CIRCONVOLUTIONS DE L'HOMME
rentrée de la vallée de Sylvius, au carrefour des lobes frontal, pariétal et temporal, d'autant plus caché que ces lobes sont plus développés, par conséquent caché chez
FiG. 60. — Face externe de l'hémisphère du cerveau de l'Homme.
F, lobe frontal; P, lobe pariétal; 0, lobe occipital ; T, lobe temporal; C, scissure de Rolando ; S, entrée dans la scissure de Sylvius ; S', sa branche postérieure ou longue ; S", sa branche antérieure, courte et verticale; S'", sa branche antérii-ure courte et horizontale (la lettre fait défaut : S'" fait avec S" un V à sommet postéro-inférieur qui constitue le cap de Broca) ; po, scissure occipitale ; f* ei f*, premier et second sillons frontaux horizontaux; /^, sillon frontal ascendant ou prérolandique; ip, sillon interpariétal; o* et o*, premier et second sillons occipitaux; /* et (*, premier et second sillons temporaux; Fl, F*2 et F3, les trois circonvolutions frontales horizontales; A et B, circonvolutions ascendantes pré et postrolandiques; Pi et P2, les deux circonvolutions pariétales horizontales; 0', 0*, O'', circonvolutions occipitales; Tl, T2, T3, circonvolutions temporales.
THomme, mais aussi chez les Anthropoïdes. Lisse chez les Cébiens, les Pithéciens et le Gibbon, il a trois plis radiés chez le Gorille et TOrang, 4 chez le Chimpanzé et 5 chez THomme.
Les plis de passages, faisant communiquer les première et deuxième circonvolutions pariétales avec les première et deuxième circonvolutions occipilalcs à travers la scissure occipitale, n'ont plus l'intérêt que leur aLIribuaienlGratîoIet et Broca en 1870. Très développés ils sont dils superliciels;
§eu développés ils laissent la scissure entr'ouverteet sont, its profonds. Or l'Homme seul aurait les deux plis, tous
FiG. 61 , — Face inlerne ds l'héniigpfiÈrc <lioit de rifooinie. (La partie liacliÉe
lait partie de la face inférieure. ) CC.ciirpiFalLnii; GP, circonvolution du corpi cillruii, ou cal losn -marginale, ou Forni-
<1 B fronl
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circonTolulion en crochet oi
deux superficiels. Mais, d'une part ils existent, superficiels chez l'Atèle parmi les Singes américains, de l'autre ils existent, superflciels ou profonds, d'un seul côté ou des deux chez plusieurs Pilhéciens et chez les Anthropoïdes. Ils sont moins accusés ou moins constants chez ces derniers, voilà tout. Du reste l'un ou l'aulre peut manquer sur l'Homme, chez l'Européen même. Asselinc, l'un des fondateurs de la Société d'aulopsie mutuelle, était dans ce cas. Le lobe occipital, grand chez les Cëbicns et Pithéciens,
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diminue chez les Anthropoïdes et plus encore cliez l'Homme. En revanche il se circonvolutionne de plus en plus. Presque lisse chez les premiers, ne présentant qu'un à deux plis transverges à sa face externe et contrastant avec le lobe pariétal voisin très plissé, il a été comparé par Gratioiet à une calotte coiffant l'arrière de l'hémisphère. Cette calotte disparaît chez les Anthropoïdes et plus encore chez l'Homme.
Gambetta peut être cité comme une merveille de circonvolutionnement du lobe occipital, et inversement Asseline comme unC exception par la calotte dont il conservait des traces (Mathias-Duval, etc.).
La troisième circonvolution frontale est la plus petite des trois frontales antéro-poslérieures de l'Homme, ainsi que l'y oblige sa situation inférieure; elle donne chez ce dernier le caractère hiérarchique cérébral le plus élevé qu'on lui ait encore découvert. En effet, elle est le siège du langage articulé
qui est propre à rHomme; dans les lésions de cette circonvolution, l'articulation est d'autant plus abolie que celte lésion est plus en arrière.
La troisième circonvolution frontale, ou F3 dans le mode de notation adopté en France, pourrait être appelée aussi marginale inférieure du lobe frontal. Chez les Pilhéciens, elle court en ligne droite du pied de la circonvolution frontale ascendante ou P., à Tangle externe et postérieur du lobule ou de la surface orbltaire (Broca). Chez les Anthropoïdes elle est déjà flexueuse. Chez THomme elle est plus flexueuse encore, spécialement chez les sujets dits distingués. Le premier pli qui s'y montre est ce qu'on appelle la branche horizontale antérieure de Sylvius : il est constant chez tous les Anthropoïdes et chez tous les Hommes. Le second est ce que l'on appelle la branche verticale antérieure de la scissure de Sylvius : il manque chez le Gibbon, est vaguement indiqué chez le Gorille, existe parfois d'un seul ou des deux côtés chez rOrang et le Chimpanzé et ne fait jamais défaut chez l'Homme normal. Entre les deux est un promontoire appelé le cap de la troisième frontale qui existe par conséquent toujours chez l'Homme et parfois (Broca) chez TOrang et le Chimpanzé. D'autres plis, dits de perfectionnement, y apparaissent, mais chez l'Homme seulement. Sur quinze hommes supérieurs, Rudinger a trouvé la branche antérieure de Sylvius sept fois double et huit fois triple du côté gauche. Sur le cerveau de Gambetta, de ce même côté la racine de la troisième frontale est dédoublée par un sillon vertical supplémentaire (Qg. 62).
En somme, parmi lôs caractères mis en avant pour distinguer l'Homme des Anthropoïdes, aucun n'est absolu, tous se réduisent à des questions de degré d'évolution, le degré supérieur se retrouvant quelquefois chez les Anthropoïdes, le degré inférieur quelquefois chez l'Homme. Le plus important comme perfectionnement, est le cap de la troisième circonvolution frontale.
En résumé, les Primates, — auxquels il faut réunir ici les Lémuriens, — se séparent des autresMammifères par les caractères ci-après :
1« Atrophie relative de l'arc antérieur du grand lobe limbique, et complète de ses arcs supérieur et inférieur qui s'annexent au manteau de l'hémisphère ;
2*» Développement considérable du lobe frontal ;