FOIE
l’apophyse forme chez l’adulte une grosse masse conique absolument caractéristique. Toutefois, l’enfant ne la possède pas encore (comme chez les Anthropoïdes). Elle est moins prononcée chez la femme, et d’autant plus développée chez le mâle que le sujet est plus robuste.
En somme, la région mastoïdienne est une partie en quelque sorte négative chez un certain nombre de Mammifères, où cependant elle se rattache à l’appareil auditif. C’est le plus souvent un organe celluleux complémentaire ou compensateur de la bulle ou de toute autre cellulosité olfactive analogue. Déjà chez quelques Cébiens, davantage chez les Pithéciens, elle commence à croître à mesure que ces dernières disparaissent. Son importance augmente chez les Anthropoïdes, sans aller jusqu’à donner une saillie notable en bas. Chez l’Homme, elle acquiert tout à coup un grand volume, et devient une grosse apophyse ample, conique, que l’action du muscle sterno-mastoïdien, attaché sur elle, renforcit de tous côtés.
Après la colonne vertébrale et le crâne, viennent le reste du squelette, les muscles et les viscères. Partout se découvrent des caractères de second ordre, mais dont l’intérêt principal estdans leurs rapports avec les formes qu’ils revêtent déjà chez les autres animaux. Un mot seulement sur les viscères. Nous laisserons de côté les caractères négatifs, c’est-à-dire ceux qui n’existent pas chez l’Homme et qui se rencontrent chez les Singes, tels que les sacs laryngiens ventriculaires des Anthropoïdes, les callosités ischiatiques des Pithéciens qu’on retrouve chez le Gibbon et dont les autres Anthropoïdes présentent des traces, enfin les abajoues des Pithéciens. Nous en citerons seulement deux exemples, ayant parlé déjà du cœur, des poumons et de la crosse de l’aorte à propos de l’attitude bipède.
Foie. — Chez l’Homme cet organe, le plus volumineux des annexes du tube digestif, ne présente à sa face supérieure aucune division. Il est partagé à sa face inférieure en deux lobes: l’un gauche plus petit, l’autre droit auquel se rattachent deux lobules appelés éminence porte antérieure et éminence postérieure ou lobe de Spigel. Chez les Mammifères en général, il est divisé en lobes multiples, inégaux, irréguliers, distincts jusqu’à la base (Broca). Chez les Singes, il y a plusieurs lobes encore, mais moins nombreux, trois chez
ÉPIPLOON.
le Macaque (Ghudzinski). Chez le Gorille il y a trois lobes, non compris le lobule de Spigel chez le Gibbon, l’Orang et le Chimpanzé, le type est celui de l’Homme.
Épiploon. — Le péritoine est une membrane séreuse qui enveloppe la plupart des intestins, et qui, s’adossant à ellemême, forme des replis ou mésentères qui les maintiennent en avant de la colonne vertébrale, tout en leur laissant la plus grande mobilité. Sous le nom de grand épiploon , on entend une sorte de réserve du péritoine destinée à favoriser l’ampliation de l’estomac et du gros intestin. Chez l’Homme, il est formé de quatre feuillets, entre lesquels est la grande cavité des épiploons , et il flotte à la manière d’un tablier audevant du paquet intestinal. Chez les Singes, il ne comprend généralement que deux feuillets, ne renferme pas de cavité et quelquefois ne forme pas tablier. Les Anthropoïdes ont sous ce rapport des caractères mêlés, tenant des Cébiens et de l’Homme. Le côlon ascendant et le côlon descendant n’ont pas de mésentère chez l’Homme. Ils en possèdent un chacun chez les Singes. Le Gorille, l’Orang et le Chimpanzé sont conformés comme l’Homme. En somme, le péritoine, conclut Broca, diffère moins des Anthropoïdes à l’Homme que des Anthropoïdes aux Singes.
Nous ne dirons rien des organes génito-urinaires qui cependant fournissent des caractères curieux, les uns des caractères de Primates qui établissent une ressemblance entre l’Homme et les Singes, les autres des caractères propres à l’Homme.
Pour être complet, il nous faudrait aussi parler de l’extérieur du corps de ces formes générales qui avaient conduit Linné, avant de réunir les Singes à l’Homme sous le nom de Primates, à employer le mot d’ anthropomorphes.
Nous avons parlé despoils chapitre VI. La couleur n’a qu’un médiocre intérêt. Nous renvoyons, pour la configuration de l’oreille, au livre de M. Hartmann sur les Singes anthropomorphes et spécialement aux excellentes figures qu’il renferme (*). La grosseur des lèvres est la contre-partie du prognathisme des mâchoires etdes dents. La forme des narines, dont il a été dit quelques mots, r rentre dans la catégorie des caractères spécifiques que nous avons appelés empiriques.
1. II. Hartmann. Les Singes Anthropomorphes. 1 vol. in-8 avec figures. Bibl. Scientif. internat. F. Alcan, 1884.