‹ L'homme de la providence; comédie en un acteChapitre 10 sur 22 · SCÈNE VIII PATOUILLARD, BOUCHONNOT · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII PATOUILLARD, BOUCHONNOT

BOUCHONNOT.

Encore personne ?

rATOUILt.ARD.

Tu vois... Ils ne viendront pas les invités... pour se faire traiter d'andouille par le commandant, pour l'entendre se disputer avec sa femme et sa fille, pour qu'il leur répète à chaque instant qu'il a dépensé vingt-sept francs de liqueurs assorties, de thé, de petits fours, (!e massepains. . .Vh! bien vrai... Pas si l)êtes les invités !

houchonnot.

Va, mon vieux, faut pas y l'aire atlention... Au fond c'esl un l)rave homme...

PATOUir.LARD.

Vn brave homme!... Eh bleu, en allendaut, je m'en vais me coucher...

BOUGIIONNOT.

Te coucher?

PATOUILLARD, se dirigeant vers la porte de l'escalier.

Oui, me coucher.

BOUGHONNOT,

Tu ne vas pas faire ça... Et le commandant?

PATOUILLARD.

Le commandant, le commandant, lu lui diras que je me suis senti indisposé... Tu ne penses pas que je vais rester là jusqu'à miimit à te regarder dans le blanc des yeux... Tu m'avais dit : (( Nous partagerons les pourboires... )) En fait de pourboires, peau de balle!

BOUGHONNOT.

(^e que tu es pressé, toi. Mais attends un peu, voyons. Dans le grand monde on n'arrive jamais avant nejf heures un quart, neuf heures vingt... Tu vas vjir, ils vont venii' tous ensemble. Nous ne saurons plus où donner de la tête...

PATOUILLAl^D.

Boniments, bojiiments!

BOUGHONNOT.

Et puis, mon vieux, quand les patrons seront bien

occupés avec les invités, à nous les liqueurs assorties, (n fait le simuiacr.! do boire.) Tu coniprcuds, quand les bouteilles sont entamées, ça ne se voit pas... On trinquera, nous aussi, à la santé de la classe, vieux frère... (ii uù lapc sur ic vcnho ) Mais ris donc, ris donc, anime-toi, c'est la fête!

patouillXrd.

Non, je n'ai pas envie de rire. Je ne la vois pas cette soirée mouvementée, je ne la vois pas du tout!

BOUCHONXOT.

Et les ijros sous qui vont pleuvoir sur le plateau, mon pclil père! Sans conipicr les pièces blanches...

PA TOU I LL AKI), avec un sceptique lioiiienienl di- lùle.

Tu crois à la galette, toi?

BOUGHOXNOT.

Si je crois à la galette?... Les patrons ne connaissent pas que des gcui parcimonieux, mon vieux. Y a un baron, y a un ancien maire, y a un receveur des contributions. Eh bien ! si un receveur des contributions n'était pas généreux, mon petit Patouillard, ce ne serait pas la peine de remuer tant de capitaux...

Mis donc, voyons... (Patouillard daigne sourire.) A la bonnC

heure!... 11 a le sourire de la Joconde.

PATOUILI.ARD.

Ce Bouchonnot! Pas moyen de se fà:;her avec lui !

Il lui frap|)C aiuiealeuicnt sur l'épaule. BÛUC!I0NN<JT.

Vadonc! Il faut prendre la vie comme elle vient... Ne te fais pas de bile .. Tu mourras jeune. (Nouveau

bruit «le voiv à la canionade.) Le palfon!... Faisons semblant de nous occuper.

Ils se parlagont une poignre d elùiucllcs qu'ils rcmcttcnl une ù une dans la boîte.

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