CAUSES D’ERREUR
personnalité, s’en tenant aux points de repère prescrits, on prend aveuglément les mesures indiquées par les maîtres de la science, de façon à pouvoir les comparer aux mêmes prises ailleurs par d’autres, ou de façon à rester soi-même dans les règles qu’on s’est posées. Broca est le représentant de la seconde école; Primer Bey, pour n’en citer qu’un, celui de la première ; leurs discussions aux beaux jours de la Société d’anthropologie sont demeurées mémorables. Il va sans dire que toute personne ne se laissant guider que par ses propres idées, s’interdit par cela même le droit de comparer ses mesures à d’autres et reste isolée. Toute mesure publiée doit du reste pouvoir être contrôlée sur les pièces.
Ensuite il y a les personnes qui pensent que la craniométrie est une chose toute simple, qui ne se donnent pas la peine de s’éclairer suffisamment et croient suivre une méthode ou qui la pratiquent si mal que leurs mesures publiées sont plus nuisibles qu’utiles.
Toutes ces divergences sont dans la nature humaine, et il est difficile d’y remédier. Il n’en est pas de même de celle tenant à ce que j’ai appelé l’erreur internationale. Des Instructions anthropométriques et craniomélriques diverses ont été publiées. La France a les siennes, qui sont adoptées, parfois avec quelques modifications de détail, en Italie, en Russie, en Angleterre et dans les deux Amériques. L’Allemagne en a d’autres qui rallient T Autriche-Hongrie, la Suisse. Or ces Instructions varient souvent sur les points fondamentaux, tout en ayant en général des dénominations identiques. Il en résulte dans la science une confusion d’aulant plus grande que très peu d’opérateurs s’astreignent dans leurs mémoires à commencer par dire avec détails quels procédés exacts ils ont employés.
Depuis 10 et 15 ans nous luttons afin d’aboutir à des concessions réciproques; nous avons obtenu quelques résultats. Malgré tout, la question d’une entente internationale sur les mesures à choisir et les méthodes anthropométriques à rendre communes, reste à l’ordre du jour. Le défaut d’entente, aujourd’hui surtout que l’élude de la moindre question anthropométrique ne peut être faite qu’à l’aide de pièces disséminées dans toutes les collections du monde, est le plus grand obstacle aux progrès de l’anthropologie. Il est bien démontré que pour étudier une race ou même en déterminer le type au sein d’une population mêlée comme le sont toutes celles du globe, il faut non 5, 10 ou 20 crânes,
MÉTHODE ANTHROPOMÉTRIQUE
30, 50 et même 100 vivants, mais des nombres aussi considérables que possible. La connaissance des races ne peut s’acquérir que par la convergence des efforts de lous. Tant que l’unité de méthode d’étude ne sera pas faite, la science sera paralysée.
Tels sont, en dehors des difficultés mêmes du sujettes premiers points noirs de l’anthropométrie. On ne peut remédier à l’écart personnel, mais on doit remédier aux écarts de méthode el condamner ceux qui, — ne se livrant pas à des recherches personnelles sur des mesures ou des méthodes nouvelles et se bornant à décrire des séries de crânes ou de populations, — ne s’astreignent pas à prendre tout d’abord les mesures générales acceptées, suivant les procédés prescrits.
Difficultés. — En première ligne vicnL le choix des points de repère, ffroca en est l’inventeur en principe et par là a fait faire un grand pas à la craniométrie. Un certain nombre s’indiquent d’eux-mêmes et sont excellents, mais il est un grand nombre de mesures utiles auxquelles on ne peut en trouver de satisfaisants, faciles à déterminer el répondant parfaitement à leur but. Il ne s’agit pas de prendre des mesures presque au hasard, pour savoir si tel os est plus grand, plus haut, plus long ici et là ; il faut entrevoir d’abord le caractère que l’on veut étudier, le genre de variations qu’il présente dans la série humaine et les causes des variations auxquelles il obéit ; alors on cherche la mesure qui, comparée à une autre, exprimera le mieux ce caractère et ses variations, et l’on s’applique à trouver les points déterminants exacts de cette mesiire. Or il est un grand nombre de caractères qu’on n’arrive pas à pouvoir exprimer, un granit nombre de mesures nécessaires qui manquent de bons points de repère.
Qu’y a-t-il de plus caractéristique, par exemple, que la forme du visage longue, étroite el saillante, ou courte, large el aplatie, ou à caractères entre-croisés; eh bien, à toutes les mesures proposées il y a des objections. Aucun des indices faciaux usités ne rend bien ces caractères, sans contradiction avec ce que l’œil montre. Tels points de repère sont insconslants, s’effacent, se déplacent, s’exagèrent et modiûent la mesure, en dehors des influences qui sont censées seules la régir; telle mesure laisse en dehors une grande partie du caractère à exprimer; telle donne une