LE LAC ET LA CITADELLE DE VAN
rochers qui porte la citadelle de Van, attribuée par la légende à la fabuleuse Sémiramis : il raconte les hauts faits d'un roi Argichtis I er qui, pendant une éclipse de la puissance assyrienne précédant le règne de Tiglatphalazar II (Tugultipalesharra), poussa ses conquêtes jusqu'à la Méditerranée syrienne. L'ordre géographique dans lequel se succèdent ces inscriptions montre quelle était la direction des voies historiques : par la forme même des plateaux et des massifs
CAUCASIE
de montagnes, elle était, pour ainsi dire, dictée d'avance, et depuis cette époque, elle n'a point changé. La civilisation qui prévalait dans ces contrées à l'époque de l'influence assyrienne paraît avoir été, à bien des égards, supérieure à celle des populations actuelles, puisque des canaux d'irrigation rayaient les lianes des collines audessus de toutes les vallées et que maintenant on en est réduit à des projets pour les rétablir à grands prix. Il reste encore beaucoup à faire pour restaurer en leur ancien état les réseaux d'arrosement dans toute l'antique Arménie ; la longue sujétion du peuple l'a privé de l'énergie nécessaire pour le bel aménagement de son domaine.
Après les Assyriens vinrent les rois Mèdes, donl l'Arménie resta tributaire ; puis Cyrus supplanta les souverains de la Médie, pour agrandir encore leur empire et rattacher plus étroitement à sa puissance la nation des Haïkanes; 'enfin, lorsque la domination persane s'écroula, l'Arménie partagea le destin de toutes les contrées qu'embrassait la conquête d'Alexandre. Le pays de l'Ararat faisait désormais partie du monde assujetti à l'Occident.
ARARAl
POTAMIE : NOTICE HISTORIQUE
Il ne peut être encore question de dresser un tableau chronologique des faits relatifs à la Potamie. Nous ne disposons encore, par suite dès fouilles" récentes, que des noms de quelques souverains et même en beaucoup de cas la domination de ceux-ci ne s'étendait-elle pas au delà des murs de leurs cités : Nippur, Agade, Kich, Larsam, Ur, sans parler de Suse et de Babylone. Aussi nous bornons-nous à relever les noms les plus familiers, ceux qui sont inscrits sur le socle des statues de nos musées,
Un premier cycle est fourni par les fouilles de Nippur. Les noms de Mulli, de Lugal, d'Ensagna sont vieux de 8 ooo ans, mais ils désignent peut-être des fictions mythologiques, au même titre que les Oannès, Istubar, Zisuthros et autres.
A une époque éloignée dé nous de cinquante-six à soixante siècles, et contemporains des Pharaons de la cinquième dynastie, on peut citer Ghargina (Sargon l'ancien) — sauvé des eaux comme Moïse — et son fils Naram-Sin, rois d'Agade, Urbagu, Dungi et Ilgi, rois d'Ur, Gudea, leur vassal, seigneur de Sirpula, Khumbaba et Karibu-cha- Ghuchinak, rois de Suse.
Entre l'an 2 3oo et l'an 2 280 avant notre ère, un roi élamite, Kuduk-Nakhonte, envahit la Ghaldée, enleva les images des dieux chaldéens et en orna les temples de sa capitale ; trois cents ans plus tard, il y a environ 3 §5o années, Hammurabi (Khammurabi), roi de Babylone, étendit sa domination sur toute la Mésopotamie et les avant-monts du plateau persan.
Quelques siècles plus tard, régnait dans le Pays des Fleuves une dynastie d'origine assez douteuse, dite Cassite ou Cosséenne, provenant peut-être du Zagros moyen. Un des derniers représentants de ces rois, Kurigalzu, vivait trente et un siècles avant nous... Bientôt après, sous le règne de Tugultipalesharra II (voir page 348) , commence l'ère
470 l'homme et la terre. — potamie
des incursions assyriennes dans la basse Chaldée, où deviennent rares les rois indépendants.
Des travaux de Pinches, relevons les noms de quelques-uns des
souverains de Babylone, desquels le dernier fut détrôné par Kyros, rois des Rois :
Ère de Nabonassar Olympiades Ères vulgaires
Nabu-nazir (Nabonassar). 0, 14 29, 43 —747,-733
Marduk-bali-dinna 26, 38 55, 67 —721,-709
Samassu-Mukin 80, 100 109, 129 —667,-647
Nabu-apal-utzur (Nabopo-
lassar) 122, 143 151, 172 — 625, — 604
Nabu-kudu-russur (Nabu-
chodonosor) 143, 186 172, 215 —604,-561
Amil-marduk 186, 188 215, 217 —561,-559
Nabu-nahid 191, 209 220, 238 — 556, — 538
L'origine de la civilisation est double dans le pays des fleuves; il faut la chercher à la fois dans l'agriculture et dans le commerce.