CHAPITRE
si large source de criminels précoces, serait l'unique moyen de faire disparaître le criminel-né, ce malheureux qui, d'après les faits que nous rapporterons, est absolument incurable.
Et si, partant de là, nous nous rencontrons avec Roussel, Barzillai et Ferri pour blâmer les maisons de correction, que l'on pourrait, hélas! appeler justement des officines de corruption, nous croyons qu'il y aurait pour le pays un immense avantage à fonder à leur place des maisons pour les fous criminels, ou, mieux encore, un asile perpétuel pour les mineurs affectés de tendances criminelles obstinées ou de folie morale.
Pour eux, l'asile criminel devient utile autant et même plus que pour les adultes, car il étouffe dès leur naissance les effets de ces tendances auxquelles nous ne prétons, malheureusement notre attention que quand elles sont devenues irrémédiables et fatales.
Et ce n'est point là une idée nouvelle ou révolutionnaire; sous une forme plus radicale et moins humanitaire la Bible l'avait déjà proclamée, quand elle ordonnait au père de faire lapider par les Anciens son fils méchant, ivrogne et rebelle à la voix de ses parents et à leurs corrections (i). L'éducation peut, en effet, empêcher une bonne nature de passer du crime infantile et transitoire au crime habituel — mais elle ne peut changer ceux qui sont nés avec des instincts pervers.
(1) Deuter. xxt.