CAPACITÉ CRANIENNE
346 chez un Orang. Le parallèle esl facile avec l’Homme.
Entre les cas individuels maxima de l’Homme et minima des grands Anthropoïdes la différence est de 429 cenlimèlres cuhes; enlre les moyennes les plus proches de chaque elle est de 700 centimètres cubes et enlre les types généraux de 885 centimètres cubes. Ce sont les quantités qu’auraient à acquérir les Anthropoïdes pour devenir des Hommes
En d’autres termes la plus petite capacité individuelle humaine est des trois quarts plus forte que la plus grande capacité des Anthropoïdes; la plus faible capacité moyenne de l’Homme est une fois et un tiers plus grande que la plus forte moyenne des derniers; la capacité moyenne générale de l’Homme est presque le triple de la capacité générale des Anthropoïdes. Ue telles conclusions, confirmant ce que nous avait laissé entrevoir le poids du cerveau, se passent de commentaires.
Voici (fig. 66) un tableau schématique qui fait toucher du doigt ces résultats. Les écarts et les distances y sont rigoureusement proportionnels aux chiffres donnés.
Dans le chapitre précédent, renonçant à tenir compte de la richesse des circonvolutions de l’Homme par comparaison avec les Anthropoïdes, constatant du reste que d’autres Mammifères sont aussi bien partagés sous ce rapport, nous nous en étions tenu au type morphologique de ces circonvolutions, semblable chez l’Homme et les Anthropoïdes et nous en avions conclu qu’à ce point de vue les deux groupes peuvent être réunis dans une même division de l’ordre des Primates, comme l’avait fait Linné et d’autres. A présent, avec le poids du cerveau et la capacité crânienne,— que nous pourrions réunir sous le nom de volume cérébral, — nous arrivons à la conclusion inverse : ils doivent être séparés, la distance enlre eux est considérable et l’Homme forme par ce caractère une division spéciale répondant à un sous-ordre dans l’ordre des Primates, conformément à la division adoptée par M. Huxley dans son Anatomie des Vertébrés.
Le complément de l’élude du volume de l’encéphale dans son entier chez les Mammifères, les Singes et l’Homme serait le volume relatif de scs parties principales : du cervelet comparé aux hémisphères, du lobe frontal au pariétal, de la partie située en avantde la scissure occipitale et de la scissure de Sylvius à la partie située en arrière cl en dessous. Les di-
CHEZ L’HOMME ET LES ANTHROPOÏDES
mensions en tous sens du lobe frontal surtout seraient a examiner chez tous les Primates; c’est par elles surtout que l’Homme se place à leur faîte.
A en juger par la situation de la scissure de Rolando, le lobe frontal semble considérable en effet chez tous les Primates. Mais c’est lorsqu’on en regarde la face supé-
Fig. 66. — Schéma de la capacité crânienne de l’Homme et des Anthropoïdes.
A, Distances par: B, les moyennes générales; C, les moyennes particulières extrêmes; D, les cas individuels extrêmes.
rieure; toutes ses dimensions ne sont augmentées que chez l'Homme. Chez les Singes, y compris les Anthropoïdes, il ne bombe pas en avant; il est peu épais verticalement, il est étroit transversalement. A sa face inférieure sous-orbitaire il présente deux excavations, répondant aux voûles orbitaires ou mieux à leur partie postérieure seulement; une sorte de bec allongé sur la ligne médiane donne la
POT DS DE L’ENCÉPHALE
mesure de ce défaut de substance. L’Homme seul a un lobe frontal développé dans toutes scs parties, et remplissant une écaille frontale ample, concave et profonde qui extérieurement donne lieu au front, l’une des caractéristiques de l’Homme.
En revanche, la partie postérieure des hémisphères ne présente pas de différences frappantes de volume chez les divers Primates; son développement est un attribut commun à tous, aux premiers comme à l’Homme. Autrement dit le volume de l’encéphale que nous avons vu incessamment grandir depuis les Poissons Cyclostomes, continue à augmenter chez les Mammifères et en particulier dans le groupe des Primates. Mais à sa dernière étape, chez l’Homme, l’accroissement porte essentiellement sur sa partie antérieure, frontale1.
1. Voir à titre de complément de ce chapitre et du précédent: H. Chakton Bastian, Le Cerveau, organe de la pensée chez l'Homme et les Animaux, 2 vol. in-8, Paris, 1882. (Bibl. scientif. intern., Librairie F. Alcan.)