‹ L'homme d'oraison (volume 3)Chapitre 102 sur 164 · II. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

II. CONSIDÉRATION

Les rois de la terre n'ont pas plus de pouvoir sur le

(i) Qui praicipit soli , et non oritur, et slellas claudit sub signacuio.

(2) Stella vocalœ sunt et dixerunt : Adsumus ; et luxerunt ei cum jucunditate. Baruch. 3.

(3) Ordînatioije tuà persévérât dies ; quoniam omnia serviunf tibi. Psalm. U8.

(4) Et yidi wBlum novum , et terram novam. Primum emirt cœlum , et prima terra abiit , et mare jam non est.... Et dixit quisedebalin throno : Ecce nova facio omnia. Apoc. 21. 1, 5.

(5) Qui facit magna et incomprehensibilia, etmirabilia3 quorum non estnumerus. Job. 9* 10.

feu , qui est le premier de tous les éléments, que sur le ciel. Ochosias dépêche un capitaine de cinquante soldats à Élie, qui était sur le haut d'une montagne . pour le faire venir à son palais (1). Cet homme vain ne daignant pas prendre la peine de monter , pour rendre au prophète l'honneur qu'il lui devait, lui crie d'en bas : Homme de Dieu , descends promptement, le roi t'appelle. ;Élie , indigné de cette irrévérence, qui était faite plutôt à Dieu qu'à son ministre , lui repart à l'instant : Si je suis homme de Dieu , que le feu du ciel descende sur toi, et te dévore avec tes gens. Aussifôl sa parole fut suivie de l'effet. Qui commande au feu d'obéir contre son inclination naturelle? est-ce le roi, ou le prophète , ou plutôt le Dieu du prophète ? Nab > chodonosor fait allumer le feu de la fournaise de Ba- ^ylone, et commande qu'on y jett^ces généreux enfants , qui refusaient d'adorer sa statue. Mais le feu se montrant plus sage que le roi dans le discernement des serviteurs de Dieu d'avec les officiers et les ministres de cet impie -, s'élance de furie sur ceux-ci, et les dévore Suiis leur tfonr b temps de se sauver à la fuite : au lieu qu'il respecte ces jeunes hommes , cl s'ouvrant miraculeusement pour leur faire place , il forme sur leur tête une espèce de voûte comme d'un ciel tout brillant de lumière ; et bien loin de leur nuire, ils, change pour eux en un doux zéphir et une délicieuse rosée , pendant qu'ils chantent les louanges de leur libérateur , qui parait au milieu d'eux en forme humaine, k qui sert cet élément impérieux , et quei pouvoir reconnaît-il? celui du prince , ou de Dieu ? on en peut juger par redit solennel que Nabuchodonosor, nrpris de ce miracle, fit publier , dont voici le sens : « Le Très-Haut a fait des prodiges dans mon royaume. » C'est pourquoi nous avons ordonné qu'on publiât ses » merveilles, parce qu'elles sont étonnantes. Son » royaume est éternel, et su puissance s'étend ft tou-

(i) i. ita? u

» les siècles. » Saint Martin se présenta à l'empereur Valentinien, qui d'abord le reçoit froidement, et ne daigne pas seulement se lever de son siège impérial; mais en même temps le feu prend à son trône, pour l'obliger d'en sortir promptement, et l'avertir de son devoir. Ne peut-on pas dire de saint Martin ce que saint Jean dit d'un ange de l'Apocalypse , qu'il avait pouvoir sur le feu (1) ? mais de qui tenait-il ce pouvoir , sinon de Jésus-Christ ?

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