‹ L'holocausteChapitre 25 sur 69 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

était resté accrochée à la blouse, on n'a pas retrouvé trace des 63,000 francs dérobés à M. Bouchardat.

CHAMBHUN.

L'assassin peut les avoir enfouis.

LE DOCTEUU.

On a battu les environs, fouillé partout. Et puis, voulez-vous mon avis ? L'abondance même des preuves, leur trop évidente clarté me paraît étrange à moi. On a beau être novice, on ne laisse pas de pareilles traces de son passage.

CHAMBHUN.

Beaucoup de gens font cette réflexion. Mais on suppose que l'assassin, dérangé dans sa triste besogne, a été pris de peur... Le crime a été accompli en moins de dix minutes, tout le prouve.

LE DOCTEUR

Quoi qu'il en soit, je suis sceptique.

CHAMBRUN

Puissent les juges et les jurés partager votre scepticisme, monsieur le docteur.

VE DOCTEUR

Je le souhaite, car c'est vraiment une affreuse chose qu'une erreur judiciaire.

CHAMBRUN, soupiraiit.

Oui. {Un temps.) Pensez- vous que mon fils sorte bientôt de votre maison?

LE DOGTEUU.

C'est l'ailairc de quelques jours, je vous le répète, monsieur de Chanibrun.

CHAMijRUN, regardant à gauche.

Quel est ce jeune homme qui s'avance lentement, soutenu par deux infirmiers ?

LE DOCTEUR

Un poitrinaire, que son frère, curé à Plouescat, m'a confié voici trois jours. Cas grave, très grave. {Hochant la tête.) Très grave.

UHAMBUUN.

Ah! /

LE DOCTEUR

Abondants crachements de sang. Avec cela des gens pas riches, le père vient de subir des revers de fortune.

CHAMIiRUN.

Il y a vraiment beaucoup de misère en ce bas monde.

{Jean Halbrand paraît, soutenu par deux infirmiers. )

LE DOCTEUR

Beaucoup. (Il sort à droite avec Chambrun.)

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