‹ L'homme et l'hygiène [microforme]Chapitre 1 sur 2 · PAR · texte numérisé non relu

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Le Doctzur J.-1. DESROCHES,

Rédacteur en Chef du ‘journal d'Hygiène Populaire."

Messieurs,

L'hygiène a fait, dans ces dernières années, d’immenses progrès. Hier encore, hésitante, banale, dépourvue de sanction, aujourd'hui son autorité s'affirme, ses prétentions s’accroissent, elle sent que l'avenir est à elle. Elle parle à l’intelligence de l’homme, elle s'impose aux gouvernements des nations, et, l'on peut affirmer qu’elle est au premier rang des réformes sociales qui se préparent et que la force des choses commande.

Sœur de la morale, l'hygiène constitue un des plus beaux fleurons de la vraie civilisation, Sa connaissance est devenue une nécessité pour tous ceux qui s'intéressent au bien-être social, à la virilité des générations et à la grandeur des peu:':3 Elle se fait science populaire pour mieux atteindre les populations et ménager la liberté individuelle ; elle dirige l’homme par la persuasion. L'hygiène est la fille légitime du bon-sens et de l'expérience ; son but est de conserver la santé, de prolonger l’existence, d'améliorer la vie au point de vue physique, intellectuelle et morale. Elle formule les principes éducateurs et édicte les lois professionnelles, Son domaine est immense ; elle emprunte à toutes les connaissances humaines, embrasse toutes les lois, les institutions, les mœurs, les

usages, Elle est la fidèle gardienne de la santé, la grande préservatrice de la médecine.

L'hygiène est née le jour où l’homme a compris que la santé est une des principales conditions de la vie, et qu’il doit en faire sa grande préoccupation pour cette lutte de tous les instants, Depuis plus de trois mille ans, l'hygiène rayonne toujours des mêmes vérités fondamentales et est restée debout, immortelle, au milieu des ruines fumantes accumulées paf les révolutions de la science, Primitivement, elle était loin d’être scientifique; cependant, les préceptes qu’elle formulait alors sont encore remarquables, Ce n’est toutefois quo dans ces dernières années qu’elle est dev.nne une science exacte et coordonnée, occupant une place parmi les autres sciences,

Le sujet de l'hygiène c’est l’homme.

L'homme est le seul être animé, au milieu des créatures visibles, qui soit doué de raison. Son intelligence est sa force défensive et sa force conservatrice, Par l'instruction, l’homme voit ciaire devant lui. Par l’éducation l’homme se familiarise peu à peu avec le bien, L'instruction et l'éducation sont pour l’homme sur la terre ce que la boussole est au marin : elles lui enseignent la meilleure voie à suivre ici-bas.

L'homme, par son intelligence, peut acquérir les connaissances de lui-même et des choses qu'il l'entourent, lesquelles lui permettent de se ménager une longue et heureuse existence. Ainsi il importe à l’homme, d'acquérir, dans sa jeunesse, les meilleures données é lucatrices, morales et religieuses, qui lui sont nécessaires pour conserver intact son beau titre d'élite des œuvres du grand Créateur.

“ Ne pas connaître comment on est fait, a dit Plutarque, c’est habiter sou corps en sourd et en aveugle, ” “ Cet ouvrage de grand dessein, ajoute Bossuet, mérite qu’on s’en occupe sérieusement, ” Placé à la tête de la création visible, l'homme a une suprême autorité sur tout ce qui respire. Par son corps, il est placé parmi les animaux, et par sa raison et son âme, il se rapproche du Créateur, Tout en lui indique qu’il a été destiné à exister par le cerveau, tandis que les bêtes vivent plutôt par le corps. Seul de tous les êtres organisés, végétaux et animaux, il peut et doit acquérir une connaissance de son économie vivante.

L'hernme, laissé à lui-même, sans éducation, ne sait rien, ne

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