‹ L'homme d'oraison (volume 2)Chapitre 138 sur 144 · IV. CONSIDERATION · texte numérisé non relu

IV. CONSIDERATION

Si nous nous jugions nous-mêmes > nous ne serions point jugés (1).

0 favorable jugement, qui me soustrait et me cache au jugement rigoureux et sévère de mon Dieu! je tremble de jpeur de tomber dans les mains de Dieu vivant. Je veux absolument faire en sorte que je sois présenté déjà devant lui tout jugé, et non pas pour être jugé dans sa colère. C'est pourquoi je jugerai également tous mes crimes et toutes mes bonnes œuvres. Je rechercherai exactement tous mes déportements et mes affections , afin que celui qui recherchera Jérusalem avec le flambeau , ne trouve rien en moi qui ne soit examiné et discuté (2). Et saint Augustin (3) : Examinons nos consciences, de peur d'entendre une si dure et si terrible sentence devant le tribunal de ce juge éternel ; et s'il reste quelques crimes qui ne soient point effacés ni purifiés par nos aumônes ni par nos prières , mais qui aient encore empire sur nous, hâtons-nous avec le secours de Jésus-Christ d'entrer dans le port de la pénitence , en surmontant nos vices qui nous agitent comme des flots. Que si nous trouvons quelque chose dans le vaisseau de notre

nans, verîim et ipsi judici persuadens ut reo patrocinium praestet et pro eo ferat senlentiam. S. Chrysost. homiU 33. ad populum.

(1) Si nosmetipsos dijudicaremus, non utiquè judicaremur. 1. Cor. II.

(2) Bonum judicium, quod me illi districlodivinoque judicio subducit et abscondit. Prorsùs horreo incidere in manus Dei vivcnlis ; volo vultui irae judicatus prœsenlari , non judicandus. Judicabo proindè malamea, judicabo et bona. Scrutabor vias meas et studia raea , quô is qui scrutaturus est Jérusalem in lucernis, nihil inscrutatum in me sive indiscussum inveniat. S, Bern. serm. 55. in Cant,

(3) S. Au§. serm, ISl.de tempore.

LECTUREi SPIRITUELLES. 301

âme , qui soit rompu par la tempête et par la violence des vagues, je veux dire de nos passions déréglées, tâchons de le raccommoder au plus tôt, et de le réparer par nos bonnes œuvres, vidant sans cesse la senlino de nos péchés, de pour que la multitude ne nous enfonce dans l'abîme.

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