PARIS
SOCIÉTÉ d’éditions LITTÉRAIRES ET ARTISTIQUES Librciîrlc Paul Ollendorff 5o, CHAUSSÉE d’antin, 5 O
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Cet Ouvrage est le premier d'une trilogie composée de :
L’homme en Amour. — Adam et Eve Au Cœur frais de la forêt.
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;; Voici un beau Livre^ c'est-à-dire une bonne action dont on a essayé de faire un délit frappé par le Code pénal. Dans Bruges-la- Morte au pays de Flandre, jadis centre de vie et de liberté, centre de j rire aussi quand y gambadait Uylenspiegcl, il s'est 2 trouvé, à la fin du tumultueux XIX^ Siècle, des magistrats qui sont sortis de leur torpeur pour s^entéter dans une poursuite que Vimmcnse majorité du peuple belge a désapprouvée comme un ridicule et comme un attentat à la dignité de la pensée et des Lettres.
Pour le comprendre, il faut savoir jus qiC où une fausse notion religieuse, de la morale sexuelle peut entraîner des âmes, droites au surplus et animées du désir de servir la chose q)ublique, et les projeter au-dessus de. tous égards pour V indépendance de V esprit et de tout respect pour la gloire. Car il a vraiment fallu autant de courage que d'aberration pour oser s'attaquer à un Artiste national aussi
auréolé que Camille Lemonnier et ci une œuvre aussi hautement morale que THomme en Amour.
Depuis bientôt qucuxmte années Lemonnier travaille à Védifice sans cesse grandissant de la Littérature belge. Il a repris ce difficile labeur au jour triste où la mort arracha Coutil à Charles Decoster, A peine les fondements apparaissaient-ils , Depuis^ avec C abondance et C opiniâtreté du géme, il Va poursuivi^ seul d'abord avec Octave IHrmez, plus tard avec des auxiliaires incessamment plus nombreux qui toujours virent en lui le Père et le Chef, De lui sont venues les directions dominantes, les enthousiasmes fécondants,, les encouragements salutaires. Il fut le centre et le foyer de cette floraison.
Mais telle est dans certaines âmes V ignorance du sentiment de la beauté et de la vaillance, telle la confusion entre ce cjui est hardi et ce qui est coupable, qu'à deux reprises dans sa patrie et une fois en France, la magistrature, grande prude maladroite, a voulu barre, au nom d'on ne sait quelle
mesquine morale bourgeoise et fanatique, sur cette grande et fière 2oerso7malité.
En vain ces vagues ont passé sur ce roc. Elles se sont perdues dans la mer des idées, tandis que lui domine toujours inébranlable.
Z’Homme en Amour, procédant, par sa mise en scène, des grandes et indestructibles traditions tragiques, accumule, pour la démonstration d'une thèse,
PRÉFACE