‹ L'homme de génieChapitre 141 sur 257 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

être, conlinueiont-ils Ions à les salî^rairc. Seul, l'honime, constitué en sociélê, se trouve enchaîné et de manière que nul n'est jamais parvenu, non seulement à l'amener à l'état de paix et de liberté, mais même à démontrer comment on peut arriver h ce but.

> Eh bien ! je me propose de faire cette démonstration. — El, comme une porte fermée à cl6 ne peut être ouverte, sans être brisée, qu'à l'aide d'une clé ou d'un rossignol, ainsi l'homme ayant perdu la liberté au moyen du langage, il n'est rien en dehors du langage, ou de ses équivalents, qui puisse le délivrer sans lésion des membres».

Au milieu des cantiques absurdes du Scottatinge îo trouve ce beau vers sur l'Italie:

. Toiyoïi

Nous verrons bientôt, dans la biographie de Passananlo, qu'il laissa parfois apparailie dans ses écrits, et surtout dans ses discours, des idées vigoureuses et originales qui eurent précisément pour effet d'induire tant de personnes dans Terreur, touchant la nature et la réalité de son mal. Rappelons la phrase : a LA où le savant s'égare, l'ignorant triomphe » et cette antre : « L'histoire étudiée chez les peuples est plus instructive que celle qu'on étudie dans les livres ». Bluel distingue * la pucelle de la vierge, en ce que la première a mauvais vouloir sans pouvoir, tandis que la seconde n'a ni mauvais vouloir, ni pouvoir».

Il est naturel que les malto'ides renouvellent dans leurs conceptions les pensées des hommes politiques et des plus grands penseurs, mais toujours à leur nianièie el avec une énorme exagération; c'est pourquoi, Dosisio exagère les délicatesses de nos zoopbiles, et devance les idées de M"° Clémence Royer et de Comte sur la nécessité de l'application

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MO TROISIÈME PATITIE

des ibéories de Uallliug. Pcloniiisi, un maquignon escroc, découvrit également, sauf l'êrotiijnie qu'il y ajouta, «ne application pratique de la sélection Darwinienne. CianclielliDÎ veut mettre ea pratique le socialisme.

Mais l'empreinte de la folie cliez ces bommes n*est pas taM dans l'exagération de leurs idées que dans la dîspropor^oil qu'ils oCFrent avec eux-mêmes; ainsi, h r.àlé d'une conception rare, bien esprimée et même sublime, on rencontre soudain une idée plus que médiocre, ignoble, paradoxale, presque toujours en contradiction avec les opinions pén6ralemeot acceptées, avec les conditions où vivent leurs aaleurs, el avec leur éducation; tout ce, en un mol, qui fait que Don Quichotte, a» lieu de nous ravir, provoque le sourire : et pourtant ses actions, à une autre époque, et surtout chez un autre homme, eussent été admirables, héroïques. De toute fai,'on, chez les mattoïcfes, les traits de génie représentent plutôt l'exception que la régie (1).

Chez la plupart, on constate le manque plutôt que l'exubérance (1) de l'inspiration: ils remplissent des volumes «s* tiers, dépourvus de sens el de saveur; ils suppléent i U médiocrité de l'idée, à l'impuissance du style, qui se dérobe pour ainsi dire h l'irruption de leur ambition, parles points d'exclamation ou d'inlerrogalion, par des soulifiés continuels (1), par des termes spéciaux Trappes à leur coin.

(Il 11 M IroiivAlt ih ùva pliiloimplics plan farts qito l«ibiiilz, mlia MOfd*tnacta lie naîauncc. ne panvant produire que tes getbta do Jeu» MtM et ponui-T des arguments inarticulOa ; di-e peintres toarmentâa de Mre fBUd. nuiis qui poaniunl (i singuliùri'incnt un tiumiiic sur ses )>icd«. an ubre wr ne» nciiica, qne tous leur» Ubleuni rcBSumblnient à di'g vava ilr treoMtineiiU da terre ou à dee intérieurs do pitqnebiits un Jour de («mpêlc. Da muntuieci* ïnTentean de clnvicrB intarmùdisirtw. di'i Mvanla A lu &çaB do doQlDur Hitlach, de ses cerrellca lirîc-i-liruc, où 11 j a de tout tn*i« ob l'on lie trouTi' rien, 4 cauie du di-sorilre, de Ih pansalère, et Aiiaii piitccque tm ]e» nlOi'U anat CJis!«'S, IncompletB, Incap.ililea du moindre Bcrvioc. (Ottte dm» le Jnrki.

