‹ L'homme dans la nature (volume 2)Chapitre 149 sur 176 · DENTS CHEZ L*HOMME ET LES ANTHROPOÏDES · texte numérisé non relu

DENTS CHEZ L*HOMME ET LES ANTHROPOÏDES

chiffre de cinq tubercules se rencontre de part et d'autre, notamment à la mâchoire inférieure, spécialement sur la troisième grosse molaire. Toutefois le chiffre de quatre se rencontre plus fréquemment dans les races humaines supérieures et celui de cinq dans les races inférieures;

4<' La canine, longue, pointue et un peu courbée, dépasse, en règle générale, les autres dents. Parmi les espèces où c'est le plus prononcé, il faut placer les Cynocéphales, le Colobe, le Gorille ; et parmi les exceptions le Cercopithèque, rOrang. Ce caractère réunit les Singes et les Anthropoïdes et les sépare de l'Homme ;

b"" Un petit intervalle appelé diastema existe en haut, entre la canine et l'incisive latérale, sur la généralité des Singes, y compris les Anthropoïdes. Cet intervalle manque entièrement chez l'Homme.

Voici comment les choses se présentent :

Normalement, ce point est l'endroit où se réunissent la pièce incisive, ou inlermaxillaire, et la pièce canine de l'embryogénie, au maxillaire supérieur. A mesure que la face se développe chez les Singes, il s'y dessine un intervalle qui est en grande partie subordonné au degré d'écartement des dents antérieures; chez les adultes, ou cet intervalle fait défaut ou il se développe. Chez les Anthropoïdes, il est nul sur la plupart des Gorilles, qui ont les dents assez serrées, et marqué chez le Chimpanzé et surtout TOrang, qui ont toutes les incisives et les canines écartées. Chez le Chimpanzé, aux dents inférieures qui sont écartées aussi, un intervalle plus fort sépare ainsi la canine de l'incisive latérale.

En somme, le diastema, n'est qu'une des conséquences des dents un peu espacées ; s'il se produit plus visible au niveau en question, c'est qu'il y a en ce point une cause physiologique prédisposante. Chez l'Homme qui a toutes les dents serrées, trop serrées même, il ne se produit pas de diastema à la mâchoire supérieure ni, à plus forte raison, à l'inférieure. On ne confondra pas ce caractère avec le creux qui se forme chez les Singes à fortes canines, en haut entre la canine et la seconde incisive, en bas entre la canine et la première petite molaire ; ce creux est dû à l'usure mécanique de ces dents par la canine au-dessus ou au-dessous. On ne dira pas non plus que le diastema, quand il existe, est dû à la pression de la canine qui est vis-à-vis , car bien des Singes à longues canines n'ont pas de diastema, et jamais on n'en trouve à la mâchoire inférieure entre la canine et la première

APOPHYSE MASTOIDE.

prémolaire. Quoi qu'il en soit, le diastema, peu, pas ou très marqué, établit un caractère difTérentiel entre les Singes et les Anthropoïdes d'une part, l'Homme d'autre part.

En résumé, le système dentaire dans ses traits généraux réunit les Singes, notamment les Pithéciens les Anthropoïdes et l'Homme. Lorsqu'on entre dans certams détails, il sépare les Anthropoïdes de l'Homme

Apophrsc nnatoMe. — L'Homme seul possède cette apophyse avec la forme que nous lui i onnaissons, et voici comment :

Chez les Mammifères la crête inio-mastoidienne, qui joue un si grand rôle dans la physionomie du crâne, commence à l'inion, se porte circulairement en dehors et atteint un point situé en arrière et audessous du trou auditif Là elle se divise en une branche qui passe audessus de ce trou pour former la racine longitudinale de l'arcade zygomatique, et une autre branche parfois effacée qui descend verticalement derrière ce trou Toute la partie en arrière de celle-ci, jusqu'à la suture occipitale, est la région mastoïdienne : tantôt étroite, allongée et formant même parfois un os spécial mobile, l'épiothique des Vertébrés inférieurs, tantôt large et aplatie sans aucun relief, tantôt large, convexe et comme soufflée.

L'oreille moyenne, ou caisse du tympan, est une cavité pleine d'air qui s'ouvre en avant dans le pharynx par la trompe de Fallopc, et communique en dessous, en arrière ou par d'autres points avec les cellules des os voisins quels qu'ils soient. Ces cellules jouent dans l'audition un rôle analogue h celui des sinus dans l'olfaction et se prolongent capricieusement çà et là sans respecter même les sutures voisines. Elles s'étendent ainsi à travers l'os mastoïdien jusqu'aux apophyses para-mastoïdes et même

FiG 99 — Os temporal de l'Homme;

leuse 2, apoph;M ijgomaliqua Dide 6, apophyse stjloide; T exUrae; S, apophyse mastoïd».

314 BULLE ET APOPHYSE MASTOlDE.

Jusqu'aux condyles de roccipilal (Ruminants divers et Solipëdes), dans la base de Tapophyse mastoïde (Kangourou et Paresseux), dans la paroi inférieure du conduit auditif ou os tympanal, et dans la substance même du rocher. Elles ne se reconnaissent souvent qu'à la coupe, mais d'autres fois elles forment des soufflures visibles à l'extérieur, par exemple à la région mastoïdienne et sur diverses parties du rocher. Chez le Porc elles donnent lieu ainsi à un gros cylindre descendant qui se détache du sommet du rocher. Sur la généralité des Mammifères, — spécialement les Carnassiers, les Rongeurs, quelques Marsupiaux, — elles produisent une masse sphérique, placée en dessus du conduit auditif externe et empiétant plus ou moins sur le reste de la face inférieure du rocher: cette masse s'appelle la bulle.

Or, chez les Singes, la soufflure en question se partage le plus ordinairement entre deux parties : la région mastoïdienne et l'os tympani(|ue. Tantôt elle est faible sur les deux, tantôt elle prédomine sur l'une, le plus souvent sous forme de bulle, tantôt elle ne se retrouve extérieurement qu'au sommet du rocher. En ce qui regarde la bulle, on peut dire qu'en règle générale les Singes en sont pourvus, spécialement lesCébiens, et d'une façon constante les Lémuriens. Quelquefois, la soufflure mastoïdienne, quand elle existe, est limitée en bas et en avant par un bord en quart de cercle un peu saillant qui simule un commencement d'apophyse mastoïdienne. Quelquefois aussi c'est le prolongement de la ligne inio-mastoïdienne qui donne lieu à une apophyse en crête. Mais il n'y a jamais d'apophyse mastoïde rappelant la masse conique de l'Homme.

Chez les Anthropoïdes on ne trouve aucune trace de bulle ou d'un équivalent le long de la face inférieure du rocher, sauf chez le Gibbon. A la région mastoïdienne aucune saillie dans le jeune âge; quelquefois, chez l'adulte, une voussure dépassant la crête inio-mastoïdienne et atteignant la suture temporale ; quelquefois un quart de cercle faisant saillie en bas et en avant et indiquant une tendance à une apophyse mastoïde: quelquefois eniin, à ce cercle, un sommet que l'on peut considérer comme un degré plus avancé; çnais jamais d'apophyse à contours arrêtés dans tous les sens comme chez l'Homme.

Chez l'Homme, il n'y a pas de bulle. Mais le gonflement de la région mastoïdienne augmente; son sommet, tiraillé par les muscles qui s'insèrent sur toute sa surface, s'abaisse;

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