‹ L'homme à bonnes fortunesChapitre 44 sur 61 · LEONOR, MARTON, LUCINDE · texte numérisé non relu

LEONOR, MARTON, LUCINDE

LUCINDE

Hé bien, Madame, enfin me voilà rendeuë^ et sur le point d'estre désabusée. Hélas ! Où est le tems que l'on m'auroit désobligée de me monstrer Moncade infidèle.

MARTON

Le tems estoit encore ce matin.

LUCINDE

Non, non, Marton, ne vous abusez point; il y a plus d'un jour que je me défie de Moncade. Mais se destache-t-on si aisément?

LEONOR

Escoutez, Madame, pour moy, je ne vous dis plus rien; une erreur qui plaist nous contente. Un autre estât vous semblera plus rude; je ne veux point empoisonner tout le repos de vostre vie.

LUCINDE

Non, non, Madame, non; achevons; il est tems. Je ne me trouverois peut-estre de ma vie dans les sentimens où je suis, et je suis lasse d'estre plainte.

MARTON

Ah! voilà qui va bien. Voilà une femme, cela ! Courage, Madame !

Je croy qu'il est chez Belise : j'ay entendeu son petit nepveu. Si j'y envoyois?

MARTOX.

A quoy cela seroit-il bon? Ms ne vous le diront point, et vous les rendrez plus heureux qu'ils ne sont.

LUCINDE

Fais donc tout ce que tu voudras.

MARTON

Je ne feray que ce que j'ay dit. Voilà Ergaste bien à propos : c'est l'homme dont je vous avois parlé.

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