‹ L'homme à bonnes fortunesChapitre 17 sur 61 · PASQUIN. MARTON · texte numérisé non relu

PASQUIN. MARTON

MARTON

Par ma foy, voilà un vilain petit homme... Et toy. t'imagines-tu que je m'accomode de tes froideurs et de tes absences d'amour ?

PASQUIN

J'aime les moralitez: elles endorment.

marton.

Va, va, traistre. je t'apprendray

PASQUIN

Tu ne sçais ce que tu dis.

MARTON

Comment . à une iiUe comme moy ? Un homme comme toy? scélérat ! infâme !

PASQUIN

Laisse, laisse ces beaux noms, ces noms illustres à l'indigne petit-maistre que je sers ; donne-m'en de plus doux, et qui me conviennent.

A toy des noms plus doux ?

PASQUIN

Ah! pardon ma fille: j'ay la teste si pleine des folies de Moncade

MARTON

Et des tiennes.

PASQUIN

que, sans penser seulement que tu

feusses-là

MARTON

Manière de justification assez obligeante; je t'en tiendray compte.

PASQUIN

je te redisois les mesmes paroles qu'il

m'a dites, lorsque j'ay vouleu fronder sa conduite.

MARTON

Je le croy ; tu sçais que j'ay à me plaindre de toy. et que je trouve fort mauvais

PASQUIN

Suis-je bien, Marton?

8o L HOMME

Ah ! traistre. tu copies Moncade Mais ne

pense pas que je sois assez folle pour copier Lucinde.

PASQUIN

Adieu, mon enfant: je vous donne le bon jour.

MARTON

La peste soit du maroufle !

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