, calme, à Pastorel.

Monsieur le juge, je vais vous expliquer. Ce couteau est évidemment à nous, puisque mon fils le reconnaît, mais, je dois vous le dire, il y a plus de deux heures qu'Éloi a pu voir qu'on le lui avait volé.

PASTOIŒL.

11 nous l'a déjà dit.

YVON

On le lui a volé en même temps...

PASTOREL, achevant la phrase.

Qu'une casquette de loutre.

YVOiN.

Juste.

PASTOREL

Qui a aussi été retrouvée prés du corps de M. Bouchardat.

YVOiN.

Ah ! Eh bien et la blouse qui a également été volée?

PASTOREL

La blouse...

ÉLoi, 5e cachant le visage dans ses mains. Mon Dieu !

Y VON

Oui, la blouse, l'a-t-on retrouvée près du corps?

PASTOREL

Non.

YVON, triomphant.

Ah !

l'ASTOREL.

On l'a retrouvée chez vo.us... à la place qui, paraît-il, est sa place habituelle.

YVON, atterré.

Comment?

ACTK 1, SfENK V. ti'J

l'ASTOHKl..

l'Jlc t'iail liicliéc (le san;^.

De sang?

KDuLAiu», U'iri/ié.

Oli !

ILni.

Oui, tic sang, .le no comprends pas.

l'ASTOlŒL.

Une pelile liasse de billcls de cent francs y était restée accrochée par l'épingle qui la garnissait. L'assassin, dans sa |)récipitation, avait enfouj de l'argent dans toutes ses poches et, en les vidant, il avait oublié les coupures révélatrices.

YVON

Oh ! h:ioi :

liLoi, s\'laiiçant dans les bras iVYuon. Je ne suis pas coupable !

YVON

Je le crois! Je le crois !

ÉuouÂHi», parveiuml à dominer son Ironble.

Monsieur le juge, vous me voyez bouleversé. Je ne sais... Ce garçon est sûrement innocent. ..Je le connais depuis de longues années... Je me porte garant de...

PASTOREL, calme.

Monsieur le Vicomte, je vous répondrai par la phrase Iradilionncllc : Je ne demande pas mieux que de vous

croire, mais vos affirmations, pour si édifiantes soientelles, ne sauraient prévaloir contre un redoutable faisceau de présomptions.

ÉDOUAllD.

Hélas !

Y VON, passant n» 3.

A quelle heure le crime a-t-il été découvert?

PASTOREL

Quelques minutes après avoir été commis,., à 8 heures.

ÉLOi, no 8, à Vextrême droite.

J'étais chez nous, en train de chercher les objets dont je venais de constater la disparition.

YVON, an jufje.

Vous l'entendez ?

PASTOREL, se levant.

Certes, (^^i Étoi.) Quelqu'un vous a-t-il vu chez vous ou même aux environs de chez vous à 8 heures ?

ÉLOJ.

Non.

C'est regrettable.

ÉLUl.

Je n'ai vu que monsieur le Vicomte.

EDOUARD, d'une voix rauque.

Moi?

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