‹ L'homme dans la nature (volume 2)Chapitre 31 sur 176 · NATURELLES ET DOMESTIQUES · texte numérisé non relu

NATURELLES ET DOMESTIQUES

constante, il faut un concours prolongé de circonstances que le hasard maintient péniblement, mais que l'homme réunit facilement chez les animaux domestiques. Un changement de milieu modifie les caractères d'une plante, par exemple : ces modifications se répètent ou se transmettent chez ses descendants tant que le milieu persiste; vient-il à disparaître, le retour au type antérieur s'opère. Ce que la nature peut faire par hasard, les éleveurs l'obtiennent en s'aidant d'un facteur supplémenlaire autrement puissant que le milieu, la sélection. Mais alors la race ne se fixe que proportionnellement au temps pendant lequel elle a été surveillée. Même après un nombre considérable de générations le type reparaît comme dans nos arbres fruitiers. Or, s*il en est ainsi lorsque la main de l'homme combine tout, que penser de la nature lorsque les circonstances tendent plus encore à détruire qu'à consolider ce qui est fait? Les races naturelles et les races domestiques ne sont donc pas comparables, quoique le darwinisme ait appliqué aux premières ce qu'il a constaté chez les secondes.

Les races naturelles, d'autre part, se déterminent par la morphologie seule. Tel naturaliste remarque chez un animal des différences avec le type de l'espèce à laquelle il se rapporte: elles ne sont pas assez fortes pour caractériser une espèce nouvelle, il en fait une race. Retrouve-t-il ces différences sur de nombreux individus, il en conclut qu'elles appartiennent à un groupe et qu'elles existaient chez les ascendants; mais il n'en a pas la preuve, ce peut n'être qu'une variété accidentelle se répétant par hasard sur un certain nombre d'individus.

Les races domestiques se déterminent aussi par la morphologie, mais on sait dans la majorité des cas la durée qu'elles ont eue déjà; leur filiation est certaine. Quelques représentations de ces races sur des monuments ou des dessins, quelques descriptions dans des archives plus récentes, le montrent parfois ; mais le cas le plus frétjuent est celui où l'histoire généalogique a été suivie avec soin, où l'on sait quels ont été les premiers générateurs, quels sont les milieux qui y ont aidé, à combien de générations remonte la souche. On assiste de cette façon au mode de formation et de fixation de la race; ce qui nous amène à la manière dont elle est comprise dans la vénerie et la zootechnie.

Voici la plus ancienne définition que nous connaissions

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