‹ L'Homme et la Terre, 1905, tome 1Chapitre 300 sur 338 · CULTURE, IRRIGATIONS · texte numérisé non relu

CULTURE, IRRIGATIONS

témoigne de puissants moyens d'action et d'une grande valeur technique et morale : c'est par milliers de kilomètres que se répandaient sur le

N° 90. Canal de Nahrwan et Mur médique.

(Voir page 508.)

E.de Gr.

looKil.

sol, entre le cours de l'Euphrate et la basse vallée du Karun, les filets d'eau artificiels, dont les travaux sont antérieurs à l'histoire datée. Les

508 l'homme et la TERRE. — POTAMIE

eaux de la Kerkha irrigaient les environs de Suse dès l'époque de Karibu, grâce à de vastes réseaux dont on retrouve les traces « non seulement dans les textes mais aussi sur le sol 1 . Le mur médique était probablement la beige d'un canal 5 . Le Didjeil empruntait l'eau du Tigre pour arroser la rive droite. Mais le plus prodigieux travail d'irrigation entrepris par les Ghaldéens est celui qui fournissait d'eau 12 ooo kilomètres carrés sur la rive gauche du Tigre, passant alors à l'occident d'Opis, et assurait ainsi l'existence de plusieurs millions d'hommes. La branche maîtresse en était le canal de Nahrwan « le Nourricier , qui se développait sur 4oo kilomètres en longueur, dont 70, de Dura à la traversée de l'Adhim, taillés dans le conglomérat. La section était telle qu'à cette époque où les montagnes boisées de l'Azerbeïdjan et du Zagros assuraient au fleuve un débit plus élevé — l'Euphrate ne déborde plus comme au temps de Slrabon — , le Tigre tout entier pouvait être diverti dans le chenal artificiel. Les barrages et prises d'eau, les régulateurs, la sage répartition des courants dénotent une grande maîtrise des connaissances hydrauliques.

L'irrigation remplit son but pendant des milliers d'années; Nabuchodonosor fit réparer le barrage de Dura que, plus tard, les troupes d'Alexandre détruisirent eu partie. Les Persans Sassanides, puis les Arabes Abbassides entretinrent le système d'irrigation, sans toutefois pouvoir parer aux envasements croissants : le Tigre, changeant de lit, détruisit le Nourricier » à l'est d'Opis et rendit la contrée déserte.

Les animaux domestiques que l'homme possède actuellement pour compagnons dans la Mésopotamie étaient déjà liés à sa fortune lors des plus anciens temps historiques, et même le premier chapitre de la Genèse (vers. 24, etc.) mentionne les bêtes apprivoisées comme l'ayant été de tout temps. Le cheval élait au nombre de, ces associés de l'agriculteur dans le Pays des Fleuves, mais le nom qu'on lui donnait en akkad, paikurra, ou « chargeur de l'Orient », prouve que cet animal avait été domestiqué sur les plateaux de l'est', peut-être dans les steppes que parcourt encore aujourd'hui YEquus Prejvalskiy, capturé par Groum Grjmailo et par Klementz 1 . Les fameuses campagnes « niséennes » qui nourrissaient les plus beaux chevaux de la Perse

1. J. de Morgan, Travaux de la Délégation en Perse. — 2. W. Willocks, Ancient Irrigation Works on the Tigris. — 3. Fr. Lenormant, Les premières Civilisations. — 4. Geographical Journal, June 1896, p. 657. „

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