‹ L'homme à bonnes fortunesChapitre 56 sur 61 · LEONOR, LUCINDE, MARTON, ERASTE, ARAMINTE , CTDALISE · texte numérisé non relu

LEONOR, LUCINDE, MARTON, ERASTE, ARAMINTE , CTDALISE

Ah! Mesdames, que je suis ravye de vous voir icy ! Vous ne pouviez y arriver plus à propos.

ARAMINTE

Pourquoy donc, Madame?

CIDALISE

Hé comment. Madame?

MARTON

: Nous allons jouer à Colin-Maillard ; ne dites rien.

LUCINDE

Et sur-tout vous. Madame.

ARAMINTE

Si c'est quelque chose qui regarde Moncade, comme m'a dit Eraste, Madame y pourroit prendre autant de part que moy.

LEONOR

Cidalise seroit-elle aussy rivale de Lucinde?

CIDALISE

Moy ? je ne scay ce que Ion me veut dire seulement.

MARTON

Allez, allez, Madame, avouez la dette. Il n'y en a point icy que Moncade n'aist trompées.

En vérité, cela mérite une punition publique.

LUCINDE

Vous ne vous y prenez pas mal, Monsieur. Mais aussy, sa gloire en sera plus grande, s'il n'est point tel que vous vous imaginez?

CIDALISE

Je ne sçay ce que veut dire cecy.

LEONOR

(Elle se retire dans un coin du théâtre avec

Cidalise.) Je vais vous en instruire. Madame.

LUCINDE. à Leonor.

Mais, Madame, si Moncade ne vient point, à quoy cela sera-t-il bon ?

MARTON

Hé bien, voilà un grand mal! Madame n'est-elle pas partie intéressée?

ARAMINTE

Je veux sçavoir tout cela aussy, moy; on ne me l'a dit qu'imparfaitement.

(Elle va trouver Leonor et Cidalise.)

ibb L HOMME

LUCINDE

Eraste, l'heure se passe; Moncade ne vient point ; je vous avoue que je ne serois point faschée qu'il se feust mocqué de vous.

ERASTE

J'auray du moins la consolation, Madame, de connoistre qu'il mérite la tendresse que vous avez pour luy. Mais, je ne voy pas encore ce qui doit tant vous faire espérer. Il n"est encore que neuf heures

Cidalise, Leonor et Araminte reviennent.

ARAMINTE

En vérité, cela est plaisant !

CIDALISE

Seroit-il assez sot pour hazarder la chose r

MARTON

Oh que oûy.

LUCINDE

J'en doubte, Marton; un homme du caractère dont vous voulez qu'il soit seroit plus diligent.

MARTON

A moins qu'une autre femme ne le retienne, je ne conçois pas ce qui le peut arrester.

LUCINDE

Eraste, il ne vient point, (a Leonor) Madame, il ne vient point, à Cidalise^. Madame^ croyez-vous qu'il vienne?

CIDALISE

En vérité, je ne sçay, Madame.

MARTON

Les premiers jours, manquoit-il aux rendezvous que vous lui donniez r

CIDALISE

Oh! taisez-vous. Marton : je me fascherois.

LEONOR

J'entens du bruit.

Page 1