‹ L'homme dans la nature (volume 2)Chapitre 53 sur 176 · DIFFICULTÉS · texte numérisé non relu

DIFFICULTÉS

autre signiûcalion ati caractère; il n'y a pas d'unité de rendement.

Il n'y a rien de plus caractéristique encore que la hauteur, la saillie et le degré d'écartement des pommettes. Quelle dislance des pommettes petites, effacées, fuyantes, rapprochées du type kymri de Broca, aux pommettes lourdes, massives, proéminentes, à angle antéro-externe inférieur, déjeté en dehors de l'Esquimau typique! Malgré tous les essais, la craniométrie n'est pas parvenue à bien rendre ces oppositions.

Les craniologistes sont unanimes à voir dans la courbe des arcades alvéolaires un excellent caractère ; divers procédés de mensuration ont été proposés, de longues listes publiées ; j'ai retourné en tous sens les mesures des registres de Broca sur cette région, j'ai cherché moi-même; je dois avouer que rien ne me satisfait, et cependant la simple vue montre là des différences importantes, très curieuses pour la comparaison avec les autres Primates.

Sur le vivant, la question des points de repère est autrement difficile. Les meilleurs sont ceux prenant les os, leurs saillies, leurs interlignes, mais ils exigent une main habile pour les découvrir et l'on ne doit pas oublier que nous nous adressons le plus souvent aux voyageurs. Habituellement ces points sont recouverts de chairs que l'instrument déprime plus ou moins, sans que l'on puisse préciser de quelle quantité. Parfois on se voit obligé de les prendre sur les parties molles, ce qui a une foule d'inconvénients. Aussi l'anthropométrie sur le vivant est-elle loin d'avoir la précision de celle sur le cadavre disséqué ou sur le squelette. En réalité on sacrifie souvent des mesures logiques donnant directement le caractère cherché, pour la mesure la plus commode et donnant le moins d'erreur ; par exemple pour les limites de la cuisse en haut et du tronc en bas, qui empiètent l'une sur l'autre. Il en résulte que les caractères exprimés ne sont pas toujours ceux qu'il faudrait et que certains types qui devraient être distingués par ces caractères se confondent au contraire.

Une autre difficulté est la petitesse des différences, *dans la grande majorité des cas, entre les types les plus accusés. Tel crâne à la vue paraît plus élevé que tel autre ; le caractère est frappant ; on mesure, on ne trouve que 1 ou 2 millimètres pour en rendre compte. Pour les proportions du corps les artistes ont un coup d'œil très remarquable, ils ne mesurent pas, ils n ont pas de points de repère mathé-

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matîques, et cependant ils accusent très bien par un trait, une ombre le type qu'ils veulent rendre, en forçant il est vrai la note. Nous, anthropologistes, procédons correctement, nous retrouvons ce qu'ils voient, l'exprimons exactement, mais le point capital porte sur des quantités si minimes qu'on est effrayé des conséquences possibles d'une inattention ou d'un écart de méthode. Évidemment la différence entre deux mesures sur des types différents est moindre parfois que Terreur personnelle possible. Cela nous amène à répéter que pour atténuer celte erreur il n'y a qu'un système, celui des moyennes.

Méthode des Indicés. — Les mesures, OU, pour parler exactement, leurs degrés ne sont pas des caractères, mais les éléments pour en obtenir. Rarement on les emploie à l'état brut, comme le poids du cerveau, la capacité crânienne, diverses circonférences du crâne, du tronc, des membres, les angles en général, quelques mesures droites. Il faut les comparer à d'autres mesures, autrement dit en faire des indices ou rapports. Peu importe que le diamètre transverse maximum du crâne, je suppose, ait quelques millimètres de plus ou de moins; ses variations peuvent dépendre du sexe, de l'âge, du volume ou de la taille de l'individu. Il n'a d'intérêt que relativement au diamètre antéro-postérieur par exemple, ; la relation entre les deux montre que le crâne, suivant un certain plan, est plus ou moins long ou étroit. Nombre d'auteurs croient avoir bien mérité de la science lorsqu'à la fin d*un mémoire ils insèrent de longues listes de mesures absolues qui n'apprennent rien et laissent le travail tout entier à faire. Il serait de l'intérêt même de ces auteurs de le terminer, de savoir à quoi aboutissent ces mesures, ne serait-ce que pour leur faire reconnaître certaines impossibilités de chiffres qui les conduiraient à revoir ces mesures.

Les termes de comparaison que l'on choisit sont de deux sortes: spéciaux au cas dont il s'agit, tels sont l'indice orbitaire ou rapport de la hauteur à la largeur orbitaires et l'indice palatin ou rapport de la largeur à la longueur maximum de la voûte palatine ; ou communs à un grand nombre de mesures. Parmi les termes communs on peut citer le diamètre antéro-postérieur du crâne auquel on rapporte, si l'on veut, toutes les largeurs de celui-ci vu suivant la norma; la hauteur totale du crâne ou de la tête prise par projcclion

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