TYPE DE BAKHTYARI NOMADE
366 l'homme et la terre. — jranie
yeux brillent d'une ardeur intelligente, et ils secouent leur petite tête frisée avec des gestes les plus spirituels et les plus charmants.
L'espace trapézoïdal de la Perse, compris entre les remparts inégaux des monts, n'est pas également bien aménagé par la nature pour l'heureuse floraison de la « plante homme ». Loin de là! Une très forte part de ces hautes terres consiste en étendues rocheuses, argileuses, sableuses ou salines complètement inhabitables. Le plateau se creuse vers son milieu d'une cuvette aux pentes douces descendant jusqu'à une altitude de 3oo (i4o?) mètres seulement au-dessus du niveau de la mer. Des rivières coulaient autrefois vers cette dépression médiane ; une mer intérieure ou du moins un vaste lac emplissait la cavité ; mais la dessiccation générale du climat a vaporisé ces nappes d'eau, tari ces rivières, stérilisé ces espaces par les efflorescences salines, et la population a dû se borner à l'occupation des vallées herbeuses et deé zones fertiles qui longent la base des monts. Même entre les arêtes parallèles de plusieurs des chaînes montagneuses qui se succèdent dans la partie sud-occidentate du plateau, s'étendent çà et là des espaces sans eau où l'homme n'a pu s'établir. Si le moulin à vent est d'origine persane, comme le disent les indigènes, la raison en est au souffle constant qui balaie violemment les vastes étendues désertes et les pitons isolés au milieu des anciennes mers.
En étudiant les contours de ces régions forcément stériles de l'Iran, on constate que. dans l'ensemble, elles occupent avec leurs annexes les terres les plus basses, affectant une forme à peu près triangulaire vers le centre, le sud et l'est du pays. D'autre part, les régions fertiles, invitant l'homme à la résidence et à l'agriculture, sont disposées en deux bandes se rencontrant sous un angle aigu dans la partie nordoccidentale du plateau.
Ce territoire s'enfonce sur un espace de plus de 5oo kilomètres entre deux rangées de hautes montagnes ; de puissants massifs le limitent également au nord, les cônes de volcans isolés dont l'un est, à certaines saisons, complètement entouré par les eaux du lac d'Urmiah, se dressent çà et là ; un grand nombre de passages divergent de l'Azerbeïdjan vers tous les pays du pourtour, à l'est vers les côtes de la Caspienne, au nord vers la vallée de l'Araxe, à l'ouest vers le lac de Van, au sud-ouest vers le Tigre et l'Euphrate . Ainsi les pêcheurs riverains
DEPRESSION CENTRALE, DESERT
de la mer, les agriculteurs et les bergers des contrées transcaucasiennes, les montagnards karduques et arméniens des massifs occidentaux avaient de fréquentes occasions de se mêler ou de se heurter aux habitants de l'Atropatène et aux immigrants venus des contrées méridionales ou orientales de l'Iran en suivant la
N° 52. Chaînes du plateau d'Iran.
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base des montagnes. La juxtaposition des deux bandes de culture et de population qui se rejoignent en cette contrée ne pouvait manquer de lui donner une vitalité puissante, comparable aux flammes vives jaillissant au contact de deux braises. En outre, la diversité des éléments ethniques réunis dans l'avenue des montagnes, entre les sommets « divins » , Demavend, Elvend, Savalan, Ararat, devait faciliter la naissance d'une grande civilisation . Là, dans le triangle Téhéran, Tabris, Hamadan, se trouva le centre de gravité de tout le
monde médique et persan qui s'était installé sur le plateau d'Iran, et là il se trouve encore.
Grâce à ses découvertes sur l'orientation géographique des noms cités dans les Veda, Brunnhofer crut pouvoir affirmer que les Aryens qui chantèrent les anciens hymnes habitaient précisément ces régions de l'Atropatène et les contrées voisines, à l'ouest vers l'Arménie, à l'est
D'après une photographie de J. de Morgau (Mission archéologique en Perse). VUE DE LA VILLE DE MARAGHA AD PIED DU SEHEUD (AZERBEÏDJAN)
vers le Khorassan. Le volcan éteint que l'on appelle actuellement Savalan est le seul mont du haut duquel ou puisse apercevoir à la fois la mer — la Caspienne — , le cours du fleuve Rasa — l'Araxe — et les glorieux sommets neigeux de l'Himavat — l'Albordj ou Elburz. Le Savalan n'est autre que l'Açnavanta où se fit la révélation divine pour les fidèles de Zoroastre 1 ; ce fut une montagne plus sainte encore que le Demavend et l'Ararat, ou plutôt la sainteté, comme une flamme, voyagea de cime en cime en même temps que les porteurs de torches qui cheminaient à leurs bases.