‹ L'homme dans la nature (volume 2)Chapitre 78 sur 176 · NOMENCLATURE QUINAIRE DE L*INDICE CÉPHALIQUE · texte numérisé non relu

NOMENCLATURE QUINAIRE DE L*INDICE CÉPHALIQUE

(Système Topinard.)

Ultra-dolichocéphales Hyperdolichocéphales Dolichocéphales . .

Mésaticéphales. . .

Brachycéphales. . .

Hyperbrachycéphales Ultra-brachycéphales

de 60 à 6k inclusivement,

de 65 à 69 —

de 70 à 74 —

de 75 à 79 —

de 80 à 84 —

de 85 à 89 —

de 90 à 94 —

Les cas au-dessus et au-dessous sont si rares qu'on les comprend dans les divisions extrêmes ou qu'on les met de côté à sa volonté.

Les avantages de ce système sont d'être plus facile pour la mémoire que celui de Broca, de permettre l'emploi parallèle de la mélhode de la sérialion à grand module et la méthode des moyennes et de faciliter la réduction de la contenance de chaque division en proportions pour cent du tolal. Dans les sériations à une unité on ne peut se souvenir de ces proportions, avec le système quinaire les groupes se réduisent à 7 au maximum*.

1. Une pareille entente internationale est un phénomène trop rare pour que nous ne donnions pas la bibliographie des documents qui s'y rapportent : Topinard. La nomenclature quinaire de V indice céphaliquej Revue d'anthrop., 1885, p. 210. — Le principe général à adopter dans les divisions et nomenclatures des caractèreSj et en particulier de la nomenclature quinaire de Vindice céphalique. Bulletins de la Soc. d'anthr., février 1886. — La réforme de la nomenclature de Vindice céphalique. Uevue d anlhrop., 1886, p. 186. — J.-G. Garson. The cephalix index, Joum. anthrop. Institut, 1886. — The international agreement on the classification and nomenclature of the cephalix index,, Joum. anlhrop. Instit., 1886.

150 CARACTÈRES CRANIOMÉTRIQUES.

La seconde divergence porta sur la façon de comprendre les mesures.

Pour le diamètre antéro-postéricur, les uns le faisaient partir des bosses frontales (Welcker), les autres de la racine du nez (de Baer, etc.), d'autres de Tophryon, c'est-à-dire de la dépression qui surmonte la glabelle. D'autres voulaient qu'on plaçât le crâne dans son attitude naturelle et que, parlant de la glabelle ou de Tophryon, on se portât horizontalement en arrière; c'élait la méthode des projections, le diamètre était diminué. De là des différences d'un craniologiste à l'autre, faisant qu'un même indice n'avait pas la même signification pour tous. Si je ne m'abuse il y a entente à présent, le diamètre commence pour tous à la glabelle. Toutefois dans l'entente craniométrique de Franckfort, une autre est maintenue à côté de cette mesure, celle du diamètre antéro-postérieur partant encore de la glabelle, mais poussée horizontalement en arrière, c'est-àdire par projection; en sorte que dans les indices céphaliques publiés par les Allemands on ignore de laquelle des deux mesures il est question. Nous avons motif de croire que c'est le plus souvent la dernière et que ,par conséquent les indices céphaliques venant d'Allemagne ne peuvent être rapprochés de ceux pris en France, en Russie, en Italie, en Angleterre et en Amérique où l'on s'en tient à la première mesure (fig. 37, page 137).

Sur le diamètre Iransverse nous croyons qu'il n'existe plus de divergence. Les instructions de Franckfort concordent avec celles de Broca.

Après l'historique, le procédé de mensuration et la nomenclature, viennent la comparaison de l'indice chez l'Homme et les animaux, puis les difTérences suivant les âges, les sexes, les populations à l'aide des moyennes et les individus à l'aide de la sériation.

L'indice céphalique, répondant à la forme de l'ovoïde crânien lorsqu'on procède avQc la longueur de Broca, ou à la forme du crâne dans son attitude naturelle lorsqu'on procède avec la longueur numéro 1 de l'entente de Franckfort qu'on peut appeler la longueur de Virchow, fournit un caractère anthropologique absolument empirique qui n'a qu'un fort médiocre intérêt pour la comparaison avec les autres Primates. L'indice céphalique est l'une de ces mesures dont nous avons parlé, qui exigent des procédés et des points de repère difTérents chez la plupart des animaux.

Voulant être court, nous négligerons donc celte comparaison.

La seconde étude h poursuivre est celle des variations suivant les dges. Elle se résume ainsi. Dès les premiers temps de la vie le crâne revêt la forme typique, allongée ou ronde, que comporte Thérédité qui prédomine en lui ; cependant, toutes choses égales, par suite de la croissance rapide du cerveau à cette époque, il tend à être plus rond qu'il ne sera plus tard. On doit donc écarter des séries, à ce point de vue, les jeunes sujets.

