MESURES ET INDICES PRINCIPAUX
non à d'autres caractères. Ainsi se dégage sa valeur pour les problèmes ultérieurs où il doit intervenir.
La supériorité de la craniomélrie sur la craniologie descriptive, résidant dans la possibilité qu'elle donne d'obtenir la résultante exacte d'un grand nombre de pièces, on ne devrait y procéder que sur des séries. Mais on a parfois besoin d'étudier un crâne isolé, celui d'un personnage célèbre ou d'un criminel, ou un crâne rare qui sert de jalon en attendant que Ton en possède d'autres de même ordre. Ces études isolées ne sont pas dans le génie de la craniométrie. Quelle que soit l'authenticité de provenance d'un crâne et les motifs que l'on a de croire qu'il est bien dans la note probable du groupe auquel on prétend le rapporter, il ne peut donner une certitude ; c'est un cas, rien de plus, un individu pouvant être en contradiction avec ses congénères. Les populations actuelles, anciennes et même préhistoriques sont ou étaient trop mélangées. Le véritable rôle de la craniomélrie est de dégager des résultantes ou d'établir dans quelles proportions, sur une masse donnée, les formes principales se répètent.
Une série de crânes adultes de 10, 100 ou plus étant donnée, voici les opérations successives qu'elle comporte : 1<> séparer les pathologiques et les déformés soit pendant la vie, soit après la mort ; 2<> partager la série en trois lots : les hommes, les femmes et les incertains ; 3° déterminer les âges ; 4° relever et transcrire les caractères d'ordre descriptif; 5° prendre les mesures, angles, projections, circonlérence et le cubage ; 6<* calculer les indices, puis les moyennes qui conduisent au crâne moyen de la série ; 7" élablir les sériations de caractères et leurs nombres proportionnels par groupes d'une contenance suivant les circonstances ; 8" comparer ces moyennes et sériations avec d'autres dans les' séries lés plus intéressantes à opposer; 9" associer les données craniométriques obtenues avec les données descriptives et en dégager le type principal de la série ; 10*» mettre alors les crânes en ligne et par la vue, en tenant compte de la craniomélrie de chacun, les partager en crânes indifférents et crânes pivotant autour de tel ou tel type; 11" prendre les moyennes des groupes ainsi obtenus; 12" stéréographier, sinon en même temps photographier, le crâne qui dans chaque groupe suffisant en représente le mieux le type et écrire en regard les moyennes correspondantes. C est la conclusion, il n'y a pas à aller au delà.
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Peu de craniologistes s'astreignent aux dernières opérations, qui, du reste, exigent de très grands nombres. On s'arrête généralement au crâne moyen et à la comparaison avec d'autres crânes moyens*.
céphaiométrie. — Le complément de la craniométrie c'est la mensuration de la tête sur le vivant, c'est-à-dire la céphalométrie (ne pas confondre avec Tencéphalométrie qui est la mensuration de l'encéphale). Elle fournit des caractères, la plupart empiriques, surtout à la distinction des types humains, fait connaître la progression de croissance de la naissance à l'âge adulte, permet dans de certaines limites de constater l'influence de l'éducation et de certaines professions sur le développement de la tête, et apporte aux artistes des renseignements précieux sur les proportions de la tête, de la face et de ses parties.
