PASQUIN. MARTON
MARTON
Par ma foy, voilà un vilain petit homme... Et toy. t'imagines-tu que je m'accomode de tes froideurs et de tes absences d'amour ?
PASQUIN
J'aime les moralitez: elles endorment.
marton.
Va, va, traistre. je t'apprendray
PASQUIN
Tu ne sçais ce que tu dis.
MARTON
Comment . à une iiUe comme moy ? Un homme comme toy? scélérat ! infâme !
PASQUIN
Laisse, laisse ces beaux noms, ces noms illustres à l'indigne petit-maistre que je sers ; donne-m'en de plus doux, et qui me conviennent.
A toy des noms plus doux ?
PASQUIN
Ah! pardon ma fille: j'ay la teste si pleine des folies de Moncade
MARTON
Et des tiennes.
PASQUIN
que, sans penser seulement que tu
feusses-là
MARTON
Manière de justification assez obligeante; je t'en tiendray compte.
PASQUIN
je te redisois les mesmes paroles qu'il
m'a dites, lorsque j'ay vouleu fronder sa conduite.
MARTON
Je le croy ; tu sçais que j'ay à me plaindre de toy. et que je trouve fort mauvais
PASQUIN
Suis-je bien, Marton?
8o L HOMME
Ah ! traistre. tu copies Moncade Mais ne
pense pas que je sois assez folle pour copier Lucinde.
PASQUIN
Adieu, mon enfant: je vous donne le bon jour.
MARTON
La peste soit du maroufle !