‹ L'homme dans la nature (volume 2)Chapitre 55 sur 176 · MÉTHODE DES PROJECTIONS · texte numérisé non relu

MÉTHODE DES PROJECTIONS

nard de Palizzi il y a trois siècles et plus : « Quoy voyant il me print envie de mesurer la teste d'un homme pour sçavoir directement ses mesures, et me semble que la sauterelle, la règle et le compas me seroient fort propres pour cest affaire, mais quoy qu'il en soit je n'y sceu iamais trouver une mesure osseuse parce que les folies qui estoient en ladite teste luy faisoient changer ses mesures ».

Après cet aveu des difficultés de l'anthropométrie nous sommes en droit de déclarer que, malgré tout, elle constitue un précieux instrument d'étude, mais dont il faut savoir se servir. Il en est d'elle comme des agents thérapeutiques : les plus actifs, les plus efficaces sont les plus délicats à manier, ceux qui donnent les plus beaux succès, mais aussi ceux qui, mal compris, mal employés, conduisent aux plus amères déceptions.

Les mesures se partagent en droites se prenant avec le compas ou par projection, courbes qui se relèvent au ruban, rayons qui partent d'un point central, angles qui exigent des instruments ou goniomètres spéciaux, capacités^ par exemple de la cavité crânienne, et pesées^ par exemple du cerveau.

Les mesures ordinaires ou droites sont de deux sortes : les unes prises avec le compas d'épaisseur et le compas glissière de petite dimension pour le crâne, de grande dimension pour le corps, sans se préoccuper de la position de la partie à mesurer; les autres dites par projection ou par la double équerre, lorsqu'on place la partie dans l'attitude naturelle qu'elle présente sur le vivant. Nous ne nous arrêterons qu'aux dernières.

Méthode des projections. — Cette attitude est donnée sur le crâne par le plan horizontal passant par les deux axes des cavités orbitaires. Il convient aux animaux comme à l'Homme, mais il n'est pas pratiquement commode et tous les efforts des craniologistes tendent à le remplacer chez l'Homme par un plan équivalent déterminé par trois ou quatre points analomiques. Ce plan doit répondre à deux conditions : être parallèle en moyenne au plan orbitaire et présenter le minimum de variations suivant les individus. Le plus commode est celui de Broca ou alvéolo-condylien. Il est déterminé par le bord alvéolaire supérieur, à sa partie médiane antérieure, et par la face inférieure des deux condyles occipitaux. Le crâne posant ) ar ces trois points sur une petite

102 CARAnTÈRES ANTHROPOMÉTRIQUES.

planchette à coulisse, placée sur une table ou exhaussée sur un pied, toutes les équerres circulent librement autour de lui. Les Allemands, qui Tout un grand usage des projections, non directement sur le crâne, mais sur son dessin, prescrivent le plan de Virchow déterminé par deux points : le bord supérieur du trou auditif et le l)ord inférieur des orbites, lesquels se voient bien sur le profil. A notre avis, ils auraient dû lui préférer le plan de Sclimidt, déterminé en arrière par le point sus-auriculaire (sur la racine transverse de l'arcade zygomalique) et en avant jiar le bord inférieur des orbites.

Lorsqu'on veut examiner un crdnc dans son attilude natu-

relle, en l'élevant à la hauteur des yeux, on peut se guider simultanément sur trois lignes, celle de Schmidt, le plan de mastication de Barclay passant par la surface molaire de mastication et qui est aussi horizonlal, et la verticale tanj^ente au pourtour antérieur des orbites, lorsque l'arcade surcilière n'est pas trop développée.

Sur la tête du vivant, la ligne horizontale auriculo-sousnasale de Camper est absolument fausse. La meilleure conduite à suivre est celle-ci : Dire au sujet de se tenir droit et de regarder naturellement & 2b pas comme le soldat au port d'armes, et corriger soi-même son attitude s'il y a lieu.

Pour le corps, c'est encore la position du soldat au port d'armes, les pieds rapprochés, les bras pendants.

Le crAne, la tCtc et le corps étant ainsi placés, on les suppose inscrits dans un cube. En prendre les projections maxima, c'est en relever les diamètres soit antéro-posté-

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