CHAPITRE IV
cela l’exemple des Barbares, et ils surent fort bien aller chercher dans les îles Britanniques des Limiers et des Dogues dont la race était déjà renommée.
Plus tard ces redoutables Chiens d’Irlande et d’Écosse jouèrent un rôle important dans les guerres de la Grande- Bretagne. On mettait à profit la vigueur et le courage des Mastiffs pour attaquer l’ennemi , et l’odorat subtil des Blood-hounds pour suivre la piste des fuyards. Les Chiens de sang furent employés, au douzième et au treizième siècle, par les rois d’Angleterre dans leur lutte contre les Bruce et les Wallace d’Écosse. Au seizième siècle, Henri VIII, s’étant ligué contre laFrance avec l’empereur Charles-Quint, envoya à celui-ci un corps d'armée auquel était jointe une troupe de quatre cents Chiens. Sous le règne d’Élisabeth , le comte d’Essex en emmena huit cents dans son expédition d’Irlande. Ces limiers étaient dressés à sauter aux naseaux des chevaux et à harceler la cavalerie.
« Au bon vieux temps, ditM. Brehm, sur les frontières de l’Angleterre et de l’Écosse et dans le Northamptonshire, les villages et les fermes étaient obligés d’entretenir des meutes de Blood-liounds pour repousser les attaques des maraudeurs ; on s’en servait pour poursuivre les voleurs et protéger les routes contre les brigands. » Ces Chiens remplissaient encore il y a très-peu de temps, dans le Royaume-Uni, la fonction de limiers de police, et l’on a encore actuellement recours à leur incomparable sagacité dans certains cas difficiles, où les agents les plus retors et les plus expérimentés n’auraient qu’à se croiser les bras. C’est, par exemple, lorsqu’il s’agit