HOMME
MONXADE.
Veux-tu que Je me donne au diable pour te le faire croire?
PASQUIN
Et Lucinde?
Oh! Lucinde, Lucinde, elle n'en sçaura rien.
PASQUIN
Tant mieux pour vous. Mais, dites-moy, combien cela durera-t-il?
MONXADE.
Tu m'en demandes trop, comme si Ion pouvoit respondre de cela.
PASQUIN
La connois-je?
MONCADE
Tu la connois.
PASQUIN
Il faut que vous Taimuez depuis fort peu; car je ne vous en ay jamais oûy parler.
MONCADE
A peu près.
PASQUIN
Est-elle belle?... Eon ! peste de sot ! Est-ce à présent qu'il faut vous le demander ? Vous me le direz dans peu de tems. Où loge-t-elle? loin d'icy?
MONCADE
Non.
PASQUIN
Tant mieux; car. dans les commencemens,
A BONNES KORTL'NES. - !)
c'est une fatigue de diable, quand il faut porter règlement trois billets tous les jours.
MONCADE
Te n'auras pas grandpeine à le faire : tu les donneras sans sortir.
PASQUIN
Hé. comment?
MONCADE
Elle loge icy.
PASQUIN
Cest Leonor?
MONCADE
Tu l'as dit.
PASQUIN
Ah ! Monsieur.
MONCADE
Qu "as-tu?
PASQUIN
Songez-vous bien à ce que vous faites?
MONCADE
Fort bien.
Leonor, amie de Lucinde, à sa veûe ! Vous n'y songez pas, ou vous voulez vous perdre absolument. Hé! Monsieur, où est la probité, Ihonneur? Songez-vous, dis-je...
MONCADE
J'aime les moralitez: elles endorment.
PASQUIN
Tenez, Monsieur, voilà Marton: instruisezla de tout ce beau dessein.
j6 L HOMME