La troisième recherche est celle des différences suivant les sexes. Les uns ont dit la femme plus dolichocéphale que rhomme, les autres plus brachycéphale ; celte opinion semble rationnelle. Toutefois la différence est assez faible pour que dans les moyennes où Ton n'a pas un nombre considérable de cas à séparer en deux lots, on confonde les sexes. C'est important à noter car il est nécessaire, en général, de les mettre à part.

Le quatrième chapitre est celui des moyennes dans les groupes de populations, petites et grandes. Nous voulons en donner des exemples, mais le choix est difficile. On a mesuré l'indice céphalique sur plus de 50000 crânes: les moyennes publiées en sont très nombreuses, mais elles manquent d'unité de méthode pour les raisons précédentes. Puis la moyenne d'un lot de crânes n'implique pas que la population correspondante ne puisse donner des moyennes différentes. Ainsi nous indiquons les Italiens d'après une série de 112 de M. Flower venant de toutes les parties de l'Italie, mais çà et là dans les villes, les montagnes, sur les côtes, les indices moyens diffèrent suivant les proportions des éléments constituants du peuple italien, qui y ont survécu aux événements de l'histoire et s'y sont mélangés. De fait en Italie, comme du reste en Grèce, on est très brachycéphale dans le nord, et l'indice s'abaisse graduellement jusqu'à la dolichocéphalie en descendant au sud et passant dans les îles. La Calabre, la Sicile et la Sardaigne donnent les moyennes les plus basses et cependant c'est du côté de la Ligurie qu'on a signalé jusqu'ici les crânes individuels les plus allongés.

Ce qu'il faudrait en réalité pour satisfaire à tous les besoins de la science, ce sont des moyennes par commune, avec lesquelles on construirait des cartes qui répondraient à tout. Nous n'en sommes pas là encore. Mais ars longa^ vita brevis.

CARACTÈRES CRANIOMÉTRIQUES.

La courte liste ci-après de moyennes n'est donc qu'un aperçu ; nous simpliQons et renonçons aux décimales.

INDICli: CÉPIIALIQUB (cRANB).

France.

Grottes néolithiques, Lozère et Py renfles 72 à 74

Dolmens de la Lozère et des environs do Paris. . 75 à 76

Grottes néolithiques do Feigneux et Orrouy. . . 78 à 79

Gaulois, âge du fer . . . 77

Mérovingien» ... 76

Parisiens, IV au 19* s. 78 à 80

Normands 79

Alsace-Lorraine 83

Auvergnats et Charentais. . Sk

Vosges 87

Basques français 80

Montpellier 78

Puiseux, Seine-et-Oise.. . . 77

Europe excepté la France.

Dolmens d Angleterre. ... 71 Tumuli d'Angleterre .... 81 Alemansdos Heihengraber. 73 à 75 Kourgans de Russie . . 72 à 78

Scandinaves Ik

Ile Orkneys 75

Ecossais et Anglais . . 76 à 77 Hollandais deZaandam. . . 79

Zélandais 86

Bruxellois 77 à 78

Prussiens 79

Bavière et Wurtemberg . . 83

Finnois du Nord. . .

Busses

Italiens

Sardes et Siciliens . .

Corses et Berbers . .

Arabes

Égyptiens anciens . .

(iuanches

Esnasrnols

Grecs

Turcs

Asie.

Sibériens divers .... 73 à 83

Kalmoucks 82

Kirghis, Usbecks, Galtchas 85 à 86

Coréens 81

Chinois et Japonais . . 77 à 78

Aïnos 72 à 76

Annamites 81

Parsee 78

Noirs de l'Inde Ik

Veddahs 72

Amérique,

Esquimaux orientaux. . . .

Esquimaux occidentaux. . .

Alaska . .

Aléoutes

Californie

urons

Navajos et Apaches . . 82 à 86

(îuaranis 75

Botocudos Ik

Puelches et Araucans. ... 85

Tehuelches ou Patagons . . 72

uéiriens 75 à 78

Afrique.

Mandingues 78

Haouassas 77

Gabon 76

Darfour Ik

Dahomey 71

Ouolofs 70

Cafres 73

Boschimans 73

Océanie,

Javanais et Andamans ... 82

Dayaks 77

Iles Marquises 76

Iles Sandwich 75

Tasmaniens 75

Australiens 71

Néo-Calédoniens, île des Pins 68

Fidjiens de l'intérieur ... 68

Il nous est impossible de nous livrer aux considérations que comportent toutes ces moyennes et toutes celles omises. Poursuivons notre objectif qui est de montrer les chapitres successifs que comprennent l'étude d'un caractère craniométrique et les questions de méthode qu'elle soulève.

