‹ L'homme de génieChapitre 75 sur 257 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

De^ manuscrits de Spallanzani , que j'ai pu examiner à la Bibliothèque comunale de Reggio, iln^sulleque les expériences sur les moisissures cointnencèrenl le 26 seplembre 1770. Le 8 mai 1780, Spallanzani projeta, pour employer sus propres expressions, • l'étude sur les animaux qui s'engourdissent par l'action du froid m; en avril el mai 1776, il rtécoiivril certains animalcules résidant avant la fécondation nifme, dans la femelle (parthi^nogénése).

Le 2 avril 1780 fut la journée la plus riche en expériences, ou pour mieux diie en déductions au sujet de Yovulation. * Il reste étahli, (écrivit-il de sa propre main, ce jour même, «près avoir fait 43 expériences) que les œufs ne sont pas fécondés dans la matrice; que le sperme apiès l'émission est propre à la fécondation, pendant un temps donne; que le suc vésciculaire féconde autant que le sperme; que le vin «t le vinaigre sont contraires h la fécondation ».

< L'impatience (continue ce curieux manuscrit qui nous fait assister à lu véritable incubation de ces admirables expiîrïences), ne me permet point d'en tirer quelque autre corollaire ».

Le 7 mai 1780, il avait découvert qu'une quanlité infiniment petite de semence suffit â la fécondation.

Une lettre à Bonnet nous montre que Spallanzani eut, pendant le printemps de 1771, l'idée d'étudier l'action du cœur sur la circulation. Bn mars 1773, il entreprenait ses études sur les rotifêres, et on trouve dans ses manuscrits, h la date de mai 1781, un plan de 161 nouvelles expériences iur la fécondation arlinciellc des grenouilles.

Les manuscrits de Lcibnilz nous apprennent qu'il employa pour la première fois, le 29 octobre 1675, les signes d'intégration au lieu des notations de Cavalieri alors en usage (1).

(1) OuHiKDT. /* second cenlenair'- df la dreouvrie de falgra-ilme de t'analyse supérieure por Leibnitt. ûans/''s Mcmti'x UefMil l'er K. Pivuss, Àkiiii. der Wiss. ISIS.

En février, Geoffroy Saint-Hilaire, eut ses premières idées sur Fomologie des organismes.

Davy découvrit Tiode en décembre et l'action du protoxyde d*azote en avril 1797 (i).

Humboldt 6t ses premières observations sur Taignille magnétique en novembre 1796; en mars 1793, il observa l'irritabilité de la fibre organique (9).

Les prolégomènes du Cosmos furent dictés en octobre (3).

En juillet 1801 , Gay-Lussac découvrit Tacide fluorique dans les arêtes des poissons; il termina en juillet l'analyse de l'alun (4).

En septembre 1876» Jackson appliqua Téther sulfurique à la chirurgie hypnotique.

En octobre 1840, Ârmstrong inventa la première machine hydro-électrique (5).

Matleucci fit ses expériences sur le galvanoscope en juillet 1830; sur les torpilles pendant le printemps de 1876; sur les muscles électro-moteurs en juillet 1837; sur la décomposition des acides en mai 1835; il détermina en mai 1837 rinfluence de l'électricité sur les phénomènes météoriques; en juin 1833, il termina ses expériences sur la chaleur et le magnétisme (6).

Le lecteur, qui a eu la patience de suivre jusqu'au bout cet ennuyeux catalogue, aura pu se convaincre que beaucoup d'hommes de génie ont comme une chronologie spécifique, c'est-à-dire une tendance à réaliser leurs plus nombreuses observations, à accomplir leurs plus belles découvertes, ou leurs meilleures productions esthétiques, à une saison donnée, ou à un mois plutôt qu'à d'autres: Spallan —

(1) Figuier. Histoire des découvertes. 1861.

(2) Humboldt. Correspondance. Paris, 1868.

(3) Lettres de Humboldt à Varnhagen.

(4) Araoo. Notices biographiques. 1855.

<5) Whbwell. Hist. of the inductive science. Londres, 1857. (61 N. BiiNCHi. Vita di Matteucci. Firenze, 1874.

CHAriTRE PREMIER

tani au prinlemps, Giiisli cl Arcaiigeli en mars, Lamarlino en aoâl, Carcano, Rjron et MGeri en septembre, Malpighi, Schiller en juin et juillet, Hugo en mai, Béranger en janvier, Belli en novembre, Milli en avril, Volta entre novembre et décembre, Galvani en aviri, Gambard en juillet, Peters en août, Luther en mars et avril, Watson en septembre.

Une sorte de chronologie spécifique plus générale, el comme un calendiier intellectuel , nous est fouini pai' les différentes produclions intellectuelles réunies: travaux es- Oiétiques, de poésie, de musique, de sculpture; découvertes dus les sciences naturelles, etc., des quelles nous sommes p»rtenus à recueillir l'époque exacte de la première conception. On peut en juger par le tableau suivant :

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