‹ L'homme aux 160 millionsChapitre 28 sur 43 · NICOLAS, MANON · texte numérisé non relu

NICOLAS, MANON

NICOLAS, tombant dans un fauteuil, à gauche. J'étouffe décolère !

MANON

Nicolas, faut le venger de tous ces turcarelslà!..

NicoLÂS, se levant.

Oui, Manon, vengeons-nous!.. Je vais donner ma démission !.. {Il remonte.)

MANON , l'arrêtant.

Un instant... elle roi... qu'est-ce qu'il dirait?

NICOLAS

Ah ! diable !.. au fait, il ne connaît que moi, ce brave homme!... c'est avec lui que j'ai signé le bail!... {Passant à droite et se grattant le front.) Que qu'nous pourrions donc faire ?..

MANON '**

jjg'J'y suis !... Ce matin on fa jeté des pierres... Eh ben ! avant ce soir, on te portera en triomphe. {Montrant la table.) Mets-toi là, et travaillons au soulagement du peuple...

NICOLAS

T'as raison,., soulageons-le, ce bon peuple !.. Mais par quel moyen ?...

MANON

Ecris des Nicolas Salzard en masse. . . Nous allons changer le système des impôts, et faire marcher droit la Ferme.

NICOLAS, passant à gauche "*'.

Ça va !... {S'arrdtant.) Eh! mais, dis donc... est-ce que j'ai le droit de...

Si t'as le droit?.. 11 n'y a pas de doute... Tu es plus qu'eux tous... Tu os comme qui dirait un principal locataire qui sous-loue.

NICOLAS

Mais , au fait , comme me disait l'abbé Terray ce matin : la caisse des Fermes est toujours obligée de payer sur ma signature... Il a même ajouté que tous les fermiers n'étaient que des ladres et des fesse-mathiou , et qu'il n'attendait qu'une occasion pour tomber dessus.

MANON *

Tu vois bien que lu vas au devant de ses désirs... (//s vont tous deux s'asseoir à la table, Manon du coté de la coulisse et Nicolas en face d'elle. — Pendant ce qui suit, Manon écrit et passe au fur et à mesure les ordonnances à J^ icolas, qui les signe.) Il faut diminuer les droits... (^luand on pense que le sel est à dix-sept sous la livre !..

NICOLAS

A dix-sept sous!.. Ta parole?.. A six liards le sel !.. {Manon écrit, il signe.)

MANON, écrivant.

Et le beurre ?

NICOLAS, signant.

Dégrevé !

MANON

Et les œufs ?

NICOLAS

Dégrevés !

Et la volaille ?

NICOLAS

Dégrevée:

MANON

Et la marée ?

NICOLAS

Dégrevée, la marée : Je veux que le simple artisan puisse manger de la morue aux pommes de terre et des harengs-saurs coninic le duc et pair.

MANON

Quant aux bestiaux !...

NICOLAS

Toutes les bêles à cornes entreront pour n'en !

MANON

Hein ! comme les bourgeois de Paris vont le bénir !..

NICOLAS

Dégrevés, les bestiaux!.. Le vin ne paiera rien iion plus !..

MANON

Ah! pendant que nous y sommes , diminuons aussi les tabacs.

NICOLAS

A deux SOUS la livre, le tabac...

Ça les fera fumer.

NICOLAS

5Iai, j'y songe encore... Il ne faut plus que les * M. N.

belles voitures à armoiries passent à la barrière sans ôtre visitées.

MANON

C'est juste.

NICOLAS

Je .=uis sûr que les grandes dames de la cour cachent de la contrebande dans leurs toilettes.... Qu'où fouille tous les paniers !

MANON

Qu'on découse toutes les robes à queues ! (Passant le papier à Nicolas.) C'est écrit !

NICOLAS

C'est signé!.. (Avec satisfaction.) Ah !.. MANON, se levant et passant à droite.

Ah !..

NICOLAS, se levant. * Je ne vois plus rien pour le quart d'heure.

MANON

Laisse donc... et les abus à déraciner... et les injustices à réparer !..

NICOLAS

Ah! t'as raison... (Signant deux papiers qu'il donne à Manon.) Tiens , v'Ià deux signatures en blanc... Situ trouves quelque bonne action à faire, tu sais , on remplit le mandat... on se présente à la caisse... et tout est dit.

MANON

Maintenant, appelons nos employés , et transraetlons-lour nos ordres.

NICOLAS

C'est ça ; sonnons ces drôles. (Ils sonnent à droite et à gauche de toutes leurs forces. — Criant.) Les employés de la première division ! MANON, criant.

Les employés de la deuxième division 1

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