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DES CIRCONVOLUTIONS EN GÉNÉRAL

W. Turner a proposé de subdiviser ces derniers en Microsmatiques^ dans lesquels le rhinencéphale n'est qu'amoindri, et Anosmatiques, dans lesquels il n'existe plus du tout. Dans les Macrosmatiques se rangent tous les Mammifères terrestres moins les Primates. Dans les Anosmatiques, se placent ceux des Cétacés qui, ne trouvant pas dans l'eau un milieu favorable à l'exercice de l'olfaction, ont perdu ce sens et les parties correspondantes de l'encéphale, comme les Baleines. Dans les Microsmatiques se rangent les Mammifères marins qui n'ont qu'incomplètement perdu leur sens de l'olfaction (comme les Phoques ou les Morses), puis les Primates chez lesquels le rhinencéphale a perdu son autonomie brutale et ne se relie guère plus qu'au cerveau intellectuel au même titre que les autres nerfs crâniens.

Tout autour du grand lobe limbique règne chez les Osmatiques un sillon très net et qui est constant, appelé limbique supérieur et limbique inférieur qui sépare le cerveau en deux parties : l'une le manteau de l'hémisphère où se forment les circonvolutions, l'autre, le grand lobe limbique, qui en est exempt, sauf par exception, dans le lobe du corps calleux. Chez les Anosmatiques (les Primates) ce sillon perd son caractère ou disparaît. Au-dessus du lobe ou delà circonvolution du corps calleux il devient la scissure souspariétale ou calloso-marginale. En dehors du lobe de l'hippocampe devenu la cinquième circonvolution temporale par suite de son annexion au lobe temporal il n'est plus représenté, en arrière, que par un sillon de peu d'intérêt, qui le sépare de l'avant-dernière circonvolution temporale et, en avant, par une incision du sommet du lobe temporal, assez longue et constante chez les Singes, courte dans les races humaines, noires et jaunes, réduite à un vestige ou nulle chez l'Européen.

Si on laisse de côté les Mammifères marins, chez lesquels l'atrophie plus on moins complète est un phénomène secondaire d'adaptation, le grand lobe limbique dans toute sa splendeur, ou réduit et transformé, creuse donc un abîme entre la masse des Mammifères et les Primates et établit chez ceux-ci des degrés s'élevant successivement jusqu'à l'Homme chez lequel le cerveau intellectuel s'est définitivement approprié la totalité du grand lobe limbique.

Des circonvolutions en «général. — Le deuxième facteur

dans la production des dilTérences de type cérébral chez les

Mammifères, c'est Télat lisse ou plissé de la surface des hémisphères.

Les plissements ne sont spéciaux ni aux hémisphères, ri au manteau de Fhémisphère, ni aux Mammifères. Gegenbauer en signale des traces sur le cerveau moyen de quelques Poissons; les hémisphères de quelques Oiseaux en ont un commencement; Tare supérieur du lobe limbique de quelques Osmatiques est sillonné. I-.es plissements ne sont que Texpression d'un besoin d'espace de la part de certaines parties du cerveau.

Nous avons vu que le volume croissant des lobes cérébraux est un résultat de révolution. C'est lui qui caractérise surtout la supériorité de Tencéphale des Reptiles et des Batraciens sur celui des Poissons et la supériorité de l'encéphale des Oiseaux sur les premiers. Une nouvelle augmentation de volume signale encore un nouveau degré de perfectionnement chez les Mammifères. Toutefois elle se manifeste peu chez les plus anciens dont nous connaissions la cavité crânienne, les Mammifères américains de l'éocène inférieur : elle est le fruit du temps et du fonctionnement même du cerveau. La physiologie nous apprend en efifet que les organes se développent en proportion de leur activilé, c'esl-àdire des sollicitations à cette activité résultant des besoins engendrés par les milieux.

Mais le cerveau ne peut grandir oulre mesure; il deviendrait gênant pour les organes environnants ; il est renfermé dans une cavité crânienne qui résiste. Ce qu'il lui faut, c'est une extension de sa surface extérieure, où est répandue en nappe la substance grise, siège des facultés supérieures qui progressent. La nature, féconde en ressources, résout la dilïiculté : elle plisse simplement cette surface en long, en travers, puis secondairement divise et subdivise ces premiers plis.

Le volume et le plissement sont donc deux facteurs conduisant au môme but, multipliant la surface, se suppléant l'un et l'autre. Ils sont donc souvent en raison inverse; mais ils peuvent aussi s'associer pour obtenir un plus grand effet.

C'est pourquoi les Mammifères à cerveau gros par rapport à leur taille ont, toutes choses égales, moins besoin de plissements, et pourquoi au contraire, les Mammifères à cerveau relativoment petit, ont toutes chances d'avoir des circonvolutions plus plissées. Or il se trouve que les animaux de petite taille ont, en règle générale, un gros cerveau, ceux de grande taille au contraire un petit cerveau. La

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