‹ L'homme à bonnes fortunesChapitre 15 sur 61 · HOMME · texte numérisé non relu

HOMME

MONXADE.

Veux-tu que Je me donne au diable pour te le faire croire?

PASQUIN

Et Lucinde?

Oh! Lucinde, Lucinde, elle n'en sçaura rien.

PASQUIN

Tant mieux pour vous. Mais, dites-moy, combien cela durera-t-il?

MONXADE.

Tu m'en demandes trop, comme si Ion pouvoit respondre de cela.

PASQUIN

La connois-je?

MONCADE

Tu la connois.

PASQUIN

Il faut que vous Taimuez depuis fort peu; car je ne vous en ay jamais oûy parler.

MONCADE

A peu près.

PASQUIN

Est-elle belle?... Eon ! peste de sot ! Est-ce à présent qu'il faut vous le demander ? Vous me le direz dans peu de tems. Où loge-t-elle? loin d'icy?

MONCADE

Non.

PASQUIN

Tant mieux; car. dans les commencemens,

A BONNES KORTL'NES. - !)

c'est une fatigue de diable, quand il faut porter règlement trois billets tous les jours.

MONCADE

Te n'auras pas grandpeine à le faire : tu les donneras sans sortir.

PASQUIN

Hé. comment?

MONCADE

Elle loge icy.

PASQUIN

Cest Leonor?

MONCADE

Tu l'as dit.

PASQUIN

Ah ! Monsieur.

MONCADE

Qu "as-tu?

PASQUIN

Songez-vous bien à ce que vous faites?

MONCADE

Fort bien.

Leonor, amie de Lucinde, à sa veûe ! Vous n'y songez pas, ou vous voulez vous perdre absolument. Hé! Monsieur, où est la probité, Ihonneur? Songez-vous, dis-je...

MONCADE

J'aime les moralitez: elles endorment.

PASQUIN

Tenez, Monsieur, voilà Marton: instruisezla de tout ce beau dessein.

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