ARTICULATION D£ LA MANDIBULE
les Rongeurs où la distinction en deux racines et une dépression intermédiaire n'existe pas. Chez le Mouton ou le Chevreuil, elle est aplatie, à contours circulaires ou irréguliers, et repose en général sur la racine transverse antérieure seule. Chez les Carnassiers elle prend la forme d'une charnière transversale, par recourbement de Tapophyse postglénoïdienne.
Du côté de la mandibule, le condyle peut se réduire à trois types : le premier antéro-postérieur, mince et grêle comme chez les Rongeurs, le second irrégulier de forme, aplani comme chez le Kangourou et la plupart des Ongulés, par exemple le Bœuf, le troisième, qui est la règle, en tronçon, de cylindre allongé transversalement, par exemple chez le Cheval, le Mouton et les Carnassiers. Chez ceux-ci, il s'ajuste parfois si bien dans la charnière glénoïdienne que, sur le squelette môme, on a de la peine à les séparer; c'est ce qui arrive chez le Raton, le Blaireau.
De là diverses sortes d'articulations : lâx^hes chez les Ongulés, serrées chez les Carnassiers. Les condyles se meuvent d'avant en arrière et d'arrière en avant, surtout chez les Rongeurs, circulairement surface contre surface chez la plupart des Ongulés, et chez les Carnassiers autour d'un axe transversal, ne permettant sans artifice que deux mouvements, l'un d'abaissement, l'autre d'élévation de la mandibule.
Chez les Singes, la surface de la racine transverse antérieure est aplatie, il n'y a le plus souvent qu'une trace de fosse glénoïdienne, l'apophyse postglénoïdienne existe toujours, parfois longue et forte comme chez le Hurleur, les condyles sont transversaux, en cylindre et exécutent des mouvements étendus sur la surface glénoïdienne. A en juger par leur articulation, on les dirait plus herbivores que carnivores, par exemple frugivores ou granivores.
Chez l'Homme, l'articulation a des caractères propres. Elle se compose de deux parties distinctes : l'une antérieure, étroite, convexe, formée par la racine antérieure transverse, l'autre postérieure concave, qui est la fosse glénoïdienne, fosse comme n'en possède aucun autre Mammifère. Pas d'apophyse postglénoïdienne, condyles transversaux comme nous le dirons plus loin. Le complément de l'étude de cette articulation chez l'Homme, comme chez les autres animaux, serait celle du ménisque flbro-cartilagineux qui modifie quelques-unes des appropriations précédentes. L'Homme, en effet, peut déplacer ses condyles dans le sens antéro-posté-
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rieur en deux seos opposés pour rabaissement et Télévation de la mandibule, et latéralement par artifice; c'est une articulation à tout faire.
Quant aux Anthropoïdes, ils ont un type propre, plus éloigné de THomme que des Singes. Le Gorille et TOrang surtout sont très remarquables sous ce rapport. En arrière, il y a une apophyse postglénoïdienne énorme, comme cha* les Carnassiers. Puis une dépression transversale, qui ne rappelle en rien la cavité glénoïdienne de THomme: pas de talus en avant, mais un passage insensible à la région de la racine transverse antérieure qui est affaissée, presque aplatie comme sur la plupart des Ongulés, élargie en tous sens, excavée à son côté interne et formée par une grosse apophyse intra-glénoïdienne. C'est une disposition à la fois d'herbivore et de Carnivore, mais plus analogue en arrière à la disposition des Carnassiers.
Angle des condjies. — Quelle quc soit Icur forme, allongée, circulaire et aplatie, ou transversale, les condyles de la mandibule offrent toujours, au moins dans l'une de leurs parties, un renflement transversal ayant un grand axe, qui, — dans les cas les plus typiques, comme les Carnassiers, les Rongeurs, les Ongulés, — est sensiblement perpendiculaire à la direction de chaque moitié correspondante de la mandibule. Prolongés, ces axes se réunissent, par exception un peu en avant, toujours a-t-on le droit de dire en arrière, près ou loin. L'angle qui en résulte est de 12<» chez un Lapin, de 145 chez l'Homme, de 146 chez les Singes, de 166 chez les Ongulés mesurés, de 172 chez les Anthropoïdes et de 174 chez les Carnassiers. Chez le Blaireau et le Renard en particulier, les deux condyles se continuent suivant une môme ligne. Par ce caractère les Hommes se rapprochent donc des Singes et s'éloignent des Anthropoïdes qui font presque cause commune avecies Carnassiers. Chez le Gorille en particulier les variations vont de 153 à 195% la moyenne étant de 171.
iients. — Ces organes sont de ceux que les naturalistes mettent le plus à contribution pour distinguer les genres, familles et ordres, et que les transformistes invoquent davantage pour établir les descendances et démontrer les lois d'adaptation au genre de vie.
Les dents sont des productions de la muqueuse buccale, au même titre que les écailles, les piquants, les cheveux,