‹ L'homme amâericain de l'Amâerique mâeridionaleChapitre 95 sur 117 · Rui Diaz de Guzman, p · texte numérisé non relu

Rui Diaz de Guzman, p

Padre Guevarra, Historia del Paraguay, Rio de la Plata y Tucuman, p. 96, 6.

qu'ils ont pu suivre , et cherchons le point où ils se sont arrêtés. Presque toujours stationnaire, l'homme que la nature a placé au sein de forêts épaisses, ne saurait se représenter des régions lointaines ; aussi croyons-nous que trois circonstances locales distinctes peuvent seules engager un peuple à voyager, en lui révélant l'étendue du sol qu'il habite: 1.° le littoral de la mer dont le vaste horizon lui montre sans cesse des terres nouvelles : à peine a-t-il doublé un cap, qu'il en découvre un nouveau , et l'éloignement même de cette terre, encore perdue à l'horizon, lui inspire le désir de la connaître; 2.° le cours d'un fleuve qui, par le volume de ses eaux , lui dévoile une extension immense, une contrée inconnue, qu'il poursuit soit en le remontant, soit en le descendant; 3.° enfin, une plaine qui , facilement franchie , lui permet d'apercevoir au loin des collines, des montagnes, annonçant un pays nouveau. Stimulés par l'espoir de montrer leur courage, par le désir de conquérir de nouvelles compagnes, dont la possession était un honneur, les Guaranis ont émigré, en suivant les trois roules que nous venons de tracer.

Vers le sud , nous les voyons s'arrêter au lac Mirim , où les fiers Charruas, plus guerriers qu'eux encore, les empêchaient d'atteindre les rives de la Plata; mais des provinces des missions de Corrientes ou du Paraguay, descendant le cours du Paraguay et du Parana, ils sont venus, par tribus, s'enclaver au milieu des nations belliqueuses des plaines. C'est ainsi,

sans doute , que , sous le nom de Gualachos 1 , ils ont habile les îles du Rio de Coronda , au-dessous de Sanla-Fe; que sous celui de Cardcards2 ils se sont fixés à Santi-Espiritu; au Baradero, sous celui deTimbuès et sous celui de Mbéguas3; et qu'enfin ils sont arrivés jusqu'aux nombreuses îles qui obstruent la jonction du Parana et du Rio Uruguay, sur les bords delà Plata, près de Buenos-Ayres4. C'est encore du Paraguay, mais à une époque connue (1541), qu'on vit un corps de 4,000 5 Guaranis traverser le Chaco , sous prétexte de fuir le châtiment dont les Portugais menaçaient les meurtriers d'Alexo Garcia 6; et, franchissant les plaines, aller à près de deux cents lieues au nord-ouest se fixer, sous le nom de Chiriguanos, au pied oriental des Andes boliviennes, où nous les avons retrouvés. Enfin, peut-être antérieurement, les Sirio-

1 . Argentina de Rui Diaz de Guzman , p. 1 0. Schmidel, p. 13.

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