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32 et 33. Contours de la main et du pied. (Marquer les points sous-styloïdiens, sousmalléolaires et les extrémités des lignes métacarpo et métatarso-phalangiennes.) Crayon.

OBSERVATIONS PARTICULIÈItES

N. B. — Les voyageurs s’exerceront à ces réponses et mensurations avant leur départ et mesureront à leur retour une série de vingt Européens au moins pour leur servir de terme de comparaison. %

Les mensurateurs, avons-nous dit, ne poursuivent pas généralement le même but sur les os et sur le vivant; clans le premier cas ils ne cherchent que des rapports anatomiques absolus; dans le second ils visent les formes exlérieures engendrées à la fois par les os, les muscles, les tissus fibro-celluleux et la peau, telles que les voyageurs et les artistes les voient.

L’anthropométrie sur le vivant doit aboutir à la détermination des canons. Qu’cst-ce donc qu’un canon?

Canon* anthropologiques. Le mot a COUl’S dans lCS arts comme synonyme de règle à suivre pour reproduire exactement la figure humaine, règle autour de laquelle pivotent les différences limitées que les artistes sont autorisés à y apporter, suivantle sentiment qu’ils vculenl exprimer. Nous

MESURES SUR LE VIVANT

1 avons introduit en anthropologie il y a une Quinzaine d’années.

L’emploi des canons remonte à l’antiquité. Diodore de Sicile raconte que les Egyptiens en faisaient usage. Lepsius donne le dessin d’une ligure égyptienne divisée en dix-neuf pailics horizonlalement, la coilïurc non comprise, chaque partie égale à la longueur du médius, qui semble avoir été prise pour module. Il y avait plusieurs canons en Grèce, le plus renommé était celui de Polyclète. Ch. Blanc, dans sa (jrcimmaire des arts du dessin , reproduit une pierre irravée antique sur laquelle est représenté un artiste mesurant une statue. Les artistes ont donc précédé les anthropologistes en anthropométrie. Le premier canon après l’ère chrétienne est du Romain Yitruve. A la Renaissance le plus complet est celui de 1 Italien A 1 ber ti . Puis viennent, pour ne citer que les principaux, ceux d’Albert Dürcr de Nuremberg au xve siècle, celui de Jean Cousin de Sens au xvic; un ouvrage de Bergm u lier d Augsbourg en 1723, intitulé Anthropométrie ; les canons suivant les âges de Shadow de Berlin à la fin du xvi ii° siècle; ceux de Gerdy de Paris en 1829, de Liharzic de Vienne en 1858, de Quetelet en 1870 et enfin aujourd’hui de Charles Blanc.

Mais entre les canons artistiques et les canons anthropologiques, il y a de profondes différences. Les artistes se bornent à observer et à imaginer des proportions en rapport avec leur sentiment personnel ou bien, s’ils mesurent, ils choisissent un petit nombre de sujets à leur convenance et les mesurent sans méthode, sans points de repère fixes. Le beau physique qu’ils voient dans une certaine symétrie des parties est leur unique objectif: ce beau que Pierre Camper, — qui était professeur à l’Académie des beaux-arts d’Amsterdam et n’a inventé son système de craniométrie qu’en vue de son enseignement, — définissait ainsi : « un sentiment venant de la contemplation habituelle de certaines œuvres, de l’éducation, de l’habitude et surtout de l’autorité d’un petit nombre d’artistes qui ont décidé des règles du beau ». Camper aurait dû spécifier : des artistes de l’antiquité grecque qui s’elforçaient de donner à leurs figures de divinités, de héros, de personnages mystiques quelques traits qui les distinguent des mortels.

ILen résulte que les artistes, ne concevant qu’un seul idéal du beau, n’ont tenu compte que très lard des différences, nous ne disons pas cnlre les âges ou les tailles grandes ou

petites, mais entre ce que Camper appelait les types nationaux et que nous appelons, avec moins de vérité, des races. En outre de leurs œuvres idéalistes, les artistes de l’antiquité avaient cependant des œuvres réalistes, mais leur sentiment ne dépassait pas la notion de simples différences entre les hommes. Ils embellissaient les vainqueurs, les guerriers de leur pays, mais ils enlaidissaient les vaincus, les esclaves, regardant comme des différences ce que nous regardons comme des conformations typiques de races. Aussi ne peut-on en anthropologie se fier aux œuvres anciennes qu’à titre de renseignement. A certains moments on voit partout tel genre de visage plus ou moins calqué sur quelque personnage célèbre du jour, à une autre époque domine un autre genre de visage.

