‹ L'homme criminelChapitre 20 sur 315 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

Suivant Piclcl le mot crimen (crime) dériverait du mot sanscrit karman qui équivaut ù action — Icvi, faire. (Yanicek n'admet pas cette étymologic et fait dériver crimen de kru, entendre; croemen, accusalio). Dans tous les cas il y a le mot afaz qui veut dire en sanscrit féché et qui semble correspondre à apas, œuvre, opus

— (et le mot latin facinus vient de facere) — culim dériverait, selon Pictct et Pott, de kalji, klrp , en sanscrit faire, exécuter.

Il n'y a donc pas dans l'origine une différence bien nette entre l'action et le crime.

Selon Pictet « il y a dans le sanscrit une centaine de racines qui expriment l'idée de tuer, de blesser (quelquesrunes sont arrivées jusqu'à nous, comme par exemple mar, mori, nac, han), sans compter les dérivations se- .condaires. C'est là, dit-il, un phénomène difficile à expliquer». — Pour nous, nous le trouvons au contraire ircs-nalurel , considérant qu'il en est de même des ar- !gols. Les synonymes abondent pour les actes qui se irépôtent le plus souvent.

Toutes les langues s'accordent à nous présenter la rapine (Gt le meurtre comme la source première de la propriété.

— En latin prœdium dérive de prœdari.

Paris, 1879. — Id., Histoire des Tasmaniens , Journal des savants, 1878. — Dictionnaire des sciences anthropologiques , Paris, 1881, 1882. — Spencer, Principes de sociologie , Paris, 1878. — Tïlor, La civilisation primitive, Paris, 1876-78, 2 volumes. — C. Voot, Anthropophagie et sacrifices humains, Bologne, 1873. (Extrait des comptes-rendus du Congrès international d'Anthropologie et d'Archéologie préhistoriques). — N. Marselli, Origini delV umanità , ïorino, 1879. — Doumas, JjBS chevaux du Sahara, 1853. — Scuortt, Transaction of thc Etnological Society, VII. — Davv, Ceylan. — Eaiii-e, Résidence in New Zealand. — Novara- Keise, Wien, 1857-58. — Loiseleur, Les crimes et les peines^ 1883.

PREMlillRE PARTIE

En sanscrit kshi exprime ridée d'anéantir, de finir, de tuer, de dévaster, de posséder. — Ska-S/d, ksit^ signifient habiter, rendre iiabitable, et ska, offenser^ anéantir; ski, voler. (Vanicek, ii; Bôttlingk).

Amahi (copte) a le sens d'arracher, chasser, posséder; moon (copte) celui de pêcher, chasser au rivage, prendra par force, demeurer,

Jarass en hébreu veut dire prit, expulsa, posséda; — Bazan et akas arracha, pilla, posséda. — En péruvien (TsciiuDi, I. c.) coran signifie chassa, guerroya, posséda etc. — En tahilien tao, lance et propriété; champi, héros et voleur.

Le mot sanscrit gur, vaincre et manger — deux acte? communément associés dans les coutumes des tribus nègres — rappelle le pau tahitien, qui veut dire être vaincu, être mangé, et fait entrevoir quel but moral avaient les batailles. De même le mot sanscrit ga-vislita, guerre et recherche de vaches, démontre le but des entreprises guerrières de l'époque.

Le fur latin, voleur (qui selon Vanicek dérive de bahi\ porter), comme le ganav hébreu, comme le sten sanscrit , correspond à mettre de côté , cacher, couvrir (gonav). De même xXetttuu en grec veut dire cacher et voler et dériverait à son tour de harp-hlap qui signifie en sanscrit cacher et voler. (Vanicek, op. cit.). Et le ireipauj grec (d'où vient le mot pirate) veut dire risquer.

En allemand stehlen, voler, a le sens étymologique de cacher; le sbiàla suédois, qui s'employait autrefois pour rendre l'idée de cacher, a acquis, aujourd'hui, la signification de voler. En latin latro (-onis) vient de latet, être caché; cela se rapporte du reste ;\ l'habitude qu'ont les voleurs de se cacher pour tendre des pièges, des guet-apens.

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