‹ L'homme amâericain de l'Amâerique mâeridionaleChapitre 86 sur 117 · SAUVAGES · texte numérisé non relu

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Guaranis

Botocudos

Nous n'étendrons pas plus loin nos généralités sur les Brasilio-Guaraniens. La description de la nation guaranie les renfermant toutes à elle seule, pour les caractères physiques et moraux, nous y renvoyons pour éviter les redites.

NATION GUARANIE.

Ce nom , porté d'abord par certaines tribus de celle grande nation, est ensuite devenu celui de la nation entière, et s'est vu, comme tel, admis dans presque toutes les langues. Nous croyons , avec ceux qui se sont trouvés plus à portée que nous d'étudier le guarani, que cette dénomination est une corruption du mot Guarinî l (guerre et guerrier) ; car nous le retrouvons, sous d'autres formes, dans les mots Galibi2 (Caribi) ,

1. Tesoro de la lengua guarani, par le père Antonio Ruiz (1639), p. 130. Guarani, guerra (guerre); Guariny-hara , guerero (guerrier).

M. d'Angelis (Table de la Jrgentina de Rui Diaz de Guzman, p. 40), croit que Guarani vient de gua, peinture; de ra, tacheté, et de ni, signe du pluriel, ce qui signifierait les tachetés de peinture, ou ceux qui se peignent; mais nous ne voyons pas pourquoi l'on irait dénaturer les mots, les mettre pour ainsi dire à la torture, pour trouver une étymologie autre que celle que nous donnent les Dictionnaires , écrits par des hommes qui possédaient parfaitement la langue.

2. C'est évidemment une corruption du même mot. Nous ne croyons pas que Galibi soit une transformation de Caribe; ce serait le contraire, si l'on admet notre négative. D'ailleurs il n'y a réellement, dans ce nom, d'autre changement que celui de gua en ca.

Caribe1 ou Caraïbe2, qui n'en sont que des formes plus altérées encore, s'appliquant aux diverses tribus de la nation , qui se targuaient d'être les plus guerrières.

Avant de parler de l'extension du terrain occupé par cette nation, il est indispensable d'établir, en dehors des lieux que nous avons visités, les traces de ses migrations anciennes et modernes, en jetant, de proche en proche, des jalons dans les limites desquels on pourra renfermer la nation entière, telle que nous la comprenons. Nous partirons de laPlata, ses limites les plus méridionales, pour prendre ensuite ses points les plus occidentaux. D'après les historiens, nul doute qu'elle n'ait habité les îles du Parana à son embou-

1. Caribe. D'y près les observations de M. de Humboldt (t. 111, p. 359), cette nation se nommerait elle-même Carina. En supposant, comme pour les Galibis, que la première syllabe gua ait été changée en ca, comme il arrive souvent, et comme nous l'avons observé chez d'autres tribus des Guaranis, il n'y aurait d'autres différences entre Guarini ou Carini et Carina,que la terminaison en a. D'ailleurs, Rochefort lève les difficultés en disant (Hisl. des Ant., p. 455) que Caribe signifie guerrier ; ce serait donc absolument le mot guarani.

2. On sait que le mot Caraïbe, adopté par les Français et par les Allemands, n'est qu'une corruption du mot caribe, admis seulement dans ces langues, et analogue au changement de London en Londres, de Paris en Parigi, etc.

( 270 ) chure, et le lieu nommé aujourd'hui San-Isidro ', au 34.e degré de latitude sud. Si nous suivons, en le remontant, le Rio Parana, nous retrouvons des Guaranis, sous le nom de Mbégnas2 et de Timbuez^, au Barradero; plus haut, vers l'ancien fort de Santi- Espiritu, sous celui de Cardcards^. Nous les avons vus à Corrientes, au confluent du Rio Parana et du Paraguay, où ils se nommaient anciennement Tapés*, et formaient jadis, comme maintenant encore, la masse de la population. On sait combien ils étaient nombreux sur le territoire occupé aujourd'hui par la capitale du Paraguay où, du temps de la conquête, ils étaient plus généralement connus sous le nom de Carios. 6 D'après le rapport le plus unanime des historiens 7,

1. Voyez Fundacion de la ciudad de Buenos- Ayres , por Juan de Garay, 1582 (première répartition des Indiens, p. 27 ) , où l'on donne en propriété aux fondateurs les Guaranis des îles. {Collection de M. d'Angelis, et Azara, Voyage dans l'Amer, mérid. , t. II, p. 53.)

2. Rui Diaz de Guzman, Ârgentina, p. 133. (Ecrite en 1602, imprimée à Buenos- A vres , en 1835.)

3. Schmidel, Viage al Rio de la Plata, en 1534. Édition de Buenos-Ayres , p. 11.

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