CIIAPITIIE III 321

ils nppelleiil en cela k-s inonoiaanes: ainsi, iMcnke reiiiarqnail déjà au sujet de certains mattoîdes ses contemporains qu'ils avaient inventé les mois derapti fetisan {i). — Berbiguîcr ciÈa le mol farfaderisser ou farfiderisme.

Va monomane, Le Bardier, écrivit, afin d'apprendre aux agriculleiirs à doubler leurs récoltes et aux marins à éviter les vents, un ouvrage intitulé Dominutmosfheri ; lui-même s'inlitiilait Dominaltnosfkerifateur (2). Cianchettini a inventé le Iravaso de l'idée, Pari a trouvé la cafungaïa, le morbozoo; on doit à Wahlluch Valitrologie, Vanlhropomognotologie, à Gem... la lépidermocrinie, la glossostomopatkique.

Souvent, on trouve une écriture bizarre, avec des lignes verticales coupées par des horizontales cl sillonnées en travers, parfois même, avec des caractères diirérenls, comme chez Cianchettini.

Bien souvent, ils mêlent des (igures à leurs propres phrases, comme poui' leur donner plus de force, revenant (par une marche parallèle à celle que nous avons suivie chci! les monomanes) à l'écriture idéographique des anciens, dans laquelle la figure jouait le rôle de signe déteiminatif ; ainsi Bluet a, dans son livre 88, une figure obscène qu'il explique encojc mieux dans son étrange prose : t L'homme sera couché sur le dos, et la femme piès de lui; un serpent à deux lêles lui enloure le pénis et un dragon fait pénétrer sa grande queue dans la femme, etc. >.

Waliltuch a publié deux ouvrages sur la Psychographie, système philosophique d'un nouveau genre et qui pourtant a trouvé un commentateur sérieux dans un philosophe non aliéné (ce qui prouve le séiieux de certains philosophes); d'après ce système, les idées seraient représentées par autant d'images greffées sur chacune des circonvolutions cé-

(II Ouït. eW-

rébiales; ainsi le symbole de la physique est la flamme d'une chandelle; le symbole de l'alitiologie (sic) ou du crilerium est le nez ou Todorat; un anneau représente Téthnique; un hameçon figure le mouvement. — W... désespérant, à bon droit, de se faire comprendre par des mots, se met à philosopher avec le pinceau, et bourre tout son livre de cerveaux remplis de ces signes figuratifs!!!

Et pour montrer qu*on peut l'appliquer même à la littérature, il nous donne une tragédie. Job, dont les personnages ont la tête parsemée de semblables signes, et chantent des vers dignes du système, par exemple:

Paisvé-Je détacher les deaz concepts unis

De moi et de Timpie. Le Juste c'est moi. Satan est Timpie (l).

Le missionnaire jésuite Paoletti écrivit un livre contre St. Thomas, et y dessina un tableau des ustensiles employés dans le tabernacle, afin de déterminer la condition future des fils d*Adam par rapport à la prédestination. La volonté divine et la volonté humaine sont représentées par deux boules qui tournent en sens contraire et se rencontrent dans un centre commun.

Tous, dans leurs livres, ont recours à une exubérance de titres vraiment singulière. J'en possède un de 18 lignes, sans compter une note qui semble vouloir expliquer le titre lui-même. Un ouvrage socialiste publié par un italien, en pur italien, en Australie, a un titi'e en forme d'arc de triomphe.

C'est précisément dans le titre que presque tous trahissent leur folie. — Considérons seulement cet exemple tiré du livre du mattoïde Démons : <r La démonstration de la » quatrième partie de rien est quelque chose, tout est la

(1) « Staccar potessi i due concetti uniti

Di me cd empio. lo giusto. Empio è Satana».

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