‹ L'homme à bonnes fortunesChapitre 37 sur 61 · MONCADE. ERASTE · texte numérisé non relu

MONCADE. ERASTE

ERASTE

Ah ! mon cher Moncade, que je suis ravy !

MONCADE

Hé de quoy, Eraste?

ERASTE

De ce que Ton vient de me dire.

MONCADE

Hé ! que vous a-t-on dit?

ERASTE

Que vous aimez ma sœur.

MONCADE

Cela est vray.

ERASTE

Oh bien, je viens vous asseurer qu'il ne tiendra qu'à vous que nous ne soyons bientost heureux tous deux.

MONCADE

Hé ! comment?

Je vous promets, si vous voulez, d'employer tout le crédit que j ay sur elle pour la faire consentir à vous espouser.

MONCADE

Je ne veux point me marier.

ERASTE

Comment donc ?

MONCADE

Cela est ainsy.

ERASTE

Ne m'avez-vous pas dit que vous aimez ma sœur?

MONCADE

J'en demeure d'accord.

ERASTE

Hé ! que prétendiez-vous en l'aimant ?

MONCADE

L'aimer.

ERASTE

Moncade?...

MONCADE

Vous n'y songez pas ?

MONCADE

Pardonnez-moy.

ERASTE

Vous aimiez ma sœur et ne songiez point à Tespouser?

MONCADE

Espouse-t-on toutes celles qu'on aime?

ERASTE

Il y a de certaines gens qu'on feroit mieux de ne pas aimer, avec de pareils sentimens.

MONCADE

C'est ce que je voulois voir.

ERASTE

Vous perdez le sens.

MONCADE

Je ne v >y pas que c'en soit une bonne marque de ne 'ouloir point se marier.

ERASTE

Adieu, Moncade, vous ne serez peut-estre pas tousjours ny si habile, ny si heureux.

Nous verrons... Parbleu, cela est plaisant. Dans un autre tems, j'eusse peut-estre accepté le party; mais, après le trait que sa sœur vient de me jouer...

Page 1