L'étude venant ensuite est celle des variations individuelles soit dans toute l'humanité, soit dans les moyennes de populations.

Les variations extrêmes sont ou anormales ou normales. Les premières vont de 52 sur un crâne atteint de déformation par synostose de la suture sagittale appelée scaphocéphalie, qui est au musée de Hunter à Londres, à 121 et 131 sur deux crânes déformés artificiellement de Sacriflcios qui sont au Muséum. Les secondes vont de 53 chez un Australien mesuré par Mikluscho Maclay à 98 sur un Tartare mesuré par Huxley. L'écart des cas individuels normaux est donc de 45 unilés, tandis que celui des moyennes à notre connaissance est de 21 unités seulement.

L'étendue des variations dans une population est subordonnée à deux facteurs : le nombre de cas entrant dans la série et le nombre des éléments constituants de cette population. Plus un peuple est isolé, plus son isolement date de loin, et plus ses éléments ont la chance de s'être fusionnés et moins les variations seront grandes. Dans les conditions inverses elles sont immenses.

Parmi les séries les plus homogènes, nous citerons 32 Tasmaniens, 27 Australiens, 24 Andamans, 23 Fidjiens de l'intérieur, 20 Esquimaux orientaux, 34 Troglodytes de la Lozère à l'époque néolithique, chez lesquels l'écart est de 8 à 1 1 unilés. Puis comme exemples de populations très

154 CARACTÈRES CRANIOMÉTRIQUES.

mélangées, 28 Chinois d'une part et 27 autres de l'autre, 33 crânes des dolmens de la Lozère à l'époque néolithique, 35 noirs de l'Inde, dans lesquels l'écart est de 20 à 22. Enfln comme exemples de séries très fortes et aussi mélangées 1000 Parisiens et 1000 Bavarois, où l'écart est de ^7 à 28 unités, les cas anormaux mis de côté.

Après l'étendue des variations, viennent les proportions des divers degrés de ces variationsetlaconstatationde celles qui, se répétant le plus, doivent être considérées comme l'expression typique du caractère avec ses oscillations immédiates. Tout cela est donné par les sériations dont voici des exemples :

SÉRIATIONS AU MODULE DE UNE UNITÉ 52 24 65 74 ^^ iOO

Uièn. Uiàre. riigleterre. 4'iifleUm. gnhn. '* '^^'■•

Toute sérialion a ses enseignements propres. Les deux premières ici montrent la répartition des indices dans deux populations différentes vivant à Tépoque de la pierre polie dans un même pays: Tune ne comprenant que des dolichocéphales, réfugiés dans des grottes et vallées escarpées, y vivant misérablement et descendant de Tépoque précédente du renne, Tautre composée des dolichocéphales précédents mélangés à des brachycéphales nouvellement venus et occupant les plateaux où ils ensevelissent leurs morts dans des dolmens et forment la population conquérante ou mieux maîtresse, celle qui apporla la civilisation néolithique. Nous accepterions que volontiers cependant les derniers venus, brachycéphales, étaient conduits par des dolichocéphales de haute taille, distincts de ceux des grottes précédentes, mais qu'on ne peut en distinguer par Tindice céphalique.

La troisième série montre la population actuelle presque dans la même région et le profond changement qui s'est opéré dans cette partie de la France. Très peu d'individus y représentent les anciens dolichocéphales ; les brachycéphales font masse. Elle provient de Saint-Nectaire dans le Puy-de-Dôme et comprend notamment la série que Broca a si bien étudiée et qu'il considérait comme donnant le type de la population que César a désignée sous le nom de Celtique. Elle est restée l'expression classique du type de ce nom, lequel s'étend de notre plateau central, à travers le massif alpin et les montagnes de la Bohême jusqu'aux Carpathes et au delà. C'est à ce type que j'ai donné aussi le nom de Celto-Slave.

Les deux séries suivantes comparent de même la population des longbarrows ou dolmens de l'Angleterre avec celle, venue après, qui a construit les round barrows ou tumuli. La première était dolicocéphale, de taille plus élevée que les troglodytes de la Lozère et peut-être blonde, non comme ceux-ci certainement bruns, mais comme ceux du renne dans la vallée de la Lozère. La seconde était brachycéphale comme celle des dolmens de la Lozère et assurément de la même provenance.

Les deux dernières séries comparent les crânes des tombeaux en rangées des bords du Rhin plus ou moins avant César avec ceux des habitants actuels de la même région. Il est visible que ce ne sont pas les mêmes populations et que par conséquent les habitants actuels ne descendent que

CARACTÈRES CRANIOMÉTRIQUES.

nominalement des Francs et Alemans qui ont établi les tombeaux en rangées.

Voici d'autres exemples de sériations.

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