Le plus important des caractères céphalométriques est Vindice nasal. C'est le seul caractère se mesurant qui partage tous les types de l'humanité en Irois groupes fondamentaux répondant à la division classique de Cuvier en races blanches (leptorrhiniennes, nez long, et étroit), races jaunes (mésorrhiniennes) et races noires (platyrrhiniennes, nez large et bas). Cet indice est le rapport de la largeur maximum du nez en dehors des ailes à la hauteur totale du nez de la racine à la base, prise pour 100. Il varie, dans les moyennes, de 63 dans une série de 100 Français dolichocéphales et blonds mesurés par le docteur CoUignon à 109 dans une série de Tasmaniens mesurés par nous sur leurs moulages ; et, dans les cas particuliers, de 50 et moins chez des Européens à 153 chez un Australien. Cet écart de 42 unités dans les moyennes et de plus de 100 dans les cas individuels est le plus grand que l'anthropométrie donne, ce qui en fait un caractère précieux, supportant à la rigueur quelque erreur personnelle. On ne confondra pas l'indice nasal du squelette avec celui du vivant, quoique non leurs chiffres, mais les inductions qui en résultent soient parallèles et se conûrment. Il n'y a qu'une exception paradoxale en apparence. Les Esquimaux qui sont mésorrhiniens sur le vivant sont
1. Comme modèle à suivre nous citerons parmi nos propres travaux, pour Pétude d'un caractère, le Mémoire sur V Angle facial dil de Camper ^ a Revue d'Anthrop. », 1874, p. 193 ; pour celle d'une série de crânes, le Mémoire sur les Crânes Kir ghis, «Revue d'Anlhrop. », 1887, p. 445; et pour celle d'un crâne isolé le Mémoire sur le Crâne de Charlotte Corday « l'Anthropologie », 1890, p. 1 .
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leptorrhiniens sur le squelette. Cet exemple sufGt à montrer qu'on ne peut songer à trouver une règle de conversion de l'un en l'autre, leurs rapports n'étant pas constants.
C'est une règle générale, du reste. Les mesures et indices sur le vivant et sur le squelette se confirment mutuellement dans leurs conclusions générales, mais ne peuvent par une soustraction ou une addition être convertis les uns en les autres. Il faut les traiter séparément. Le seul caractère qui jusqu'ici semble se prêter à une conversion est l'indice céphalique, mais la question de sa formule exacte n'est pas encore tranchée, et jusqu'à nouvel ordre il est interdit de se livrer à cette opération.
Les mesures les plus intéressantes, à la tête, après l'indice nasal, sont les diamètres et circonférences qui donnent les premiers l'indice céphalométrique (ou céphalique du vivant) et les uns et les autres un aperçu du volume de la tête, par conséquent pcnse-t-on du crâne et à la rigueur du cerveau. Broca, dans les premiers temps de sa carrière anthropologique, admettait que la circonférence horizontale correspond d'une façon suffisante au volume approximatif du cerveau. En 1861, à Bicôtre, il avait trouvé qu'elle était plus forte sur 20 étudiants que sur 20 journaliers mesurés par lui, nombres qui jugent de suite la portée de ce résultat accidentel. J'avoue qu'en 1885 lorsque je rédigeai mes Instructions aux voyageurs, je considérai l'écart personnel proba^ble comme trop fort dans ce cas, eu égard à la valeur de la mesure, et qu'étant obligé de faire quelque sacrifice je renonçai à cette circonférence. Mais récemment, à TUniversité de Cambridge, elle a été l'objet d'observations prises avec soin par la môme main sur des sujets dont les cheveux étaient sans doute coupés de la même façon et qu'elles ont donné des résultats satisfaisants qui ont fait Tobjet d'une polémique intéressante entre M. Venu et M. Francis Gai ton. Ces mesures prouveraient que le volume de la tête augmente encore de 20 à 25 ans et que cette augmentation est influencée parle degré d'activité intellectuelle, ce qui implique une influence du cerveau assez marquée pour qu'on doive continuer ces recherches.
Il y a dope lieu de ne pas abandonner la circonférence horizontale maximum, mais à la condition de la prendre sévèrement comme à Cambridge et à Amherst et de ne comparer que des mesures de la môme main ou sous la direction d'un môme maître. Il y a deux méthodes : celle de Vir^
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chow dans laquelle on passe par la glabelle, les arcades sourcilières, et les sinus et celle de Broca qui passe audessus. La dernière est plus correcte. L'indice céphalique donnant la forme de la têle^ son diamètre antéro-postérieur maximum doit passer par la glabelle, mais la circonférence horizontale ayant la prétention de répondre au cerveau doit l'éviter. La fameuse pointure des chapeaux avec laquelles les esprits systématiques démontrent tout ce qu'ils veulent est une circonférence tout différente.
Les autres mesures de la tête dont nous pourrions parler rentrentdans les proportions du corps dont il aété question.
Il nous reste à donner un exemple d'un caractère craniométrique et céphalométrique illustrant tout ce que nous venons de dire. L'indice céphalique est tout indiqué.