La notion des types de races est venue tard. Le premier Nègre bien exécuté se voit dans l’Atlas d’Albert Dürer. Rubens pour faire un Nègre peignait un blanc en noir. Si les canons, tous conçus d’après des Européens, diffèrent entre eux, c’est que les auteursde ces canons, vivant dans des milieux différents, ont enregistré inconsciemment les proportions qu’ils voyaient autour d’eux.

Les canons des anthropologistes sont établis au contraire avec méthode sur des sujets non choisis et en nombre parfois prodigieux, en partant de la pensée que les proportions varient non seulement suivant les âges et les sexes, mais aussi suivant les populations. L’art de sa nature est idéaliste, unitaire ; il n’admet qu’un canon, qu’un type humain et autour de lui de simples variations, tandis que l’anthropologie, nécessairement réaliste, accepte des types et des canons multiples.

Entre les artistes purs et les anthropologistes il y a des intermédiaires, par exemple Liharziz qui a mesuré trois cents sujets, mais sur une même population, et Quetelet qui a procédé aussi sur de grands nombres avec les mesures anthropométriques mêmes que nous préconisons encore. Seulement leur objectif n’était pas anthropologique et ils rejetaient les sujets qui n’étaient pas à leur goût.

Une autre différence existe entre les artistes et les anthropologistes. Les premiers cherchent à ramener le canon à des formules simples. Ils prennent une unité de longueur choisie dans le corps lui-même et qui est la hauteur de la tête, celle de la face, du nez, du médius ou du pied et s’arrangent pour que leurs divisions tombent exactement sur des

MESURES SUR LE VIVANT

nombres ou fractions simples du module. Pour le corps entier, Ch. Blanc, par exemple, compte sept tôles et demie ou trente nez, Cousin et Gerdy huit têtes ou trente-deux nez; du bas de l’épaule au poignet deux têtes; pour le poignet un quart de tête ou un nez, pour les mains une tête, etc. Pour nous qui savons combien toutes les parties du corps varient dans l’humanité sans que les changements dans le module quelconque adopté entraîne de variations corrélatives dans les autres parties, ce système est tout à fait vicieux.

Les anthropologistes, au contraire, acceptent les mesures telles qu’elles sont, ne les corrigent pas pour aider la mémoire, ne cherchent pas la symétrie et emploient le système décimal, en réduisant toutes leurs mesures en centièmes de la taille et disant que telle partie renferme tant de centièmes, telle autre tant, etc. Avec les proportions pour cent de la figure totale, ils arrivent sur du papier quadrillé à reconstituer exactement le personnage typique qui s’en dégage(l). C’est ainsi qu’un jour la science résumera l’histoire des différents types de proportions du corps humain, en un album dont le nombre de planches sera considérable. Bien entendu que ces canons comprendront des vues de face, de profil, d’arrière, les largeurs aussi bien que les hauteurs.

Voici dans l’état de la science et en combinant toutes les mesures publiées les plus authentiques, en quantité si considérable, le canon de l’Homme européen et adulte moyen, auquel nous avons abouti.

CANON DE L’HOMME, EUROPÉEN ET ADULTE ( Taille = 1 00).

Tète, du vertex au menton

Cou, du menton à la fossette sternale. . .

Tronc, de cette fossette au siège

Membres inférieurs, du siège au sol. . . .

(1) Légende de la figure au frontispice :

Canon anthropométrique de l’Homme moyen, européen et adulte.

(Proportions de M. Topinard, dessin de M. Paul Richet.)

Points indiqués successivement de haut en bas:

i° Sur la racine médiane : Vertex, point intersourcilier, racine du nez, base du nez, bouche, menton, fourchette sternale, ombilic, pubis et périné.

2° Sur les côtés du corps et dans l’axe du membre inférieur : mamelon (largeur), crête iliaque (largeur maximum), épine iliaque (hauteur), rotule bord inférieur, point intermalléolaire, et sol.

3* Acromion (A largeur B, hauteur), largeur maximum des épaules, point en avant correspondant à l'olécrane, point interstyloïdien, extrémité du médius.

f Bras, de l’acromion à l’olécrâne 19.5

Membre \ Avant-bras, de l’olécrâne à l’apophyse sty-

supérieur = 45.0 ) loïde 1^*0

( Main 11.5

,, , ( Cuisse, du siège au centre du genou. . . 20.0

• es!- ° > 7 - ,] Jambe, du genou à la malléole 23.0

’ ( Épaisseur du pied, de la malléole au sol . 4.5

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